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Enfin, un membre éminent du secteur privé s’exprime ouvertement et publiquement

Enfin, un membre éminent du secteur privé s’exprime ouvertement et publiquement








Voilà 25 ans que le pays plonge chaque jour un peu plus vers l’abime sans qu’aucun membre de ce qu’on appelle la « bourgeoisie » ou « l’élite » n’exprime, au moins publiquement, sa déception des politiques qui sont menées, sa réprobation du comportement des élus et ses craintes quant à l’avenir d’Haïti.

Mis à part quelques parenthèses, comme le mouvement GNB en 2004, jamais cette part de la population ne s’est levée pour exprimer sa frustration et quand l’un d’eux a osé le faire et s’est lancé dans la course à la Présidence, ses pairs ont fait en sorte de le marginaliser.

Il serait intéressant de s’interroger sur les raisons qui expliquent cette passivité et j’avancerais quelques pistes dans un autre article à venir. Mais, il convient d’abord de revenir sur les propos tenus par F. Bernard Craan lors d’une interview télévisée, au cours de laquelle il a fustigé l’attitude du président Jovenel qu’il accuse ne rien écouter ni s’interroger sur les effets de certaines de ses décisions.

Ces critiques semblent bien mesurées, et les réseaux sociaux regorgent de jugements bien plus sévères, mais ces propos policés, venant du président de la Chambre de commerce, par ailleurs coordinateur du Forum économique du Secteur privé, ont une portée significative : le secteur économique a décidé, enfin, de réagir. Mieux, dans son intervention B. Craan pousse un cri d’alarme. « Ne pas agir rapproche le secteur privé du scénario sanglant et dévastateur, a-t-il indiqué. Je pense que nous sommes arrivés à un moment où la nécessité de rupture est chaque jour plus évidente. Le système est fini. Il faut rompre avec ce système... Nous pouvons préparer, ordonner la rupture ou nous pouvons subir la rupture. Ce qui veut dire que beaucoup d’entre nous perdront leurs têtes. On nous décapitera. On brûlera ce que nous avons », dit-il.


Cet avertissement, je l’avais déjà lancé dans un texte paru dans les colonnes de « Le National » le 25 juillet 2018, après les journées d’émeutes. En attendant, il faut agir. Je suggèrerai que le secteur économique ne se contente pas d’interpeller l’État, mais qu’il se saisisse de domaines où il peut agir, en se regroupant pour apporter un aller mieux. Je citerai:

• L’habitat : en se regroupant, les entreprises peuvent faire construire des immeubles, et/ou des villages ou elles pourraient (au prorata de leur contribution) loger leurs employés et ainsi leur donner des conditions de vie décentes.

• Le transport : créer des coopératives de transport en charge de faciliter la mobilité des salariés.

• La formation professionnelle : supporter les écoles professionnelles existantes et en créer de nouvelles dans les domaines où le personnel qualifié manque. Cette tache pourrait être prise en charge au travers de la chambre de commerce et/ou des associations patronales.

• La protection sociale : favoriser la création de mutuelles de santé pour les employés et leur famille.

Il ne s’agit pas en agissant ainsi de « socialiser » l’économie, mais plutôt de revenir à un capitalisme plus traditionnel, qui répond, dans son intérêt bien compris, à l’incapacité de l’État.

Améliorer les conditions de vie des salariés c’est aussi améliorer la productivité et s’attacher une main-d’œuvre qui ne se contenterait pas de venir prendre un salaire, mais d’assurer une fonction dans des entreprises au projet desquelles ils adhèrent.

Secteur privé, mettez de côté vos intérêts particuliers et n’attendez pas le bain de sang qui s’annonce. Agissez vite et faites le savoir !!

Daniel Soupper



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