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Fritz Jean nous livre une radiographie de l’économie de violence en Haïti !

Fritz Jean nous livre une radiographie de l’économie de violence en Haïti !



Un nouvel ouvrage s’ajoute dans le « répertoire des quarante économistes-écrivains… », qui abordent les différentes facettes de la problématique de l’économie haïtienne au cours des quatre dernières décennies. L’ancien gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, Fritz Alphonse Jean, persiste et signe, dans : « Haïti : une économie de violence ». Une nouvelle publication inédite et instructive, qui interpelle l’intelligence collective autour du sous-titre « Instabilité politique et violence économique : sortir des cercles vicieux ».

Dans cet environnement délétère, la faveur des groupes armés devient un bien économique précieux et se repartit entre grands commis de l’État, quelques opérateurs privés, et des entrepreneurs politiciens, nous rapporte l’économiste et ex-doyen de la Faculté des Sciences économiques et politiques de l’Université Notre Dame d’Haïti, en guise de constat, pour argumenter en ces termes : « Une nouvelle direction des relations de causalité s’installe entre les groupes d’intérêt, les institutions politiques et les institutions économiques, et la capture de l’État qui en résulte devient le nouveau mode opératoire avec ses effets pervers sur la création et la distribution de richesses dans l’économie.

Dans une sorte de cartographie de l’économie de violence en Haïti !

En absence d’un État capable de préserver les grands équilibres économiques et sociaux, des fenêtres « d’opportunité »s’ouvrent pour toutes sortes de dérives antiéconomiques et antisociales. La violence s’installe comme instrument d’appropriation de marchés, un élément fondamental qui empreint le fonctionnement global du système haïtien, et le bien-être collectif en partie.

Partir, rester, mourir, mais surtout diriger ou pour changer l’ordre des choses ou le chaos, la lecture de cet ouvrage parait indispensable autant pour les élites actuelles et les générations qui prendront la relève au lendemain de 2054.

En guise de délimitation du sujet, il convient de noter que cette manifestation de violence économique n’est pas explicitement adressée dans ce texte. La trame de violence contemporaine saisie par l’auteur se retrouve dans les relations survenant entre les groupes d’intérêts, les institutions politiques et les institutions économiques.

Déclinaison autour d’une économie de violence ou violence économique : quel regard ?

Sans faire de violence sur l’intelligence du simple lecteur moyen jusqu’au plus conscient et avisé, Fritz Jean propose un texte concis dans un langage accessible au plus grand nombre. Il survole ainsi les grands moments historiques et les faits économiques les plus marquants pour argumenter sa thèse.

Selon lui : « Il n’est pas que les initiatives du genre du communiqué du 15 septembre 2015 (en référence à l’interdiction des 23 produits d’importation), que l’on peut qualifier de violence économique caractérisée, à être régulièrement assenées aux opérateurs économiques périphériques d’Haïti. ». Comment se manifeste véritablement cette économie de violence ?

De tels agissements nous viennent également du reste du monde, et ce, dès l’enfance de la nation. La dette de l’indépendance a soumis le pays à un régime de contraintes financières qui ont laissé leurs séquelles sur l’économie, deux centaines d’années plus tard, souligne l’économiste Fritz Jean.

Diplomatie économique et violence géopolitique !

L’auteur de : « Haïti, la fin d’une histoire économique » poursuit à la page 29 : «Haïti n’est pas étrangère à la diplomatie canonnière (en se référant à l’Affaire Luders). Leur forme contemporaine revêt un caractère technique, aux apparences inoffensives, plus acceptables des ajustements pour améliorer la gouvernance par une libéralisation des marchés qui déstabilise les productions locales, dont les produits sont soudainement mis en concurrence insoutenable avec des produits agricoles subventionnés dans leur puissant pays d’origine…

L’ouvrage de 302 pages que vient nous livrer l’ex-président de la Chambre de Commerce du Nord-Est tombe à point, dans ce contexte particulier, où l’actualité sociopolitique et économique est dominée par les violences de toutes sortes.

En dehors des notes conceptuelles, l’économiste nous livre un ensemble de chapitres alimentés autant par des recherches, des réflexions et quelques références et recommandations les plus pertinentes. On peut citer : les acteurs de l’État violent. Naissance de nouveaux entrepreneurs ; Structure de contrôle : L’État existe. 1957-1987 ; des années 90 à 2004 : Une économie de plus en plus dominée par les importations et l’affaiblissement de l’État ; De 2004 à 2018. Une nouvelle forme de cohabitation de l’État avec le secteur des affaires ; Haïti et ses frontières de possibilités de production ; considérations sur les éléments de la plateforme technologique ; le saut qualitatif : Vers une économie de prospérité partagée.

Des institutions économiques et des instruments politiques

En abordant dans le chapitre 5, « Des années 90 à 2004 : une économie de plus en plus dominée par les importations et l’affaiblissement de l’Etat », la problématique de « L’invasion, une colonisation passive du marché haïtien », en a profité à la page 99, pour présenter : Les principaux instruments de contrôle.

Selon l’auteur : « Dans une économie de plus en plus dominée par les importations, les instruments de contrôle sont ceux mentionnés au chapitre 3 ». Les institutions financières de l’État (BNC, BPH) pour les lettres de crédit et autres ; les MEF pour les franchises, et le paiement des contrats ; APN pour les ports ; La douane pour faciliter la circulation des marchandises ; le ministère de la Justice pour s’assurer d’une certaine protection.
De l’économie du savoir à l’économie de violence !

L’auteur rappelle que : « Les institutions économiques constituent le berceau de la création de richesses, et l’émanation des décisions de répartition des revenus de l’État.’ Sur la base que ce sont les lieux de pouvoir qui définissent les relations d’échanges entre les différents opérateurs économiques et les différents groupes sociaux. Il y a donc une autre conversation qui s’impose avec les avancées technologiques.

Fritz Jean ne passe pas par quatre chemins pour conclure : « Si les nouvelles plateformes technologiques imposent d’autres relations de causalité entre les institutions, il faut aussi comprendre le rôle de ces institutions et la portée des décisions qui en émanent. La démocratisation de l’information et de la communication au travers des nouvelles technologies apporte ces compétences dans les foyers, sur la cour des universités, dans les coins les plus reculés du pays.’

Avec : « Le nombre de citoyens ordinaires qui peut comprendre les items cachés du budget augmente de manière substantielle. La transparence dans la fiscalité témoigne des méfaits des politiques partisanes qui mettent à mal le bien-être de la population et les citoyens en prennent conscience.’

De l’économie du savoir stimulée par les technologies de l’information et de la communication, il y a lieu d’espérer ou d’explorer des pistes de solutions pour faire face à cette économie de violence qui s’impose sans masque ni gant, dans l’actualité et sur l’avenir des générations futures. Sarah, Sébastien et Isabelle peuvent être fiers de la contribution de l’économiste Fritz Alphonse Jean à ses pairs, pour tenter de rattraper le train du développement durable.

Dominique Domerçant




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