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Le prodigieux parcours de Jean-Robert Léonidas Léonidas, un homme multidimensionnel

Le prodigieux parcours de Jean-Robert Léonidas Léonidas, un homme multidimensionnel








Jean-Robert Léonidas est connu pour son excellence en matière de pratique médicale et de production littéraire. Il a mené à bien sa double vie d’écrivain et de médecin. Il exerce tour à tour l’endocrinologie aux États-Unis, enseigne, publie dans des journaux médicaux tels le JAMA américain, le Lancet de Londres. En même temps, il est journaliste culturel à Haïti-Progrès, signe un beau livre sur la peinture haïtienne, s’adonne à la poésie, écrit des essais, des romans, etc. À un moment donné, un difficile choix esthétique s’impose. Il abandonne la médecine pour la littérature.

Sa jeunesse à Jérémie, ses études universitaires à Port-au-Prince, son séjour aux Cayes et à Thomazeau, sa spécialisation et aux États-Unis, ses voyages, son retour dans la Grand-Anse Haïtienne, depuis plus de dix-ans, sa plongée dans le pays profond ; tout cela constitue la matière première de son œuvre.

Très attentif aux actualités de culture et de littérature, il présente dans Haïti-Progrès plusieurs recensions d’œuvres d’auteurs haïtiens. Invité de Bibliobs, il signe quelques articles sur le site littéraire du Nouvel Observateur (France). Romancier, essayiste et poète, passionné des mots majeurs, il signe de nombreux ouvrages, édités surtout à Montréal et à Paris. Par l’importance et la densité de son œuvre, avec le remarquable Joël Des Rosiers, Jean-Robert Léonidas s’inscrit brillamment dans la belle tradition des médecins écrivains tracée par Jacques Stéphen Alexis et Jean Métellus. Son premier livre « Sérénade pour un pays ou la Génération du Silence », paru chez Cidihca, à Montréal, en 1992, traduit la grande nostalgie de l’écrivain, dans les années 80, et son brûlant désir de rentrer au pays, à une époque où il était difficile de le faire. Son œuvre « Prétendus Créolismes, le couteau dans l’igname », Montréal 1995, se veut un travail important sur le bilinguisme haïtien. Sans entrer dans les questions syntaxiques, l’auteur s’intéresse surtout au lien lexical français-créole haïtien. Exploitant la filiation latin-français-créole, il découvre une sorte de comportement récurrent, on dirait héréditaire, dans la genèse des mots. Ainsi, identifie-t-il un tronc lexical commun constitué d’expressions et de mots dits « amphotères », c’est-à-dire qui appartiennent aux deux langues et qui, retrouvés dans la France profonde et les campagnes d’Haïti, servent à enrichir l’écriture et le parler haïtien.

Léonidas, romancier et poète

Son premier roman, « Les Campêches de Versailles », publié à Montréal en 2005, porte un titre évocateur rappelant ce beau coin à l’entrée de Jérémie, qui a connu ses heures de gloire avec le night-club du même nom, et qui imprime dans la mémoire de l’écrivain ce pigment de campêches lui insufflant une riche métaphore d’encre et d’écriture.

Comme poète de grand talent, Jean-Robert Léonidas s’affirme dans « Parfum de Bergamote », recueil de poèmes publié à Montréal en 2007. Selon le critique Jacques Bayle-Ottenheim (Pont-Aven France), « Le parfum de Bergamote est à Jean-Robert Léonidas ce que la madeleine est à Proust ». L’on sait que l’expression « madeleine de Proust » s’applique à tout ce qui laisse une impression de réminiscence, tout ce qui replonge dans un passé où tous les souvenirs enfouis dans les cendres de l’oubli reviennent à la mémoire et imprègnent tout l’être. Ce « parfum de bergamote » est vécu par le poète Jean-Robert Léonidas comme la « madeleine de Proust », pour reprendre l’allusion faite par cette éminente figure du Salon du livre insulaire de Ouessant, l’incontournable critique Jacques bayle-Ottenheim.

Rêver d’Haïti en couleurs ou Colorful dreams of Haiti, paru à Montréal en 2009, est un beau livre bilingue réalisé en collaboration avec le photographe Frantz Michaud qui en conçut l’idée, réunissant une quarantaine d’artistes et leurs œuvres. Il revenait à Léonidas de les interviewer et décrire tous les textes descriptifs dans les deux langues, écrits assortis de commentaires d’ordre esthétique sur les œuvres composant cette riche publication. Ce livre qui se retrouve à présent dans les bibliothèques nationales de plusieurs Capitales du monde.

Autre publication non moins importante, c’est « Ce qui me reste d’Haïti ; fragments et regards », parue à Montréal en 2010 ; un livre inspiré par le séisme qui eut lieu la même année en Haiti, œuvre représentant une certaine survivance de sujets culturels préalablement traités, auxquels s’ajoutent des textes de conception plus récente.

On retrouve Jean-Robert Léonidas comme invité en signature, successivement au Salon du livre de la Porte de Versailles, au salon du livre haïtien à Paris, à Châtenay-Malabry, à la rentrée littéraire du Mali à Bamako, etc. À titre de conférencier, il a reçu des invitations pour se produire à la médiathèque de Puteaux, France, à l’Alliance française de Jérémie, au lycée de cette même ville, à la bibliothèque Nationale de Port-au-Prince. Dans la même veine, il a également offert ses services à New York, au Cassegha, au groupe Primevère, à la Fondation Mémoire et à l’Association des médecins haïtiens à l’Étranger.

On est en 2010. Désormais ses livres sont édités et publiés en France. En 2011, ce sont։ Rythmique, Incandescence et Riveneuve, sortis à Paris. Un an plus tard, soit en 2012, paraîtra chez Zellige, Seine-et-Marne, France, son roman « À chacun son big-bang », qui sera suivi en 2017, chez le même éditeur, d’une autre œuvre romanesque, « Retour à Gygès ». En 2018, l’auteur produira un autre ouvrage « L’Impertinence du Mot », en co-écriture avec Hélène Tirole, Riveneuve, Paris.

Signalons d’autres textes retrouvés en bonne compagnie dans des collectifs importants, tels que։ Tiga ma cicatrice ; Haïti par monts et par mots, collectif Étonnants voyageurs, Haïti 2009 ; Mon Roumain à moi est au ciel, collectif sur Jacques Roumain, Presses Nationales d’Haïti, 2007 ; Retour à la poche des eaux ; Une journée haïtienne, textes réunis par T.C. Spear, Montréal/Paris 2007 ; Réinventer l’enfance, (Las Palabras pueden : Los escritores y la Infancia), Unicef, Colombie 2007 ; Cerisette (Nouvelle), collectif La vie et ses couleurs, dir. par L. Trouillot, C3 Éditions, Haïti 2012 ; Voix hautes pour Tombouctou, collectif. Éditions Tombouctou, Mali 2013 ; Voisine tu m’as ému, collectif Bonjour voisine, Mémoire d’encrier. Montréal 2013.

Léonidas, salué par une large critique

À part cette perception positive qu’a eue de son œuvre le critique de Ouessant, Jacques bayle-Ottenheim, la presse diversifiée a toujours salué le travail de Jean-Robert Léonidas. Jean Prophète, critique littéraire et journaliste, a trouvé son style simple, sans redondance ni panache.

Dans une critique du roman Les Campêches de Versailles (Haitian Times 2006), Hugues Saint-Fort est catégorique : « L’écriture de Jean-Robert Léonidas est une écriture hautement littéraire. Le travail sur le langage atteint un degré de littérarité rarement dépassé dans notre littérature ».

À propos de son deuxième roman, « A chacun son Big-bang », voici comment Yves Chemla commence ses commentaires : « Il y a dans le roman de Jean-Robert Léonidas, À chacun son Big-bang, une double source à la jubilation : une narratrice qui se détourne des usages, alliant le trivial et le sublime, croisant les lexiques, faisant grincer les convenances et les conformismes littéraires ; et un auteur, qui de son propre nom fait surgir une histoire, laquelle va à l’encontre des idées reçues et des clichés les plus courants sur Haïti…

Chemla poursuit pour dire : …Depuis la ville de Jérémie, c’est bien une partie du monde qui devient contiguë. Ce n’est pas une mince découverte. Elle est même essentielle dès lors qu’on vient d’Haïti »

De son côté, Rachel Vorbe, dans les colonnes du Nouvelliste, en date du 21 février 2013, s’exprime ainsi sur le même roman : « La musicalité des mots, mis en phrases mariées harmonieusement à des expressions populaires, confère au texte une aura poétique à hauteur d’un Mario Vargas Llosa qui distille dans ses descriptions, à la fois images, comparaisons feutrées et informations ».

Pour sa part, Eddy Guilloteau, toujours dans le Nouvelliste, est du même avis : « C’est un roman qui se laisse lire d’un trait, et cela est dû à l’écriture qui s’avère délicieusement imagée et descriptive, avec des phrases bien balancées et cadencées au rythme harmonieux d’une syntaxe décontractée. Une écriture alerte, vigoureuse. Un vocabulaire bigarré, mais sans pédanterie ».

Quant à Hugues Saint-Fort, cité précédemment, il persiste et signe pour dire que l’écriture de Léonidas le capte au plus haut point : « J’ai pris un grand plaisir à lire “À chacun son big-bang”. Le lyrisme qui se dégage de son roman est contagieux et son style est inoubliable ».

D’après Dana Shismanian Rythmique Incandescente est un « volume d’exception qui place Jean-Robert Léonidas dans le rang des grandes plumes de la littérature francophone contemporaine ».

Il est séant de terminer avec le mot de Dr Carl Gilbert, journaliste et PDG de radio Haïti Connexion. En toute fin d’une entrevue qui lui a été accordée par son collègue, montrant en ligne l’écrivain jouant du piano, il ne pouvait s’empêcher de s’écrier : « Jean-Robert Léonidas, un homme de tous les talents ! » Pour faire suite à Carl Gilbert, j’ajouterai qu’au Jugement dernier, il ne sera pas blâmé par l’Éternel d’avoir mal utilisé les talents qui lui ont été confiés.

Mérès Wèche



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