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L'opposition joue son va-tout

L'opposition joue son va-tout



Depuis bien des mois (voire des années), l’opposition politique réclame sans cesse la démission du président de la République pour des raisons multiples. Cette demande avait trouvé un large écho au sein de la population surtout avec le dernier épisode de pays lock qui avait pratiquement paralysé toutes les activités dans le pays, au dernier trimestre de l'année 2019. En guise de réponse à cet appel à la démission, le chef de l’État avait réitéré sa ferme volonté de garder son pouvoir et rappelé, du coup, à ses opposants que le pouvoir se prend par les urnes dans un système démocratique.

Reprenant la main, Jovenel Moise avait constaté, le 13 janvier 2020, la fin de mandat des députés ainsi que les 2/3 du Sénat, en se basant sur l'article 95 de la Constitution. Lequel article stipule que « les sénateurs sont élus pour six ans et sont indéfiniment rééligibles. Ils entrent en fonction le deuxième lundi de janvier qui suit leurs élections. Au cas où les élections ne peuvent aboutir avant le deuxième lundi de janvier, les sénateurs élus entrent en fonction immédiatement après la validation du scrutin et leur mandat de six ans est censé avoir commencé le deuxième lundi de l'année de leur entrée en fonction ».

À partir du 7 février 2021, la réalité sera tout autre. Cette date marquera la fin d'un quinquennat qui a débuté en 2016, lorsque l'ancien président de la République, Michel Joseph Martelly a remis l'écharpe présidentielle à l'Assemblée nationale. Le sénateur Jean Charles, intervenant dans la presse hier, a rappelé au chef de l'État que l'opposition ne lui demande pas de démissionner, mais c'est son mandat qui touchera à son terme le 7 février 2021, il doit donc plier bagage.


À l'approche de cette date butoir, l'opposition cherche à s'unifier en vue de dégager une alternative pour pourvoir au remplacement du président Jovenel Moise, selon des tenants de l'opposition politique. Des pourparlers sont en cours. L'ancien sénateur du Nord, Jean Charles Moise, lui aussi adhère à cette démarche, mais dit opter pour le choix d'un juge de la Cour de cassation qui, selon ses dires, doit refléter l'aspiration des masses.

Cette démarche tardive a l'air du déjà-vu. En pleine période de pays lock, l'opposition avait déjà projeté cette image d'unification à travers l'Accord de Marriott où toutes franges de l'opposition s'étaient mises d'accord sur l'ossature de la transition, à l'exception du parti Fanmi lavalas qui, prenant part à ces assises, avait formulé des réserves relatives au choix d'un juge de la Cour de cassation pour mener à bien la transition. Souvent l'objet de multiples reproches pour n’avoir pas pu constituer une véritable alternative, l’opposition politique est en train de jouer actuellement son va-tout.

Elle devrait tenir compte des erreurs du passé pour mieux aborder le présent. La passerelle qui avait conduit à l'Accord de Marriott avait formulé certaines recommandations. Pourquoi ne pas les mettre en pratique? Où sont passés les signataires de l'Accord Marriott? Pourquoi ne pas servir des travaux qui ont été faits ?

L'année dernière, un nouvel accord dénommé « l'Accord du 21 aout » avait été paraphé dans les Jardins Kiskeya. Et les signataires s'étaient mis d’accord pour unir leur force afin d’entamer une lutte pour la révocation de Jovenel Moise au pouvoir. Plusieurs partis politiques dont, Pitit Dessalines, Ayiti an aksyon, MTV, MOPOD, FUSION, avaient pris part à cette initiative. Pour quoi, ces mêmes partis cherchent encore à s'unifier après avoir signé plusieurs accords entre eux?

Ces agissements mettent à nu la fébrilité des hommes politiques en Haïti. Les paroles ne se tiennent plus. Ils jouent entre eux au chat et à la souris. La date du 7 février représente le dernier test de l'opposition politique.

Car, au regard de l'article 134-2 de la Constitution et l'article 239 du décret électoral du 2 mars 2015, le mandat du président de la République devra prendre fin le 7 février 2021. L'article 239, premier alinéa du décret électoral, dispose ceci: Afin d’harmoniser le temps constitutionnel et le temps électoral, à l’occasion d’élections organisées en dehors du temps constitutionnel, pour quelque raison que ce soit, les mandats des élus arrivent à terme de la manière suivante : a) le mandat du Président de la République prend fin obligatoirement le sept (7) février de la cinquième année de son mandat quelle que soit la date de son entrée en fonction.

Noclès Débréus




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