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L’art et la littérature dans l’œil de Davidson Morin

L’art et la littérature dans l’œil de Davidson Morin








Au festival Pawoli, à la Fokal, aux Vendredis littéraires, à l'Institut français en Haïti, à la bibliothèque Araka, Davidson Morin est toujours présent avec sa caméra pour immortaliser des moments choisis. Véritable autodidacte, il place la littérature et l’art dans le viseur de sa caméra. Entretien.

Le National : Davidson Morin vous courez les activités culturelles pour immortaliser des instants, que ce soit à Port-au-Prince ou dans les villes de Province. Pouvez-vous nous dire comment vous est venue cette passion pour la photographie ?

Davidson Morin : Au départ c’était une passion pour le cinéma, les prises de vue dans les films, les vidéoclips et les documentaires qui m’imprégnaient souvent. À chaque fois qu’ un type de prises de vue m’habite je le capte en moi, j’en fais un assemblage dont le contenu pouvait aboutir à un vrai reportage, jusqu’au jour où j’ai donc décidé d’apprendre le cinéma qui en commençant par la vidéographie et la photographie pour arriver aux techniques de réalisation. Et là j’ai monté mes propres méthodes.

L.N. : Comment s'est passé l'apprentissage ?

D.M. : J’ai commencé au Jeune ciné-club de Moise Kharméliaud, un réalisateur à succès de nombreux films, dont La prière d’Isha qui voulait à l’époque démocratiser cet art dans le pays qui était au début de son expansion, et qui voulait aussi faciliter l’intégration des jeunes dans ce milieu. Puis j’ai fréquenté dans une petite école d’été au Carrefour de l’aéroport, qui nous a appris les bases de la photographie et tous les modèles de plans de la photo. Et ensuite j’ai terminé avec Whiller John Mackens, auteur du film Shango, où on a vraiment fait l’expérience du tournage, la connaissance des studios et des équipements lourds.

L.N. : Vous photographiez depuis quand ?

Je dirais depuis 16 ans, en décembre 2003, mais officiellement j’ai commencé en 2007 après mes expériences dans la petite école du Carrefour de l’aéroport, d’abord avec des reportages de mariage et des sorties privées, puis ensuite la couverture des évènements sociaux : épanouissements des bidonvilles et le phénomène Ti-sourit qui était dans son plein essor. Au début je travaillais serré avec les églises, surtout avec les jeunes dans leurs initiatives littéraires, c’est là que j’ai commencé à découvrir l’art qui n’était pas vraiment professionnel, mais l’idée était soutenable. Mais en mai 2012 j’ai découvert le milieu littéraire par un passage à la Fokal au moment même il y a avait la quinzaine du livre en marge de Livre en folie, et comme l’art et le littéraire m’ont toujours habité alors c’est dans ce milieu que je me suis installé et que j’ai fait mes plus grandes expériences, que ça soit en solo dans les soirées culturelles ou de concert avec certaines structures comme le festival Marathon de lecture, celui du carnaval pour arriver à la Quinzaine handicap et culture cette année, j’ai gardé un riche patrimoine culturel de tous ses évènements, et, ce, depuis plus de 10 ans.

L.N. : Votre porte-folio propose beaucoup de photos des festivals, de salons, de soirées. On y retrouve aussi des photos d'écrivains, de journalistes, de slameurs, etc.. Pourquoi vous avez fait le choix de photographier seulement l'instant des activités culturelles ?

D. M. : Le culturel m’habite. J’aime tout ce qui est littérature et art. Et dans mes reportages j’ai appris à connaitre les écrivains et les artistes, à fouiller dans leurs œuvres, à connaitre leurs positions, et compiler tout ça pour un projet documentaire. On se sent utile c’est quand on a contribué à camper l’historique des œuvres et de la vie d’un artiste qui servira d’archives et de patrimoine à la génération future. J’aime aussi le tourisme et l’environnement, mais à défaut d’études et de moyens financiers et logistiques je me suis abstenu d’une telle pratique, mais ça m’habite aussi.

L.N : Avez-vous un projet à long terme ?

D.M. : Oui je travaille là maintenant sur un projet de documentaire sur le slam en Haïti avec la structure Ayiti Trezò, que mon ami Jameson Barnabé dirige, et j’ai un autre projet sur le milieu culturel en prenant en considération l’intégration des jeunes artistes dans ce milieu et leur probable émergence.

Le National : Racontez-nous votre plus grand souvenir de photographe !

Davidson Morin : La soirée de clôture de la Quinzaine du livre à l’Institut français en Haïti qui réunissait tous les écrivains, les grands artistes, le personnel politique, des droits humains et tant d’autres personnalités importantes. Des gens que je ne voyais qu’à la télé à l’époque, pourtant je les voyais tous devant moi et pouvais leur parler dans mes reportages. Pour moi c’était gigantesque, féerique et passionnant. Georges Castrera était l’invité d’honneur de cette année, je l’ai étudié au club de lecture de la Fokal, et toute la quinzaine tournait autour de son corpus littéraire, et il était devant moi. Pour la première fois côtoyer toutes ses grandes personnalités c’était énorme et bourré de passion, et déclenchais des émotions de toutes premières fois.

Propos recueillis par :
Ricot Marc Sony



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