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Dotie Joseph brigue un siège à la chambre des députés de Floride

Dotie Joseph brigue un siège à la chambre des députés de Floride








Dotie Joseph.

 Connue surtout comme avocate, ancienne présidente de l’Association des Avocats et activiste politique sans peur et sans reproche, Dotie Joseph veut maintenant représenter sa communauté au Parlement de l’État de Floride comme députée. C’est une décision qui ne surprend pas, vu que Ms. Joseph a toujours fait preuve d’engagement communautaire. Retour sur un parcours inspirant.Fille d’un pasteur et d’une infirmière, Dotie Joseph est née en Haïti. Elle vit à Miami depuis sa plus tendre enfance. Elle a fait ses études de premier cycle à la prestigieuse université de Yale avant d’obtenir son doctorat en droit à l’université de Georgetown. Elle fut tour à tour (pas nécessairement dans cet ordre) avocate-conseil de la ville de North Miami, Première Vice-présidente du Parti démocrate en Floride, présidente de l’Association des Avocats haïtiens. Elle a aussi travaillé pour l’ancien président Jimmy Carter. Elle prête ses services actuellement comme avocate au cabinet Austin Pamies Norris Weeks.Selon Philipe Dérose, ancien maire du Village de El Portal et ancien membre du conseil communal de North Miami, premier haïtien à avoir été élu à un poste politique en 1993, « contrairement à la majorité de nos élus qui ne défendent que leurs propres intérêts, Dotie ne défend que sa communauté ». Gepsie Métellus fait écho de ce constat : « Je suis très heureuse que Dotie ait pris la décision de se mettre au service de la communauté. J’ai toujours encouragé les jeunes à s’engager, et me réjouis qu’une femme de la trempe de Dotie ait répondu à cet appel. Elle représente exactement ce dont la communauté a besoin aujourd’hui ». Quant à Jeff Lozama, président de la Chambre de Commerce haitiano-américaine, il pense que « Dotie a fait preuve d’un leadership exemplaire. Elle est intelligente, pétrie de conviction et veut s’assurer que nos lois soient justes et équitables ».La candidature de Dotie arrive à un moment où le constat est presque unanime: la plupart des élus haïtiens n’ont ni vision ni conscience communautaire. Ils pensent que le simple fait d’élire des Haïtiens à des postes importants est une fin en soi. Donc, une fois élus, ils ne doivent rien à la population. Dans une telle atmosphère, il est rafraichissant de voir que la jeune génération s’engage, et qu’elle le fait à travers l’un de ses plus beaux fleurons. Écoutons Ms. Joseph définir elle-même sa compréhension de la mission qui lui incombera si elle est victorieuse : « en tant que femme moire, doublée d’une immigrante haïtienne, j’espère incarner ce qui fait la grandeur de ce pays, à savoir, les opportunités qu’elle offre. Comme beaucoup d’autres, mes parents ont immigré aux États- Unis pour offrir de meilleures opportunités à leurs enfants. J’ai fréquenté les écoles publiques de Miami, bossé dur pour devenir avocate dans ce pays, et maintenant, je suis prête à servir la communauté ».Ms. Joseph veut représenter le district 108 au Parlement de Floride. Si vous vivez dans l’un des codes postaux suivants, vous pourrez voter pour elle: 33054, 33127, 33137, 33138, 33141, 33142, 33147, 33150, 33154, 33161, 33167, 33168, 33169, 33181.M. Philippe, dans ce document, reconnait avoir renoncé à son droit de faire appel de sa sentence dans le plaidoyer de culpabilité qu’il avait signé. Cependant, il soutient que dans certaines circonstances, notamment face à l’incompétence de ses avocats, la cour se doit de lui restituer ce droit.Que va-t-il se passer ? Nous nous garderons de nous prononcer sur la qualité de l’argumentaire, ou du document en général. Cependant, il convient de faire ressortir le fait que la requête de M. Philippe a été soumise et signée par M. Philippe lui-même. Il ne s’est donc pas fait représenter par un avocat dans le cadre de cette motion. Cependant, il est clair que le document est l’oeuvre d’un avocat qui ne l’a néanmoins ni signé, ni édité.Si la cour décide de donner une suite favorable à cette requête, il y aura un autre procès. Si on n’est plus dans les délais pour exercer le recours en question, dans la majorité des cas, la cour n’y fera aucune réponse, parce qu’elle n’a plus de compétence une fois ce délai pour interjeter appel a expiré.C’est donc ce qui est en train de se passer officiellement dans le cadre de l’affaire Guy Philippe. Nous laisserons à la presse à sensation le soin de vous informer sur d’autres aspects de la question dont nous ne sommes pas imbus. Cela dit, nous sommes dans un univers très dynamique où les gens se ravisent plusieurs fois par mois. Donc, ce qui n’est pas vrai aujourd’hui peut bien l’être demain.Frandley Denis Julien  P.L. : Disons qu’il y a eu plusieurs événements à concourir à ce que le surréalisme appelle un hasard objectif. Il y avait Breton. Mais même avant Breton, il y avait La Ruche, c’était un groupe de jeunes. Il y avait Jacques Alexis qui signait Jacques La colère ; René Depestre qui était le rédacteur en chef et tout un groupe de jeunes qui revendiquaient au point de vue culturel, au point de vue national, au point de vue humanitaire, à tous les points de vue. Il y a eu cette conjonction. À l’arrivée de Pierre Mabille en Haïti, bien avant Breton, il y a eu contact entre Mabille et les jeunes de La Ruche parce que, par la suite, on a fait croire – on a même dénoncé – au gouvernement de Lescot et à la junte militaire qui a renversé Lescot et qui lui a succédé que Mabille était l’un des instigateurs de la révolte des étudiants, n’est-ce pas ? Bon, je ne sais pas. Mais le fait est qu’il y a eu conjonction. Breton a nié qu’il ait été l’initiateur de ce mouvement. A son retour à Paris, on l’a interrogé à ce sujet. Mais certainement, il a été un détonateur comme René Bélance l’a dit parce qu’il y a eu un concours de circonstances. Césaire aussi avait beaucoup de contact avec les jeunes avant même la conférence de Breton au Rex Théâtre. Peu de temps après l’arrivée de Breton, le soir même ou le lendemain, il y a eu une réunion à Savoy, une réception organisée pour lui à son arrivée. Jean Brierre était là, René Bélance, Guy Clérié, et des représentants de La Ruche, particulièrement René Depestre. Jean Brierre a fait deux suggestions à la fin de la réception. Premièrement désormais, il y avait le Vendredi d’André Breton au Savoy. Deuxièmement que le texte, la publication du texte du discours de Breton – il a prononcé un discours pour remercier et exhorté la jeunesse – soit donnée en exclusivité à La Ruche. Que s’est-il passé ? Puisque La ruche n’avait pas assez d’argent pour faire un numéro spécial au départ des invités, on a cotisé pour ce numéro-là. Et, moi, militaire, j’ai dû donner ma quote-part également. Et, c’est ce numéro qui a été saisi par la police. (Rires). A la première page de ce numéro spécial apparut le discours de Breton. Et, Elisa Breton des années après, quand l’oeuvre complète de Breton devait paraître aux Éditions La Pléiade, m’a écrit pour me dire qu’il lui manquait seulement ce discours de Breton. J’étais déjà en exil, j’ai écrit à mon frère Guy. René aussi était à l’étranger. Donc, Guy m’a fait avoir le discours.F-A.L. : Où est-ce qu’il a été publié ? P.L. : En première page de ce numéro spécial de La Ruche saisi par la police. Il y avait aussi d’autres articles... Mais, je n’ai jamais vu l’oeuvre complète de Breton par La Pléiade. Cela doit coûter énormément cher. Mais, d’après ce que madame Breton m’avait dit, c’était le seul discours qui manquât.F-A.L. : À cette époque où le surréalisme triomphait en Haïti, est-ce que les jeunes poètes, René Bélance et Paul Laraque ne s’intéressaient pas à ce mouvement ? R.B. : Nous étions intéressés à ce mouvement. On lisait tout ce qu’on pouvait trouver. On examinait le manifeste du surréalisme, le premier, le deuxième. Et, on écrivait chacun selon son orientation personnelle. On n’a pas copié le surréalisme. On s’est exprimé selon ce qu’on ressentait et les problèmes que l’on portait en soi, les problèmes culturels qui nous préoccupaient et à ce moment-là, le surréalisme pouvait apparaître comme l’un des modes d’expression.F-A.L. : Et l’écriture automatique ? R.B. : Oui, Paul et moi, nous avons pratiqué pendant un certain temps les jeux surréalistes. Paul n’était pas à Port-au-Prince, mais à Hinche. On s’écrivait et on se disait tel jour, telle date, nous allons faire une phrase sur tel thème, tel sujet. Et puis on écrivait et on communiquait. On faisait des découvertes extraordinaires.F-A.L. : Paul, on est sur la pratique de l’écriture automatique. Que peux-tu nous dire ? P.L. : Je vais dire avant même d’aborder la question de l’écriture automatique qui était liée au surréalisme en général qu’il n’y a pas eu d’école ou de mouvement au pays. On a d’abord enregistré ce qui passait pour être surréaliste. C’était surtout ce que les gens n’arrivaient pas à comprendre, mais un poète comme René Bélance, qui peut être rapproché du surréalisme, à mon avis, relève plutôt de Rimbaud.F-A.L. : Un peu de symbolisme ? P.L. : Mais surtout Rimbaud. Il est rimbaldien jusqu’à son dernier livre Nul ailleurs qui me semble être une réponse à Rimbaud qui dit que la vraie vie est ailleurs et Bélance lui répond « Nul ailleurs ». (Rires).Pour moi, Magloire Saint-Aude remonte plutôt à Mallarmé. Et, comme Mallarmé, va être acculé au silence. Jacques Roumain dans sa préface à l’étude d’Edris Saint- Amand sur Dialogue de mes lampes a mentionné que la poésie de SaintAude était une machine anarchique et anti-bourgeoise, mais bourgeoise quand-même. (Rires). Anti-bourgeoise parce c’était pas un mouvement révolutionnaire. En comparant à Bélance, il a dit qu’il préférait la ferveur violente au désespoir un peu desséchant de Saint-Aude.Quant à Garoute, il est venu un peu plus tard. René Bélance et Saint-Aude, comme on l’a souligné datent de 1941 et de 1941 à 1945. Dialogue de mes lampes sort (41-42). C’était fini. On avait d’abord Dialogue de mes lampes et Tabou et, longtemps après dans les années 50, Déchu. Il y a eu d’autres ballades, Tableau de la misère, Parias et Veillée. Pour René Bélance, c’était la même chose, à la poésie depuis 1941, Liminaire, Survivance, Pour célébrer l’absence, Épaule d’ombre qui datent de 1945. A partir de 1945, René arrête d’écrire jusqu’à Nul ailleurs. Quand il revient en Haïti avec Nul ailleurs, c’était un ouvrage beaucoup plus volumineux que les autres. C’est que ça reprenait tous les poèmes qui avaient été écrits ou à Port-au-Prince après « Épaule d’ombre » et les autres poèmes écrits en exil ou à l’étranger ou aux États-Unis.F-A.L. : Comment peut-on célébrer l’absence, Ce n’est pas paradoxal ? (Rires). R.B. : C’est une question extrêmement intéressante pour moi qui marque un point de ma vie. Cela est dû à un rapport épistolaire que j’ai eu avec une Canadienne. Et puisqu’on est tombé amoureux au cours de la correspondance... Et un jour, elle m’écrit une lettre pour m’apprendre qu’elle s’était enrôlée dans l’armée canadienne, qu’elle allait partir pour l’Angleterre au cours de la 2ème guerre mondiale. Quand j’ai reçu la lettre, j’étais dans une classe à l’annexe de l’École Normale d’instituteurs. J’ai donné du travail aux étudiants et j’ai écrit un poème pendant une heure. C’est ce poème là que Mercer Cook, après l’avoir lu, a envoyé à Marsha Stelling, une Américaine, une amie, pour traduire en anglais. Une revue américaine Port Folio l’a publié.F-A.L. : Nous allons demander au poète Paul Laraque de lire un poème de René Bélance, si cela lui plaît. P.L. : Certainement. Je vais vous lire un poème de René Bélance. J’aurais pu lire de moi, mais c’est de lui le poème que j’aime le plus.R.B. : Je sais le poème qu’il va lire (rires),P.L. : Le premier poème d’Épaule d’ombre.

Vertige

Avec ton éveil à la joie,

Avec ta course irréfléchie,

Avec ta robe dans le vent,

Avec ton sourire émergeant

Comme une menace à mon inquiétude,

J’éternise mon feu comme une ferveur.

Avec mes sursauts énervants,

Avec mon rire de proscrit

Qui grince, heurtant ton extase-hébétude,

Et mes os exhumés de l’ossuaire,

Au scandale des châtelaines

Qui m’offrirent leur nudité

Ébroué de nul frisson,

Impassible à des yeux tourmentés d’aurore.

[sismale,

Je compose un songe d’enfer

Pour frôler ton corps,

Électriser ta gorge consentante.

Certain jour de faste attendra l’abordage du

[Paquebot

Amenant l’exilé sorti de prison.

Je te prendrai par les cheveux

Ah ! Fiévreusement,

Pour te montrer,

Pendu,

Giflé,

Sifflé,

Affolé,

Égaré,

Et seul

Cyniquement seul,

Livré à la faim,

Dans la baie des puanteurs,

Devant les maisons de corruption

Où l’on fabrique

Des faiseurs de complots,

Des postulants au forçat,

Des enfants du salut dans la faim,

Par la faim,

En haillons,

En ulcères,

Et des hommes pour voyager en première,

Des hommes pour aller pieds nus,

Des hommes pour le home,

Des hommes pour la hutte ;

Et puis des femmes,

Des femmes pour les boudoirs,

Des femmes pour les fumoirs,

Des femmes pour les bordels,

Des femmes pour causer des tueries, la

[Banqueroute,

Des femmes pour l’anxiété des bijoutiers,

Des femmes pour la pitié ...

Je te dirai tout l’aboi des mornes,

La plainte des ruisseaux endormis,

Inoculé par les premières aiguilles d’hélium.

Je te conterai l’avortement

De chaque fruit

Sur la terre impassible, et

Dosant, supposant chaque corps pour l’engrais de ses mamelles tentaculaires.

Je te ferai contempler

Une fenêtre ouverte sur la grève ...

La terre tournera autour

De nos bras polaires

Et nous aurons le vertige des gravitations

le privilège de fixer

le changement des saisons,

L’influence de tes yeux sur les raz-de-marée,

Le sommeil des pêcheurs,

le cauchemar de germination des alluvions,

Tu chanteras devant l’extase

Car tu ne construiras pas

Sur l’inquiétude et la soif.

Les chevaliers insoumis,

Les coursiers de déserts communicables

inclineront jusqu’à tes pieds en porcelaine

Leurs flèches.

Leurs boucliers.

(Juin 1944)

Ovations nourries (Paul et René sont très émus)

F-A.L. : Paul, René vient de nous expliquer qu’il a choisi la poésie et l’enseignement, une voie d’expression et une carrière. Et vous, comment êtes-vous arrivé à la poésie ? P.L. : Dans mon cas, cela n’a pas été mon choix. La poésie m’a choisi. (Rires). Alors très tôt, sans savoir pourquoi, j’ai commencé à écrire. Je dois dire que j’ai appris mes premiers vers des lèvres de mon cousin germain Fernand Martineau, le poète. Il se voulait le poète exclusif de l’amour. Pour lui comme pour moi, la poésie est une question de vie ou de mort, comme l’amour et comme la liberté.Pour reprendre un peu ce que René vient de dire. René pour moi est un ami de vieille date et à l’époque où nous n’étions pas encore mariés, il vivait chez mon père. Longtemps après, quand nous étions tous en exil, j’ai eu des problèmes avec mon fils aîné et je l’ai envoyé vivre chez René. C’est une vieille amitié qui a commencé peut-être à cause de la poésie, qui s’est entretenue de plus en plus, bien que notre conception de la poésie ne soit pas nécessairement la même. Il y a eu un point de rencontre sur le surréalisme, contenu dans mon livre qui doit paraître à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. Il s’appellera OEuvres incomplètes. Ce recueil divisé en trois parties comprendra seulement ma poésie d’expression française, pas d’expression créole, pas non plus mes articles sur la politique. La tentation surréaliste, c’est pour moi ce qui a existé, non pas un mouvement surréaliste que nous aurions vécu, mais la tentation surréaliste d’abord par nos lectures et puis la présence cristallisante de Breton. Comme je l’ai dit dans un article « André Breton en Haïti, un témoignage », nous avons réalisé avec Breton les champs magnétiques dans la vie. (Rires).F-A.L. : Si je vous disais à vous deux que je n’étais qu’un simple amateur, un dilettante de roman et que je n’entendais rien à la poésie, que me diriez vous ? P.L. : Eh bien, je vous comprendrais, bien que je n’aie jamais été tenté par le roman de manière personnelle. Il faut avoir le don d’observation pour le roman et ça, je ne l’ai pas. La réalité me pénètre et reparaît sous une forme poétique des années après. C’est un processus parti du fond du subconscient, du fond de mon être.F-A.L. : René Bélance ? R.B. : Je pense que c’est une question de personnalité. Il y a des tempéraments qui sont attirés par tel mode d’expression et d’autres par tel autre. Je dois dire que pour ma part, j’aurais pu aller à différentes activités, dans différents secteurs de l’art. J’aurais pu aller vers le dessin, la peinture et la musique ...F-A.L. : Je comprends. Paul aurait pu faire autant car la poésie englobe tout et touche à toutes les sphères de la vie. Merci de m’avoir accordé cet entretien. Paul Laraque et René Bélance : C’est à nous de remercier.



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