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Quand le mépris massacre

Quand le mépris massacre









Le prix Nobel de la Paix 2018, le Dr Denis Mukwege, a ému le monde entier quand il a dénoncé les actes de barbarie dont sont victimes les populations pauvres dans son pays, La République démocratique du Congo en particulier et dans certaines régions d’Afrique en général. Le viol. Les mutilations sexuelles. Les exécutions sommaires mêmes de femmes et d’enfants. Mais tout ceci se passe souvent loin du regard des bonnes consciences, au fin fond des pays, dans une brousse inaccessible regorgeant de minerais précieux devenus comme une malédiction pour ces pays d’Afrique.

Nous sommes loin des contrées africaines. Mais, à quelques centaines de mètres de Parlement. À deux ou trois kilomètres du Palais présidentiel. Mais le mépris est là. Cracher impunément sur la vie, peut rendre hommage à la bestialité, à la barbarie.

La Saline ! Les bonnes gens en parlent avec dédain. Les habitants de l’endroit intègrent ce mépris, car une fois qu’on a la chance de quitter l’endroit, même pour un autre espace de misère, dans un bidonville, sur la montagne, plus près des anges, on montre son dédain pour La Saline.

Cinq personnes auraient été abattues, des femmes violées dans des conditions ignominieuses dans un autre lieu, à Pétion-Ville, à Turgeau, ç’aurait été le scandale. L’action publique, même pour la forme, aurait été mise en mouvement.

Mais La Saline !

Un lycéen criblé de balles par un commando dans une jeep sans plaques d’immatriculation comme au beau temps de la terreur des militaires !

Plus d’une soixantaine de personnes assassinées. Des viols collectifs commis selon plusieurs témoignages. Les organismes des droits humains recueillent des récits hallucinants sur ce qui s’est passé. Des autorités de l’État sont pointées du doigt. Aucune action du gouvernement. La société elle-même reste indifférente devant cette barbarie signée sur le pas de nos portes, barbarie dont le but visible est de faire comprendre à ceux qu’on considère comme des gueux, des sous-hommes qu’ils doivent se contenter de leur condition et que toute rébellion sera punie comme cela se droit quand on est… un moins que rien.

Ce mépris social qui semble être le fondement même d’un État qui dans ses discours fait miroiter les grandes valeurs ayant porté notre nation sur des fonts baptismaux sans doute truqués, Ricardo Seitenfus nous le rappelle dans son livre : Les Nations unies et le choléra en Haïti. Les dizaines de milliers de morts causés par la négligence coupable des Nations unies, négligence qu’on peut considérer comme un crime, ont été aussi giflés par ce mépris de ceux qui se considèrent comme les bonnes gens, les bonnes consciences de ce pays. Ils se prennent pour des « moun tout bon », mais, en réalité, ils ne sont qu’une autre espèce de barbares. Ces barbares qui ont construit cet État qui est un exemple plus que caricatural de ce que peut devenir un pays quand le mépris, l’apartheid, la mauvaise gouvernance constituent le socle d’une société.

Une société où les juges partent en exil parce que les bandits sont devenus légaux.

Une société où des repris de justice peuvent devenir députés, sénateurs.

Un pays où la présidence perd totalement de son prestige, de son apparat.

Un pays où les jeunes ne rêvent plus que de partir.

Un pays où, pourtant, un petit groupe de flibustiers continuent à écumer la mer de nos désespérances comme si le futur ne serait toujours qu’une mamelle à presser.

Mais la gourde va franchir la barre des 80 gourdes. Les choses ont leur logique et pour dire comme l’Ecclésiaste, qui sème la violence et le deuil risque de récolter au centuple la violence et le deuil.

Il faut arrêter les fous pendant qu’il en est encore temps.

Gary Victor



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