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Jovenel Moise est intervenu au Conseil de sécurité des Nations unies



Lundi 22 février, le président Jovenel Moise est intervenu au Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est réuni pour discuter de la situation d’Haïti après la soumission du dernier rapport du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.


 L’intervention du président de la République d’Haïti visait à convaincre la communauté internationale de la justesse et de la nécessité des dernières décisions de l’Exécutif haïtien. Dans un contexte où les gangs armés défient l’institution policière, le président a voulu donner l’impression qu’il a le contrôle de la situation. Au moment où le président parlait d’une baisse de la criminalité et des cas de kidnapping dans le pays, Haïti risque de se colleter à un incident diplomatique après que deux ressortissants dominicains ont été enlevés samedi soir, sans compter les 13 autres cas de kidnapping enregistrés à Port-au-Prince durant le week-end des festivités carnavalesques.

Sans trop de surprises, les déclarations de Jovenel Moise sur la situation d’Haïti sont tout à fait différentes de la lecture faite par la société civile et certaines missions diplomatiques présentes en Haïti. Selon Jovenel Moise, l’opposition est orpheline de tout projet de société crédible. Il a fait état du refus systématique de cette dernière de faire le jeu de l’alternance politique, ce qui constitue, dit-il, une source de tension permanente dans le pays. Si pour le chef de l’État, le gouvernement a le contrôle de la situation, pour la société civile et les diplomates accrédités en Haïti, la situation humanitaire et sécuritaire du pays se détériore.

Les intervenants des pays membres du Conseil qui parlaient en fonction des télégrammes diplomatiques reçus ont plaidé pour un soutien à Haïti dans le cadre de sa quête d’une meilleure condition socio-économique. À l’unanimité, les différents représentants ont caressé l’idée d’offrir à la nation haïtienne un support pouvant favoriser un dialogue constructif afin d’accompagner le pays vers la voie du développement. Tout en condamnant les actions qui visent à fragiliser la démocratie en Haïti, les pays amis invitent les acteurs à abandonner leurs intérêts étriqués, et de prioriser les intérêts de la majorité. En outre, ils invitent le pouvoir en place à prendre ses responsabilités, et d’adopter des décisions uniquement sur la base du consensus.

Dans son intervention, la représentante du secrétaire général de l’ONU en Haïti, Helen Meagher La Lime, a dit noter la polarisation de la lutte entre les opposants et les proches du pouvoir autour de la fin du mandat constitutionnel du chef de l’État. Pour la diplomate, la crise s’est exacerbée à partir de la décision du président de la République de constater la fin du mandat de la 50e législature et de deux tiers du Sénat. Elle a aussi évoqué la grève des magistrats en signe de protestation contre l’ingérence du pouvoir exécutif dans le fonctionnement du système judiciaire. Selon elle, la dégradation de l’environnement sociopolitique a de graves conséquences sur la situation humanitaire en Haïti.

La DIRPOD pris contre pied du rapport de l’ONU sur la situation d’Haïti

La séance spéciale du Conseil de sécurité sur la situation d’Haïti a été l’occasion pour la Dirpod de prendre le contre-pied du rapport produit par le BINUH sur la situation d’Haïti. Face à l’omission délibérée de certains faits dans le rapport de l’ONU sur la situation d’Haïti, la Direction politique de l’opposition (DIRPOD) a écrit à la présidente du Conseil de sécurité des Nations unies, Barbara Woodward, en vue de rétablir les faits et éviter à la communauté internationale l’exercice d’une propagande en faveur de l’équipe Tèt kale.

Préparé par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et présenté au Conseil de sécurité par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le rapport sur la situation d’Haïti est dans le viseur des leaders de la DIRPOD. Selon eux, les représentants de l’ONU en Haïti ont fait une lecture erronée de la situation d’Haïti. Ils donnent la désagréable impression de répéter la propagande de l’équipe au pouvoir, et refusent obstinément de prendre en considération dans leur analyse, les dispositions légales et constitutionnelles qui indiquent de manière claire et non équivoque que le 7 février 2021 est la date de la fin du mandat de Jovenel Moise.

Selon Edgard Leblanc Fils, ancien sénateur de la République, l’idée est d’apporter un autre son de cloche afin d’éviter le risque que la communauté internationale répète uniquement les propagandes du gouvernement en place. Pour lui, ce qui est déterminant dans la bataille contre Jovenel Moise est la mobilisation constante sur le terrain. Mais par contre, il croit au support potentiel des acteurs internationaux (dirigeants ou organismes de défense des droits humains) dans la lutte engagée contre le pouvoir en place. En ce sens, l’ancien sénateur croit qu’il est important d’informer ces acteurs afin qu’ils aient une idée plus claire de la réalité politique du pays.

Dans cette lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, la DIRPOD a fait part de sa préoccupation concernant le silence du rapport du secrétaire général au Conseil de sécurité sur les fondements constitutionnels et légaux des prises de position de toutes les institutions représentatives des forces vives de la nation sur la question de la fin du mandat de Jovenel Moise. Ainsi, La DIRPOD tient à faire savoir aux membres du Conseil de sécurité qu’ils ne veulent plus de cette démocratie au rabais qui leur est imposée depuis trop longtemps par la communauté internationale. Selon la DIRPOD, le problème haïtien est bien plus complexe que ce qui est raconté dans le rapport, et mérite que l’on prête sans condescendance, un peu plus d’attention à ce que pensent et disent les acteurs nationaux. La DIRPOD espère que la communauté internationale saura accepter le choix du peuple haïtien et l’accompagner dans la concrétisation de leur projet national qui passe par le départ de Jovenel Moise dont le mandat a pris fin le 7 février 2021.

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