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Crise politique en Haïti : les États-Unis deviennent de plus en plus exigeants

Crise politique en Haïti : les États-Unis deviennent de plus en plus exigeants



Avec l’arrivée de Joe Biden au pouvoir le 20 janvier dernier, plus d’un espérait un revirement de la politique des États-Unis en Haïti. Mais, l’administration de Biden s’est, de préférence, alignée sur la date du 7 février 2022 pour la fin du mandat de Jovenel Moise. Pourtant, ces derniers jours, l’administration Jovenel Moise est vertement critiquée par les Américains qui ne cessent de souligner des failles dans le modèle de gouvernance des dirigeants actuels. Un jeu que les observateurs haïtiens n’arrivent toujours pas à cerner.

Divers secteurs essaient d’interpréter les réponses politiques du gouvernement américain face à la crise sociopolitique en Haïti. Les conclusions ne sont pas toujours édifiantes, dans la mesure où les États-Unis ont déjà, en quelque sorte, pris position pour une fin de mandat du président Jovenel Moise en février 2022, et par la même occasion, continue de discuter avec les secteurs, notamment la société civile qui réclame un départ de Jovenel Moise depuis le 7 février dernier. Mercredi 3 mars, des officiels du département d’État américain discuteront par visioconférence des organisations de la société civile, notamment le Réseau national de défense des droits humains (RNDH) qui a une position arrêtée sur la crise : le départ sans condition de Jovenel Moise.

Certes, les discussions porteront également sur la violation systématique des droits humains, la situation d’impunité qui règne dans le pays, mais vu le contexte, les discussions seront sans doute centrées sur les « velléités dictatoriales » reprochées au pouvoir en place et la date du 7 février 2021, jugée par la société civile comme la fin du mandat constitutionnel de Jovenel Moise. Cette rencontre fait suite aux discussions déjà entamées entre les officiels Américains et le RNDDH ainsi que la structure « Nou p ap dòmi ». Le 26 février dernier, plusieurs parlementaires américains ont eu une discussion avec ces deux structures de la société civile qui se positionnent contre l’administration Moise/Jouthe. Le but de cette discussion a été de pousser les parlementaires à faire pression sur Joe Biden pour qu’il se désolidarise de Jovenel Moise.

Le 5 février dernier, Washington avait offert son soutien au Palais national. « Conformément à la position de l’Organisation des États américains sur la nécessité de poursuivre le transfert démocratique du pouvoir exécutif, un nouveau président désigné devra succéder au président Jovenel Moïse au terme de son mandat, le 7 février 2022», avait déclaré Ned Price, porte-parole de la diplomatie américaine. C’était alors une mauvaise nouvelle pour l’opposition et la société civile qui espéraient une position contraire de l’Administration Biden/Harris à l’égard d’Haïti. Mais semble-t-il que cette position prise en faveur de Jovenel Moise n’a rien d’une carte blanche. Depuis, l’administration américaine est devenue plus exigeante envers l’équipe en place.

En l’espace d’un mois, l’administration américaine a attiré l’attention des dirigeants haïtiens sur au moins trois situations qui fâchent. Le 24 février dernier, dans un message posté sur Twitter, les États-Unis se disent préoccupés par la création de nouvelles institutions étatiques, y compris l’Agence nationale d’intelligence (ANI), qui pourraient poser des risques supplémentaires pour les droits fondamentaux et la responsabilité en Haïti. Concernant la mise à pied des juges à la Cour de cassation, l’oncle Sam avait aussi exprimé son inquiétude vis-à-vis d’une décision qui risque de porter atteinte aux institutions démocratiques haïtiennes. Et pas plus tard qu’hier lundi 1er mars, la République étoilée a annoncé la réorientation de son financement vers la société civile en raison du manque de transparence fiscale des autorités au pouvoir.

Les exigences minimales des États-Unis ont soulevé des réactions du côté du pouvoir qui n’apprécie pas le jeu du département d’État. D’un autre côté, des observateurs haïtiens estiment que le jeu d’influence des États-Unis se poursuit en Haïti. Avant le 7 février 2021, les États-Unis semblaient avoir décidé de faire profil bas dans un premier temps, en attendant la réalité des rues en Haïti. Aujourd’hui, sa position n’a toujours pas changé de manière officielle, mais ils deviennent plus exigeants envers le pouvoir en place.

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