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Jacques Valbrun lance son poing à la gueule de la perplexité

Jacques Valbrun lance son poing à la gueule de la perplexité








On a eu le privilège de rencontrer à l’occasion du mois de l’agriculture, un grand fan de Jacques Roumain, décidément, qui l’année dernière, a choisi de retourner à son Alma mater, la terre qui lui a nourri dès son enfance avec l’initiative de la cultiver en vue de prouver aux autres que la passivité ne sert qu’à l’inutilité.

Le National : Qui est Jacques Valbrun « ?

Jacques Valbrun : Je suis un jeune, natif de la commune Bombardopolis située au nord-ouest d’Haïti, étudiant finissant en Sciences juridiques. Ami de la vie, amoureux de la terre et frère des humains.

L.N. : Pourquoi Bombardopolis, pourquoi l’agriculture ?

J.V. : Je choisis Bombardopolis pour tout ce qu’il a fait pour moi. C’est mon berceau et je suis obligé de travailler pour une amélioration de l’espace. J’ai appris à l’école qu’Haïti est un pays essentiellement agricole, mais quand je regarde autour de moi, je ne vois que mensonge illusoire puisque nous nous sommes livrés à l’importation, les terres sont abandonnées et la misère impose sa loi. Je me suis dit que c’est un crime d’accepter cette situation sans essayer de faire le peu que l’on puisse. Je sais que l’agriculture est le meilleur moyen de parvenir à une balance commerciale satisfaisante, alors j’ai commencé par un petit jardin et par la suite l’idée de cultiver la terre a occupé tout l’espace de mon esprit et il n’y a jusqu’aujourd’hui assez de terre pour recevoir tout ce projet de faire pousser des plantes dans cette terre qui nous a vus naître.

L.N. : Quel est votre objectif ?

J.V. : L’objectif premier, c’est de voir mes frères changer de mentalité en pensant que la vie meilleure à laquelle nous souhaitons est possible si et seulement si on travaille ce précieux cadeau : ce morceau de terre si riche en ressource naturelle. Certaines personnes prétendent être riches, mais pauvres d’esprit, d’imagination et de créativité. L’objectif second implique à affronter les défis. On ne peut pas devenir meilleur sans accomplir des tâches qui exigent discipline, patience et courage. Je suis assoiffé de voir un pays où les jeunes sont prêts à mettre de côté leur égo pour enfin travailler jours et nuit pour la pleine réalisation de leur rêve et celui de la communauté. La terre possède toute la richesse, dont nous cherchons. Il est nécessaire d’aller à l’université et c’est un acte noble, mais nul est celui qui ne peut pas reproduire le naturel avec ses connaissances.

L.N. : Quelles sont les difficultés rencontrées ?

J.V. : J’en ai rencontré beaucoup. Le plus douloureux fut les rencontres avec des proches qui éprouvent toujours de la peine à mon égard comme si je lutte pour une cause vaine voire un cas perdu, un découragement pour les parents qui se sont sacrifiés pour m’aider à terminer les études classiques et autres. Certaines proches me disent souvent que c’est humiliant. L’absence d’eau, par surcroit, est un problème très grave et il n’y a pas de voies d’irrigations permettant de faire face à la sécheresse.

L.N. : Comment vos voisins conçoivent vos sacrifices ?

J.V. Avant, ils pensaient que je perdais la tête, que je n’étais pas lucide, mais maintenant, ils voient mes plantes comme une bénédiction puisqu’ils n’ont pas besoin d’aller aux Gonaïves, à Port-au-Prince… pour s’approvisionner en légumes.

L.N. : Quelle est votre plus grande satisfaction ?

J.V. : Ma plus grande satisfaction est que je me sens meilleur. Je me sens devenir un père prêt à tout donner pour soigner ses enfants chéris, les épargner de toute sorte de danger (insectes, sècheresse…)

L.N. : Avez-vous eu l’aide d’une institution ou de quelqu’un ?

J.V. : J’ai reçu beaucoup de propositions, mais je préfère me déplacer avec mes propres zèles. On nous a trop appris à laisser notre bonheur sur le dos de quelqu’un alors qu’on a les moyens de s’en sortir. J’adore me battre pour mon rêve et je pense qu’il n’y a d’autre fierté plus belle.

Le National : Que recommanderiez-vous à la société haïtienne et à l’État haïtien ?

Jacques Valbrun : Aux Haïtiens : apprenez à mener le bateau de votre vie, ne restez pas les bras croisés. Ne vous habituez pas avec la résignation, ça tue l’existence, ça pue la paresse. Réalisez chaque jour quelque chose de sérieux qui peut s’avérer utile au progrès de notre société.

À l’État : il faut créer un système qui conserve et produit de la valeur, créer des opportunités équitables à la réussite de tous. Accumuler des millions pour ses arrières fils et mourir dans l’indécence morale est horrible. Il faut penser à l’autre, car la joie de l’un peut augmenter la joie de l’autre.

Oralus Christ-Falin



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