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Le conflit à l’AKA : une opportunité de triomphe

Le conflit à l’AKA : une opportunité de triomphe








Il ne faut pas passer par quatre chemins, le torchon brûle à l’Akademi Kreyòl Ayisyen et risque d’embraser toute l’institution. Les tensions internes sont exacerbées et ont débordé le cadre de divergences entre académiciens et conseil administratif pour s’étaler en plein jour et montrer qu’il y a péril en la demeure. Un académicien a déjà remis sa démission, M. Fernand Léger, et un autre a jeté l’éponge au sein du comité scientifique qu’il dirigeait, M. Michel Anne Frédéric DeGraff. Ce dernier dit même craindre pour sa vie. Ces deux académiciens sont vus par certains de leurs collègues comme des saboteurs en mission pour avilir et même détruire l’institution. Les griefs qu’ils exposent ne sont pas minces : népotisme, décisions unilatérales de certains dirigeants engageant toute l’institution, plagiat, violation des principes éthiques qui devraient protéger l’institution, menaces de mettre en branle l’action publique contre Léger et DeGraff qui sonne l’alarme dans un message fleuve sur le réseau social Facebook où il dénonce ce qu’il appelle des dérives de l’AKA et ses propos sont repris dans une entrevue qu’il accorde au linguiste Hugues Saint-Fort publiée dans Le National, le 22 février.Pour ceux qui comme moi sont convaincus de l’importance critique de l’AKA au futur du pays, ces nouvelles sont déconcertantes. Elles sont loin d’être réjouissantes. On ne peut pas minimiser le rôle que peut jouer l’AKA dans l’aménagement de cette langue qui cimente tous les Haïtiens et qui doit influencer leur réussite dans toutes les façades de la vie nationale. Dans mes ouvrages je ne cesse d’indexer le potentiel de l’institution. Ma conviction sur le poids de l’AKA dans la balance linguistique entre autres est telle que j’y avais soumis ma candidature comme postulant académicien. Le fait que je n’étais pas retenu n’a pas changé mon opinion sur l’importance de l’AKA et l’envergure de l’heureuse initiative de sa mise en valeur selon le voeu de la constitution. Au début de cette année, en présentant une conférence au festival de technologie (FESTI-TECH) de St Marc sur le rôle de la langue dans le développement technologique, je n’avais pas manqué de relater les trois facteurs qui montrent clairement que le créole est prêt à remplir son rôle crucial dans le développement du pays : 1) La création de l’AKA 2) L’initiative MIT-Ayiti 3) La percée du créole dans les réseaux sociaux. L’AKA est l’organisme qui préside toutes les activités qui visent à doter le créole de tout ce dont il a besoin pour être utilisé dans toutes les sphères de la vie nationale. L’initiative MIT-Ayiti que dirige M. DeGraff traverse de nouvelles frontières où le créole n’avait jamais pénétré formellement avant : les sciences, la technologie, l’ingénierie, et les mathématiques (STIM) et avec la collaboration de la fameuse Massachusetts Institute of Technology où enseigne M. DeGraff, une institution universitaire qui est classée année après année parmi les cinq meilleures du monde, on peut augurer de retombées satisfaisantes pour l’initiative ; et finalement l’engouement des Haïtiens à lire et à écrire le créole sur les réseaux sociaux montre que la population est en train d’utiliser le créole a un niveau incroyable pas plus que quinze ans de cela. Dans mon livre Endepandans Lengwistik on peut lire ceci : « Antouka AKA chita nan yon pozisyon kle pou li pouse lang Kreyòl la nètalkole pou li fè lang sa a yon kòkennchenn zouti pou devlope peyi a kòmsadwa. Avni peyi Ayiti makònen nan yon fason ki pap janm ka lage ak lang Kreyòl la. Si nou gade pakou peyi Ayiti pandan plis pase desan (200) lane, n ap wè nou ta lwen si tout moun te pale ak lòt nan yon lang tout moun konprann. Nou pa konnen kilè sa ap reyalize, nan ki jenerasyon endepandans lan ap fèt nèt men nou konnen wout la fèt pou li trase epi li pase nan mitan AKA. »Avec de telles avancées on ne peut pas laisser ces divergences ralentir nos progrès, même arrêter une randonnée fantastique et donner raison à ceux qui ne voyaient guère dans la création de l’AKA un avantage pour le pays. Certains éprouvent un malin plaisir à constater ces divisions au sein de l’institution. Je ne connais pas M. Léger mais je connais le président de l’AKA, M. Pauris Jean-Baptiste, qui fut mon professeur au secondaire, ainsi que M. DeGraff avec qui j’échange régulièrement sur les réseaux sociaux. Leur engagement envers le créole ne fait l’objet d’aucun doute et ceci est l’avantage à la fois tangible et intangible de cette situation. Des mots qui font mal ont été lancés mais il n’y a rien qui ne puisse s’arranger. Les protagonistes sont unis autour de leur conviction inébranlable sur la force inhérente à langue à changer irréversiblement la donne pour le pays et ils se sont investis, corps et âme à la réalisation de ce qui peut faire son bonheur. Le bât blesse dans les méthodes. M. DeGraff fonctionne dans un environnement où l’éthique joue un rôle prépondérant, Il a sa réputation à protéger qui ne peut souffrir d’aucune apparence d’impropriété, d’irrégularité ou d’infraction avec une institution où il joue un rôle primordial. La valeur qu’il attribue à une position éthique peut être différente de la façon dont la question est appréhendée en Haïti. Le chemin peut être plus long en Haïti qu’ailleurs et pour atteindre sa destination il faut peut-être plus de patience mais DeGraff a le mérite et le courage d’avoir agité la question et maintenant elle ne doit plus être évaluée comme avant. Mais, il sait aussi que la façon dont il a procédé est risquée.L’AKA peut être un prototype qui informe sur le futur du pays. En tant qu’organisation qui s’occupe de cet aspect indispensable au devenir d’Haïti, sa langue, elle peut servir d’avant-garde sur la résolution des problèmes auxquels elle est confrontée et par là, présenter un paradigme sur lequel d’autres organisations peuvent s’appuyer. Le problème du présent moment n’est pas anodin. Le danger n’est pas à minorer. Mais dans son message Facebook et dans l’entrevue, DeGraff a laissé entrevoir une lueur d’espoir. Au moins un autre problème a été résolu par le passé, la proscription de la forme courte des pronoms publiée sans l’aval du comité scientifique. Cette prohibition a été subséquemment rescindée suite à des discussions appropriées entre les parties concernées. Le sérieux du problème actuel demande qu’on s’y attaque avec célérité, tact, et dextérité. C’est un conflit que les académiciens sont à même de résoudre eux-mêmes, sans une intervention externe, principalement ceux qui ont la capacité d’arbitrer et qui ne se sont pas rangés de part et d’autre de la controverse. Il y va du futur de l’organisation. Peut-être que les nouveaux académiciens pourraient, de par la neutralité que devrait leur conférer leur fraîcheur au sein de l’organisation, intégrer le comité d’arbitrage chargé de la délicate mission de remettre les pendules à l’heure. Une éclatante victoire pour l’AKA est à l’horizon si elle s’y prend bien. Le triomphe dépendra de l’entregent avec lequel la résolution est atteinte et surtout la mesure dans laquelle la composition et la distribution des tâches reviennent au statu quo ante, c’est-à-dire le retour de M. Léger à l’AKA et celui de M. DeGraff à la tête du comité scientifique avec l’addition de ces balises qui aideront à contourner les écueils similaires à ceux qui sont à l’origine du litige et la stricte adhérence à un modus operandi où les rôles sont clairement définis.L’AKA c’est l’Haïti de demain qui est en train d’être articulée sous nos yeux, un microcosme de la nation, un miroir qui projette notre futur. Il est impérieux qu’elle réussit l’épreuve. Une résolution sans faille des difficultés de l’heure est un évènement dans lequel les créolistes et l’écrasante majorité de la nation se délecteront et un présage des jours heureux à venir.Depuis son installation au pouvoir, une des constantes des sorties publiques de Jovenel Moïse est de critiquer l’État tout en promettant un changement de paradigme dans tous les domaines. Ce n’est pas, a priori, mauvais, dans un pays où rien ne marche. Cependant, si en Haïti une telle attitude peut porter certains citoyens à présumer que Jovenel Moïse sera différent des autres, ce n’est pas évident à l’extérieur. Dans un pays comme les États-Unis, lorsque le président d’un pays comme Haïti critique son pays, la critique est dûment notée, mais la présomption que ce président sera différent des autres ne suit pas. Et la sortie de M. Moise contient une critique subliminale d’Haïti, qu’il s’en fût rendu compte ou pas: Haïti n’est pas devenue la République des ONG et des organisations internationales par hasard. C’est parce que le secteur public a éloquemment fait la preuve de son incapacité et de sa corruption que les donateurs internationaux canalisent l’aide internationale de plus en plus par des organismes non étatiques.D’autre part, la prolifération suffocante des ONG témoigne de l’incapacité de l’État haïtien à gérer le pays. Aucune ONG n’est trop puissante pour être régulée. Ces organisations ont pu pulluler de la sorte seulement à cause de l’incapacité de l’État à circonscrire leurs interventions dans un cadre contraignant, au service d’une vision nationale. Mais cette vision n’existe pas aujourd’hui. Tout ce qu’on a, ce sont des actions improvisées réalisées au détriment de l’institutionnalisation du pays qui permettrait d’inscrire les réalisations dans la durée. Prenons, par exemple, la caravane, qui, mieux que toute autre chose, symbolise la vision du président. C’est une démarche qui mobilise beaucoup d’argent et de ressources, affaiblit les ministères au profit du Palais national et suscite des espoirs qui peinent à se matérialiser. On a vu comment, après le passage de la caravane dans le Sud, les moindres chutes de pluie continuent à occasionner des inondations.Un lectorat difficile Pour faire passer son message, le président Moïse a choisi le bon médium, Bloomberg, qui est largement lu dans les cercles gouvernementaux et entrepreneuriaux aux États- Unis. Cependant, l’incohérence du message le rend difficile à avaler. Comment convaincre des dirigeants étrangers à financer le développement, ou des entrepreneurs à investir dans un pays incapable de réguler des Organisations non gouvernementales ? Ensuite, au cours de l’interview, le président a fait référence à la nécessité qu’Haïti soit capable de créer des richesses, de fournir de l’électricité 24/24, sans placer ces objectifs dans une vision plus globale, une approche conceptuelle qui suggérerait que les progrès atteints seraient soutenables.En somme, les interviews de ce genre, dans des organes aussi puissants que Bloomberg représentent une vitrine inestimable pour un pays comme Haïti. Mais ce sont aussi des armes à double tranchant. Le lectorat spécialisé de ces forums ne tombera pas aussi facilement pour la phraséologie creuse. La répétition de clichés accrocheurs ne saurait tenir lieu d’articulation de vision dans de tels forums. Ensuite, Il n’y a aucun mal à accorder ces entrevues par écrit. Beaucoup de chefs d’État ont adopté cette pratique et ne s’en sont pas repentis. Notre président aurait intérêt à s’y mettre aussi.

Le ministre Beliard arrivant au premier Gala haïtien du développement du millénaire.

 Le groupe a déjà obtenu les licences nécessaires pour le lancement de sa propre banque commerciale : le Brothers Capital Bank and Trust. Cet outil financier, dont le siège social est Miami en Floride, se propose d’être actif dans tous les domaines d’une banque commerciale traditionnelle (de l’épargne jusqu’au crédit), mais sera porteur de valeurs de solidarité et sera au service exclusif des intérêts haïtiens.Le premier Gala haïtien du développement du millénaire a été surtout une occasion pour le Brothers Investment Group International, de faire défiler à la tribune une brochette de chefs d’entreprise, de spécialistes de haut calibre, de porteurs de projets innovants pour convaincre l’assistance des multiples ressources mises à disposition du développement d’Haïti ainsi que des belles opportunités de faire des affaires au pays.L’adjectif « révolutionnaire » a été largement utilisé dans les interventions. Le Brothers Investment Group International est convaincu d’avoir trouvé la bonne formule pour changer à jamais le destin d’Haïti qui a trop misé sur l’assistanat et l’humanitaire. Le président du groupe, très inspiré dans sa présentation, a affirmé porter un projet fondateur de la nouvelle Haïti. Pour lui, des Haïtiens responsables et visionnaires ont fait le pari de restaurer leur pays. Sans détour, il a plaidé pour la responsabilité et la place réelle du secteur privé dans le développement structurel et pérenne du pays. Ce qui permettra à l’État haïtien de jouer à fond son rôle de régulateur avec les produits des taxes et des redevances et au secteur actif dans l’aide humanitaire de se reconvertir dans des activités créatrices de richesses et de dignité.Stéphanie Auguste, ministre des Haïtiens vivant à l’étranger et titulaire du ministère des Affaires sociales et du Travail, dans son intervention, a transmis les bons mots et toute la fierté du gouvernement par rapport à l’initiative du Brothers Investment Group International. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Developpement rural, Carmel André Béliard, a improvisé une partie de son discours pour laisser parler son coeur. Visiblement heureux, en confiance et impressionné, il n’a pas hésité à conclure par la formule « Vive les investisseurs, non aux donateurs ». Le ministre Béliard a plaidé pour « pour une agriculture économiquement rentable à la place de l’agriculture sociale qu’on promeut en Haïti. »Le premier Gala haïtien du développement du millénaire de Brothers Investment Group International est, sans conteste, un évènement fondateur. Les responsables du groupe l’ont affirmé et nous avons de bonnes raisons de croire, comme eux, en des lendemains meilleurs pour Haïti.- Il embarrasse les personnes vivant avec le VIH à travers le monde et autour de lui à la Maison-Blanche, qui sait, dans sa famille ;- Il embarrasse tout un vaillant peuple, celui d’Haïti qui a versé son sang à Savannah, Georgia, pour aider les États-Unis à devenir le pays qu’il est aujourd’hui, pendant que M. Trump, cherchait des prétextes pour ne pas remplir ses services militaires dans son jeune âge ;- Il embarrasse le peuple américain, etc.Pour conclure, le monde scientifique reste beaucoup de progrès à accomplir, Haïti a beaucoup d’efforts à faire encore en matière de lutte contre l’épidémie de l’infection à VIH, mais nous ne sommes plus en 1981 comme la déclaration de M. Trump tend à le faire savoir; nous ne sommes plus à l’ère ou les personnes vivant avec le VIH préféraient se cacher contre la stigmatisation des ignorants que de chercher l’accès au soin de santé; nous ne sommes plus à l’époque de chercher qui a tort, car personne n’a jamais eu raison. Au contraire, nous sommes à l’époque de l’entraide, de la prévention avant et après l’exposition à VIH, à l’époque de “Test and Treat”, à l’époque de l’accès au soin de santé et surtout du maintien en soin en attendant la cure définitive.Mario Theliard, MD, FP, HIV Provider Coconut Creek, Florida,Patriyotikman!Dr. Jean Eddy Saint Paul, Sosyològ, Direktè Enstiti Rechèch sou Ayiti,  Men, yon moun pa bezwen gwo save, epi li nan lèt fen pou konprann ke yon majistra pa dwe rantre nan òganize kwazad, fè pwopagann pou lafwa ak konviksyon relijye li pou l fè travay sa yo ki rantre nan kad responsablite li. Majistra a touche pou l jere komin nan nan enterè tout moun kèlkilanswa kwayans yo, anplis li benefisye yon pakèt lòt privilèj ki asosye ak fonksyon an. Pou m pi klè toujou, m ap di ke moun anndan komin nan, pa bay nivo lafwa relijye majistra a pote gaz brikè pou yo. Pou fini, nan mwa Jiyè 2017 la, m te pase anpil tan nan komin Taba a. Mwen te vrèman sezi wè jan komin nan te lèd, e sa te fè m wont anpil. Majorite wout ki anndan komin nan pa asfalte. Pa gen limyè. Fatra monte pil sou pil. Kite m tou pwofite ak rive ane 2018 la tou swete majistra Nice Simon fòs ak kouraj, epi mande li tou pou travay ak lòt majistra ki pwogresis pou leve eskanp figi komin nan. Majistra, pa ezite mande moun ki kalifye konsèy pou ede w nan administrasyon komin Taba a, epitou chache mwayen pou rezoud pwoblèm terès moun nan lokalite a. Tanpri, pa kontinye itilize pouvwa espirityèl pou chache detounen atansyon moun yo, alòske pwoblèm materyèl ap depafini ak majorite sitwayen yo ki te vote pou wou.Patriyotikman! Dr. Jean Eddy Saint Paul, Sosyològ,Direktè Enstiti Rechèch sou Ayiti,CUNY-Brooklyn College, NY.  L’existence de Casecs, Asecs, assemblées municipales, délégués de ville, etc., dans la constitution de 1987, est un exemple parfait de “sur-décentralisation.” Le pouvoir politique, dans les municipalités, est tellement émietté qu’il est difficile aux mairies de s’épanouir. En éliminant ces structures, et en développant un schéma de décentralisation fiscale approprié, nous pouvons renforcer les maires qui deviendront enfin les agents de développement qu’ils sont appelés à être. Cela supposera aussi une cessation de la pratique consistant à confier de l’argent aux députés et sénateurs pour la réalisation de projets bidon, ou pour la célébration des fêtes locales. Ce sont des pratiques de corruption, et tous ceux qui prétendent le contraire le savent.Dans tous les départements, on pourrait créer un centre d’encadrement des municipalités composé d’ingénieurs, de politologues, de gestionnaires, de comptables, de spécialistes en tourisme, d’agronomes, de spécialistes en NTIC, en fiscalité, etc., qui viendraient en aide à toutes les municipalités du département. Le gouvernement central pourrait aussi créer un fonds d’investissement qui servirait à financer les projets les plus ambitieux des mairies si les ressources fiscales locales sont insuffisantes. Un tel développement encouragerait des gens bien formés à devenir maires. Et le pays pourrait enfin commencer à recruter ses présidents parmi ces maires sur la base de leur vision, leur expérience et leur leadership, au lieu de les recruter sur la base de leur pedigree sur le béton.Me Titus a maintenu, au cycle secondaire du CND, une discipline exceptionnelle et a oeuvré sans relâche, pendant plus d’un demi-siècle, à mouler dans la glaise du réel en but de devenir des hommes à part entière, tous les collégiens du second cycle des années 60, 70, 80 et 90. Il a aidé à nous façonner, à nous pétrir, à nous forger, à inculquer en nous le sens de la discipline et de la responsabilité. Il nous a aidés à devenir des citoyens productifs d’aujourd’hui.Permettez-moi de le dire avec complète assurance, vous anciens collégiens et anciennes collégiennes ici présents et ceux qui sont en train de m’écouter sur la toile, si vous avez réussi dans la vie, vous le devez en partie a Me Reynold Jean-Baptiste Pierre.Je le revois à présent me dire quand j’arrivais en retard. Il me tançait du regard et me disait: « Julien, tu dois faire un effort pour toujours être à l’heure dans la vie, c’est l’une des façons pour assurer ton succès ».Avant de terminer, laissez-moi partager avec vous la devise du Collège qu’il m’a appris : « Ad altum ad stellam », « vers les sommets, guidés par l’étoile ».Paix à son âme et Que la terre lui soit légère!Jean-MarieIntervention de Henri-Claude Fils-Aimé Mesdames,Messieurs,Chers amis collégiens,Une fois de plus la terre s’ouvre pour se refermer à jamais sur un des nôtres : Maitre Rénold Jean-Baptiste Pierre n’est plus.Ce n’est pas seulement le Collège Notre-Dame du Perpétuel Secours et le Barreau du Cap-Haitien dont Maitre Pierre était membre qui se trouvent atteints avec sa famille par ce deuil si longtemps redouté. La ville du Cap tout entière ressent comme nous cette perte immense. Quand en 2012, le Barreau a rendu au disparu les honneurs du jubilé d’or, le Cap debout comme un seul homme n’eut qu’une voix pour saluer ce professeur émérite, ce magistrat intègre et sérieux qui n’a jamais souillé l’hermine de sa toge.Professeur de français, de stylistique française et d’anglais, préfet de discipline au Collège Notre-Dame du Perpétuel Secours à qui il a dévoué toute sa vie ; Maitre Pierre s’acquittait toujours de sa fonction avec prestige et compétence. Il a contribué à la formation de beaucoup de jeunes gens. Il était un homme à cheval sur les principes avec lesquels il ne transigeait pas.Plus tard, on le retrouve Juge d’Instruction au Tribunal civil du Cap-Haitien ou il rendait des décisions remarquables de clarté et de précisions juridiques. Je me souviens encore des ordonnances rendues par ce magistrat sévère qui avait apporté dans l’exercice de son ministère la même rectitude et le même sérieux qui ont toujours caractérisé ses moindres actes. ‘’ Justum et tenacem ‘’ selon l’expression du vieil Horace, telle doit être la mission idéale de tout Magistrat.En 1991, la confiance du Gouvernement d’alors l’appela à siéger comme Juge à la Cour de cassation de la République. Et là encore, Maitre Pierre se distingua, comme partout ailleurs, par sa compétence, son sérieux jamais pris en défaut, et sa grande rectitude. Maitre Pierre est identique à ces hommes entrevus par Stuart Mill, ces hommes qui ‘’naissent debout, que rien ne courbe, ni amis, ni ennemis’’ qui regardent le soleil en face en consentant le sacrifice du meilleur d’eux-mêmes à la recherche et à la proclamation solennelle du juste.Maitre Rénold Jean-Baptiste Pierre était un lutter et un idéaliste incontestable. Comme tant d’autres de son temps, il a été mêlé aux évènements de 1963, et, comme eux, il a souffert et connu la prison. Mais cette épreuve n’avait pas atteint son moral ni assombri son caractère ou diminué la réserve d’optimiste qu’il portait en lui.Juge et juge d’instruction au Tribunal civil du Cap-Haitien, juge à la Cour d’Appel de la même ville, journaliste, homme de théâtre, orateur distingué, éducateur chevronne, il semble que la nature avait pris plaisir à doter un tel citoyen de toutes les belles qualités qui font un être exceptionnel.En vérité, des hommes comme Maitre Rénold Jean-Baptiste Pierre ne devraient pas mourir. Leur vie est un exemple permanent pour leurs semblables ; et, dans ce temps ou les bons exemples sont rares, il serait à souhaiter que les meilleurs demeurent toujours.Mais, vous le savez comme moi : nous ne sommes rien, et quand Dieu, qui est le maitre, rappelle à lui les meilleures de ses créatures, c’est sans doute parce qu’il juge que la mission qu’elles avaient à remplir ici-bas doit prendre fin, ou bien parce qu’il trouve certaines âmes trop belles pour notre modeste séjour. Comme l’a dit Victor Hugo : de tels hommes doivent mourir, c’est la loi terrestre ; et ils doivent durer, c’est la loi céleste. La nature les fait, la République les garde.Adieu cher Maitre. Que ton âme repose en paix !.

Enseignant

Consultant en ingénierie de l’éducation et de la formation

Président de SAFOPTEC

 



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