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Case départ après les fêtes

Case départ après les fêtes









Le temps passe. Les choses subissent son assaut. Seul l’esprit humain, capable d’intelligence et de clairvoyance est capable de chevaucher le temps pour faire en sorte que les choses, au lieu d’être laissées à elles-mêmes, puissent se transformer, perdurer dans le sens du bien des communautés. Nous venons de passer à une nouvelle année et nous ne faisons que démontrer notre maîtrise de l’art absurde d’utiliser les mots pour brasser du vent, un vent qui souffle dans un désert qui engloutit les âmes et où quelques nantis et une camarilla de fous croient éternelles des oasis qui ne sont que des mirages que la moindre secousse peut faire disparaître.

L’année commence toujours avec tous les espoirs qu’on peut se permettre. On a échangé des voeux comme il se doit. On a vécu la période de la grande trêve. Une trêve qui a un peu asséché le trésor public, car il a fallu certainement, comme il sied à cette pseudo-gouvernance, arroser les baz, les gangs, ceux qui les financent et qui sont en position de force sur l’échiquier politique. On n’a pas oublié aussi certains professionnels de l’opposition si habiles dans l’art de marchander la paix des rues.

La politique de l’arrosage oblige forcément à négliger et à ignorer les vrais problèmes. Pire, elle ne fait qu’empirer les problèmes en accélérant la déliquescence de nos institutions. C’est la démocratie même qui est viciée dans ses racines, car l’insécurité créée dans de nombreuses zones va rendre impossible l’exercice du vote, ou du moins le rendre praticable uniquement pour ceux que les secteurs traditionnels de pouvoir auront choisis.

Pendant ce temps, rien ne bouge sur l’échiquier national à part la gourde qui perd de sa valeur. La pression sur le dollar devient de plus en plus énorme. Trop de gens sur le territoire national finance des bouches qui résident à l’étranger. La corruption s’effectue au comptant du billet vert. Le nouveau budget une fois de plus ne montre aucune velléité du Gouvernement de réduire son train de vie, de supprimer les privilèges octroyés à tant d’agents des pouvoirs de l’État, privilèges absurdes dans un contexte où ce même État n’est même pas capable de fournir des services de base à l’ensemble de la population.

Le président de la République a déclaré qu’il prie Dieu avant de prendre ses décisions. Il y a de quoi apporter de l’eau au moulin des sceptiques ou des athées. On voit mal Dieu encourager l’état de délabrement de nos écoles nationales, de notre système hospitalier. On voit mal Dieu saborder la justice, donner la main aux gangs qui terrorisent la population dans certains quartiers. On voit mal Dieu dans une histoire qui est un hommage au mépris de l’autre, dans une conspiration contre l’intelligence pour le triomphe du kokoratisme et du mal tout simplement.

Une petite lueur de l’autre côté de la frontière avec la prise de conscience de certains citoyens dominicains qui comprennent qu’il est suicidaire pour eux de continuer à profiter de la déchéance de notre État pour se faire de l’argent. Il est vrai que les capitalistes n’ont pas d’état d’âme. La mauvaise gouvernance et la corruption assassinent le peuple haïtien, mais en fin de compte, elles mettent en danger les peuples de toute la région. Aucun esprit éclairé ne peut soutenir ces parasites accrochés à la nation.

Après les fêtes, la réalité va s’imposer encore plus cruellement à nous. Du courage, de la volonté, il nous en faudra.

Gary Victor



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