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Incertitudes à Washington !

Incertitudes à Washington !









Une partie des services publics de la plus grande puissance du monde se trouve paralysée. Cela s’appelle un ‘‘shut down’’, une interruption temporaire de certains services administratifs faute de budget. Une situation habituelle qui s’est produite plusieurs fois par le passé. Sauf que cette fois-ci le décor est différent.

Le Président Donald Trump est décidé à maintenir la pression sur le Congrès jusqu’à l’obtention des crédits pour l’érection d’un mur de plusieurs milliers de kilomètres à la frontière avec le Mexique. Un crédit d’au moins cinq milliards de dollars que les démocrates rechignent à accorder. Ils trouvent la note bien salée pour un projet que certains parmi eux qualifient de moyen-âgeux. Le chef de l’Exécutif américain qui a fait de l’expression « L’Amérique d’abord » le porte-étendard de son gouvernement a foi dans son mur qui, comme au temps des Romains, protégerait l’Amérique des nouveaux barbares. Entendez la masse souffrante de centro-Américains qui fuit la misère et l’insécurité qui sévissent dans leurs pays.

Les démocrates se déclarent favorables à de nouvelles dépenses jusqu’à concurrence de 1 milliard de dollars. Ces crédits couvriraient la mise en place de nouvelles technologies incluant satellites de surveillance, drones patrouilleurs et autres barrières électroniques. Le président lui, tient à son mur comme à la prunelle de ses yeux. Sa force jusqu’ici, a toujours été, envers et contre tout, le respect scrupuleux de ses promesses de campagne.

Donald Trump est une force de la nature qui n’aime pas qu’on lui résiste. Sa manière simpliste de gouverner caresse sa base dans le sens du poil. Et il n’a aucun état d’âme à se montrer peu fiable envers ses alliés, à revenir sur certains engagements remontant à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Président américain lors de son récent voyage en Europe avait provoqué une sorte de « shut down » diplomatique, en laissant entrebâiller les volets d’une coopération militaire et financière jusqu’ici, sans faille, avec ses alliés du Pacte atlantique.

Dans son dernier livre qui a pour titre « Fear, Trump in the white house », Bob Woodward raconte comment le Président américain a décidé de sortir d’un accord stratégique avec la Corée du Sud. Le Korus, ainsi désigné, permet de repérer en quelques secondes, tout mouvement des missiles balistiques nord-coréens. Au nom de son credo, l’Amérique d’ abord, le président a voulu importer ce dispositif en Alaska. Il a fallu l’intervention de son ministre de la défense, James Matis, pour le convaincre, temporairement, que cette décision affecterait gravement la sécurité du territoire américain.

La dernière décision présidentielle de retirer dans un mouvement inattendu, les troupes américaines de Syrie, a eu finalement raison des nerfs de l’actuel chef du Pentagone désormais sur le départ.

Cette semaine est cruciale à Washington. Il y a désormais en place une chambre des représentants à majorité démocrate qui vient juste de prêter serment. L’ambiance était à la fête au moment de l’investiture de ce nouveau Congrès. Une assemblée dans laquelle, on peut noter un nombre considérable de femmes et de jeunes, mais aussi des représentants des minorités ethniques et religieuses.

Il va sans dire que ces nouveaux élus qui incarnent une partie de l’Amérique progressiste et juvénile ne cautionneront guère tous les aspects de la politique ultra-conservatrice du président Trump.

En attendant, cette fermeture partielle des services publics affecte sévèrement les plus vulnérables de la société américaine. La distribution des bons alimentaires (food stamps) connaît un certain ralentissement. Et selon Radio France Internationale, les pertes auraient déjà atteint le montant psychologique de 6 milliards de dollars, 1milliard de plus que ce fameux mur.

Toujours est-il que pour les élus démocrates, il ne s’agit pas d’une affaire d’argent, mais de morale.
La situation demeure complexe et on devrait s’attendre dans les prochaines heures à de possibles compromis. Aucun des partis en conflit ne souhaite endosser une éventuelle catastrophe humanitaire. Certains aéroports, ils sont quatre pour le moment, commencent à réduire leur personnel à l’extrême limite de l’acceptable.

Le président Donald Trump se déclare cependant prêt à proclamer l’état d’urgence en cas de blocage de longue durée. Au moment où nous écrivons cet article, il plane sur la capitale américaine un nuage épais d’incertitude.

Roody Edmé



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