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Pour ces deux dernières années, l’économie haïtienne affiche ses pires résultats au cours de cette décennie

Pour ces deux dernières années, l’économie haïtienne affiche ses pires résultats au cours de cette décennie








La situation de l’économique haïtienne est de plus en plus inquiétante. Frappée par des troubles politiques et la mauvaise gouvernance, cette économie est prise en otage à cause de la faiblesse de l’État en dépit des différents accords signés entre l’État et les institutions étrangères. Selon la Banque mondiale, le taux de croissance pourrait atteindre 0,4 % pour la fin de l’exercice fiscal 2018-2019.

L’économie haïtienne suit tranquillement sa pente descendante. Déficit budgétaire, dégringolade de la gourde face au dollar américain, soit 95 gourdes pour un dollar vert, déficit de balance commerciale estimé des centaines de millions de dollars, l’inflation galopante sont, entre autres les différents maux qui frappent l’économie du pays. Pour une frange de la population, le pouvoir actuel, jugé à l’aune de ses décisions, prouve son incapacité à redresser la barre économique.

Cependant, l’État a paraphé plusieurs accords avec des institutions étrangères et nationales. Ces accords, selon le constat de plus d’un, n’ont pas atteint les résultats prévus au moment de la signature. En fait, en juillet 2017 le Gouvernement haïtien et l’Union européenne (UE) ont conclu un accord pour un montant de 112 millions d’euros dans l’objectif de mettre sur un pied un programme d’appui budgétaire à la consolidation de l’État haïtien.

À travers cet accord, il était prévu une réforme de l’État qui allait prendre en compte l’amélioration de la gestion des finances publiques, la réforme de la fonction publique et l’amélioration de l’accès à la population aux services de base, en particulier dans le domaine de l’éducation. Après deux de la signature de cet accord, les résultats se font toujours atteindre.

Toujours dans la logique de la réforme des finances publiques, en février 2018 l’État haïtien et le Fonds monétaire international ont signé un accord baptisé « staff monitored program ». Dans ce programme de six mois, l’État et FMI visaient « à établir des piliers solides pour la stabilité macroéconomique et une croissance économique forte et durable sur le moyen terme».

« Les réformes envisagées viennent renforcer le cadre financier et budgétaire en améliorant la mobilisation des ressources fiscales, en renforçant la viabilité financière de l’Électricité d’Haïti (Ed’H) dont les subventions importantes creusent le déficit budgétaire et en développent pour une gouvernance financière solide et transparente », avait-on prévu dans cet accord. Après un an de la signature de cet accord, la transparence qu’on avait parlée n’existe pas. Ce constat est patent. En effet, l’UE exige un cadre macroéconomique transparent pour qu’elle supporte l’État pour cet exercice fiscal.

De plus, à travers ce programme on avait prévu un taux d’inflation réduite à 10 %. Si l’on se réfère sur les données disponibles, cet accord n’a pas fait son chemin. En effet, selon le dernier rapport de l’institut haïtien de statistique t d’informatique (IHS), le taux d’inflation est atteint de 17.7 % pour le mois d’avril 2019. Et avant la signature de cet accord, le taux d’inflation était de 12 %.

En outre, on avait aussi mis l’accent sur le contrôle du déficit budgétaire pour qu’il ne dépasse 1 % du PIB, soit de 5. 52 milliards de gourdes. Le Gouvernement haïtien a franchi cette barre. De fait, le déficit budgétaire pour l’exercice fiscal 2017-2018 avoisine les 26 milliards de gourdes. Concernant l’exercice fiscal 2018-2019, le déficit budgétaire a déjà atteint plus de dix milliards de gourdes.

Les troubles politiques, en grande partie, responsables de l’état actuel de l’économie

Au cours de ces dernières années, cette économie est touchée par différents mouvements populaires, notamment l’opération pays « lock » au cours du mois de février dernier pour réclamer le départ du chef de l’État haïtien, Jovenel Moïse, les évènements du 6, 7 et 8 juillet 2018. « Ces mouvements ont des conséquences graves sur le pays », répètent toujours les autorités en place.

Selon un rapport de la Banque mondiale, pour la fin de l’exercice fiscal 2018-2019 un taux de croissance 0,4 % pourrait être atteint. Ce qui explique, d’après les économistes du pays, qu’au cours de cet exercice l’économie haïtienne crée très peu de richesse. Il importe de souligner c’est la pire croissance qu’a connue le pays pour cette décennie.

Pour expliquer cette situation, la BM a mis l’accent sur les différents évènements politiques qui ont secoué le pays au cours ces deux dernières années. Un avis partagé par l’économiste Fritz Alphonse Jean. Dans une interview accordée récemment au journal Le National, M. Jean dit croire les émeutes du mois de juillet 2018 et l’opération pays lock ont des conséquences néfastes sur l’économie du pays. En ce sens, avance-t-il, au moment de ces évènements les sources de recettes importantes de l’État, à savoir la douane et la DGI étaient dysfonctionnels.

Il faut souligner que depuis le mardi 4 juin 2019 les employés de la Direction générale des Impôts (DGI) observent un arrêt de travail. Ils exigent une augmentation de salaire. Cette situation a causé des pertes évaluées à des millions de gourdes en terme de recette.

Cette conjoncture interpelle le forum économique du secteur privé. Dans une note de presse, ce forum accuse le Pouvoir exécutif et le Parlement haïtien comme responsable. On est à la fin de l’exercice fiscal en cours, jusqu’à présent le projet budget 2018-2019 n’est pas encore déposé au Parlement haïtien. Et ce budget ne prend pas en compte la réalité actuelle.

Cluford Dubois



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