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« La couturière de Martissant », un roman qui fait revivre l’Haïti d’autrefois

« La couturière de Martissant », un roman qui fait revivre l’Haïti d’autrefois








Ce dernier roman de Ronald C. Paul, récipiendaire du prix Deschamps 2018, sans user de la nostalgie, vous plonge dans les bons moments de l’Haïti d’antan. Un vrai bonheur d’arpenter l’excroissance de Port-au- Prince et découvrir le Martissant des années 70.

L’auteur rappelle à la génération née dans les années 1980 et 1990 que le pays avait encore ses usines et ses entreprises locales de production. Il illustre à merveille cette réalité perdue avec la Haitian American Sugar Company, la HASCO, car dans un paragraphe du livre, il fait référence à cette vieille et dangereuse pratique: « Pran kann, banm janm ». Parce qu’à cette époque, des jeunes et moins jeunes prenaient le risque et le malin plaisir de s’approvisionner en canne à sucre dans les wagons ouverts du train en marche.

Le récipiendaire du prix, « Ethiophile 2015 » en France, son premier prix, rend compte également de la fraternité et de l’harmonie qui régnait entre voisins du quartier à l’époque. N’importe quel individu pouvait s’adresser à l’autre pour solliciter son aide ; pourtant, par les temps actuels, les accros à la technologie s’amusent à photographier leurs concitadins dans des situations critiques au lieu de venir à leur rescousse. Donc le sentiment fraternel tend à s’effriter de jour en jour.

Hormis ces moments de bonnes et gaies habitudes, dans notre vie de peuple, le spécialiste en politique culturelle, dans son roman « La couturière de Martissant », présente, avec le personnage principal dénommé Gisèle, une radiographie d’une situation récurrente qui règne dans les industries manufacturières communément appelées les factories, où très souvent les superviseurs abusent de leurs pouvoirs quand il faut embaucher. Les conséquences de l’infidélité dans les couples ont été également évoquées, si bien que dans l’histoire, la couturière a été surprise en flagrant délit d’adultère avec son voisin. Au retour du travail, son mari Nelson a eu un affrontement mortel avec Roger son voisin qui a laissé sa peau dans la bagarre. Nelson, par la suite, est écroué au pénitencier national ce qui a provoqué dans la vie de son fils Claude, une carence d’affection paternelle.

Dans ce livre, Paul nous permet de faire un saut dans une tranche importante de notre histoire. Il a fait allusion à la question de « Canter », un phénomène encore d’actualité. Pas plus tard que la semaine dernière, plusieurs de nos compatriotes ont perdu leur vie en tentant de rallier les Bahamas à bord d’une embarcation de fortune.

Au cours d’une entrevue, accordée au journal en marge de la vente signature du roman, mardi 5 février, l’auteur Des enfants du cyclone n’a pas caché sa satisfaction d’avoir remporté le prix Deschamps 2018. « Le prix littéraire Deschamps est l’un des plus importants prix littéraires du pays », a-t-il affirmé. En dépit de nombreux problèmes auquel fait face Haïti, il reste est un pays de littérature, aux yeux du monde entier, a soutenu le psychologue.

Un cachet de cent cinquante mille gourdes et mille exemplaires du roman « La couturière de Martissant » sont accordés à l’auteur qui se dit ouvert à toute éventuelle invitation, notamment des ventes signature dans des écoles, des bibliothèques, de centres culturels et d’autres structures intéressées à l’ouvrage.

Eguens Renéus



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