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Les champs de ruine du 18 novembre 2020

Les champs de ruine du 18 novembre 2020



Tout ce qui a été dit et fait le 18 novembre 2020 n’est pas pour rassembler et réconcilier le peuple haïtien. Il est clair que cette vaillance haïtienne, héritage de l’exploit victorieux de l’armée indigène sur les forces napoléoniennes, a été prise en otage par des discours haineux à la limite de l’invective. Sous prétexte de lutte pour changer les conditions de vie des Haïtiens, les leaders politiques, de tous bords, se perdent dans un combat de dénigrement de l’ennemi irritant. L’indécence ne tue pas, certes, mais elle divise et agace profondément.

Voilà pourquoi, dans l’inventaire des discours du 18 novembre, aucun élément de cohérence n’a pu émerger. Il paraît, en effet, invraisemblable que la polémique, qui n’a jamais su fusionner les aspirations des peuples, ait éclipsé tous les messages unificateurs que requièrent le symbolisme de la Bataille de Vertières et l’urgence de l’heure.

L’espace politique haïtien, ainsi défini par les protagonistes, reste disjoint par manque de rationalité et de charité. Tous les indices montrent que le pugilat et le grand déballage en public sont des vertus de ceux qui s’entretuent pour être les guides légitimes d’un peuple qui espère. Qui attend.

Personne ne demande à ce que les leaders politiques, déjà dans une guerre sans merci de positionnement, agitent une vision commune de l’avenir d’Haïti. Mais, ce panorama de l’état d’esprit des acteurs politiques laisse entrevoir que les élections, avec ou sans transition, à venir donneront l’occasion, aux uns et aux autres, de terroriser leurs concurrents avec les formules les plus vexatoires et peut-être par la force des armes. En d’autres termes, le débat sera sanglant, sans arguments véritables et ne fera pas de quartier.

Rien n’est plus cruel pour un peuple que d’assister à une guerre d’égos entre ceux qui aspirent à le diriger. Tiraillé entre les incertitudes de l’avenir, la misère, l’arrogance de l’insécurité et le délitement de tous les compartiments, publics comme privés, de la société, le peuple mérite un peu plus de tolérance dans l’expression des convictions que défendent les acteurs politiques. S’il est vrai que le leadership politique se construit et s’exerce dans la dénonciation des actions injustes et bêtes du pouvoir, des autres acteurs et des groupes dominants, il est souhaitable que les causes supérieures et légitimes soient défendues avec le sens de la responsabilité et sans jamais oublier les fondamentaux qui sont, entre autres, la recherche sincère et –rêvons un peu- désintéressée de solutions pour sortir le peuple haïtien de ce marasme qui dure, perdure et s’éternise.

La contestation politique est nécessaire pour imaginer l’avenir en mieux. Mais, les « imbéciles », les échoués, les tout-puissants doivent comprendre que le peuple attend mieux que des propos qui ne font que ricocher sur leurs cibles. Les temps sont suspects et la nature belliqueuse de Donald Trump, le président des Américains qui adore exprimer sur Twitter ses états d’âme fielleux, n’est pas un exemple. Un accident, rien de plus !

Jean-Euphèle Milcé




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