S'identifier Contact Avis
 
30° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video


ETJASA réhabilite Ti Sentaniz



Pour sa première présentation théâtrale dans la Cité de l'Indépendance, l'École de théâtre Jacques Stephen Alexis (ETJASA) a conquis le cœur du public qui a fait le déplacement, ce dimanche 2 août 2020 au local de l'Alliance française des Gonaïves pour assister à la présentation scénique de la célèbre histoire de Ti Sentaniz de Maurice Alfredo Sixto. Une proposition théâtrale assez osée qui traduit la fougue sans faille de ce jeune conservatoire qui a pris le risque de (ré)adapter cette lodyans mythique. Mais pas que cela, ETJASA a proposé une finition qui favorise la libération de Ti Sentaniz. Comme le stipule le titre du spectacle :Ti Sentaniz libere.


Pour une première activité publique dans la Cité de l'Indépendance depuis la levée de l'état d'urgence sanitaire, l'École de théâtre Jacques Stephen Alexis a fait un carton. Les quelques minutes de retard n'ont pas réussi à tuer l'enthousiasme de la grande foule qui attendait patiemment les premiers mots de Judson Seulement, présentateur du spectacle.


L'activité a eu un début tonitruant avec tour à tour le groupe Tchaka Ibo (Chant), G-vens nation (slam), Katchy Angel (chant), Duva mélodie (chant), Donald Ayiti (lecture scénique). Et sans oublier Nouvo lib qui a, à sa manière, élevé la première partie du programme dans une autre dimension. Le public retiendra sans doute des «punch-lines» tels que : « pi mal la pou yonn 
tounen yon byen pou yon lòt » ou encore « yon peyi ki pa lib
pa lib pou fèmen frontyè » pour plonger son doigt jusqu'au coude dans la plaie d'une société à l'agonie.



La deuxième partie du programme, étant consacré à la présentation théâtrale, a tenu en haleine le public du début à la fin du spectacle grâce à la qualité et au talent des acteurs qui ont fourni des efforts pour rendre justice à la beauté et à la justesse de la pièce audio phonique originale. Mise en scène par Don Cliff Adrien, cette adaptation de Ti Sentaniz va plus loin que la pièce originale puisqu’elle se propose de libérer Ti Sentaniz de sa situation difficile. Pour cela, le metteur en scène a mis en avant le rôle des organisations de la société civile dans une telle lutte. Dénonçant au passage l'impunité, la corruption, la violence, le viol et le phénomène de restavèk. Il a aussi pointé du doigt le déni de la classe moyenne sur la mauvaise situation de la masse. Les invitant à œuvrer pour une société juste.



« Réadapter Ti Sentaniz au moment de la réouverture des classes alors que beaucoup d'enfants sont abandonnés dans la rue et n'iront probablement pas à l'école. Cependant, une partie de la société se prépare à envoyer leurs enfants à l'école malgré le problème que rencontre la grande majorité de la population. Nous voulions dire que tout le monde a le droit de vivre comme des humains », a réagi Don Cliff Adrien, metteur en scène du spectacle. 

Dans l'ensemble, la performance de la jeune école de théâtre qui porte fièrement le nom de l'un des grands de la littérature du 20e siècle, Jacques Stephen Alexis, a été de haute volée.

Lesly Succès




Articles connexes


Afficher plus [4946]