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Kidnapping : le grand malheur haïtien

Kidnapping : le grand malheur haïtien



L’insécurité en Haïti n’entrave pas uniquement l’essor économique du pays. C’est un phénomène qui est en train de détruire les Haïtiens psychologiquement, et qui met encore plus en doute la capacité des actuels dirigeants.


Le kidnapping est de nouveau en hausse. Les derniers bilans et cas recensés sur l’ensemble du territoire national minent la crédibilité des autorités qui ont la mission d’assurer la sécurité de la population. Le phénomène d’insécurité est actuellement le plus grand défi que doit relever le gouvernement et la communauté internationale, notamment le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Pourtant, ils ne parlent que d’élections et de réforme constitutionnelle.

Kidnappé durant le week-end écoulé, Dr Hans David Télémaque a été libéré ce lundi. Mais tant d’autres personnes qui n’ont aucun secteur à mobiliser sont encore entre les mains des ravisseurs qui n’arrêtent pas de provoquer le chaos au sein de la population haïtienne. Le mot d’ordre de grève annoncé par environ une dizaine d’hôpitaux et centres hospitaliers du pays a été abandonné suite à l’annonce de la libération du Dr. Ce qui prouve que l’être haïtien n’est toujours pas prêt à se serrer les coudes, et de se soulever comme un seul homme contre ce phénomène.

Dans cette bataille, le sectarisme prend le dessus, au détriment d’un mouvement global à vocation de nettoyer l’image du pays. Le je-m'en-foutisme est à son comble. Aucune opération robuste de la part des forces de l’ordre pour libérer les victimes du kidnapping, et prendre le contrôle des zones de non-droit. Le pire, il n’y a jamais eu aucun mouvement populaire digne de forcer les autorités responsables à agir en conséquence. Tout le monde a tendance à s’accommoder et d’attendre son tour ou peut-être celui de l’un de ses proches.

La dernière limite de l’insécurité

Le kidnapping n’est pas une simple situation d’insécurité. En effet, c’est le dernier niveau même de l’insécurité dans un pays. Un acte criminel et barbare qui, selon diverses personnalités, occasionne des dommages économiques, physiques et psychologiques au détriment des victimes. Les kidnappeurs ne parlent pas en gourde. La rançon de base qu’ils réclament varie toujours entre 50 000 et 100 000 dollars américains.

Beaucoup de familles ne font pas confiance à la police et n'informent pas les autorités au moment d’être victimes d’un cas d’enlèvement. Et même si un cas d’enlèvement fait la ronde des médias et le tour des réseaux sociaux, on ne peut pas espérer une réaction de la part des autorités étatiques qui, selon diverses organisations de la société civile, sont de mèche avec les réseaux de kidnapping dans le pays. Plusieurs rapports d’organisation affirment que les bandes de kidnappeurs les plus professionnelles sont formées d'anciens, d’actuels policiers et de plusieurs complices au niveau de l’État.

Le phénomène attaque plusieurs domaines de la vie sociale et économique. Toutes les couches de la société sont touchées. Artiste, hommes d’affaires, petits commerçants, étudiants, personne n’est épargné. L’État qui a pour mission de créer un cadre de vie favorable à tout le monde se désengage au fur et à mesure. Dans une intervention en marge de la cérémonie de clôture de la saison cyclonique 2020, le Premier ministre haïtien, Joseph Jouthe, passe la balle au pied de la population dans le cadre de la lutte contre les bandits armés dans le pays.

Très souvent utilisé comme arme politique, le kidnapping est, pour nombreux spécialistes, une forme de terrorisme que l’État doit combattre à tout prix. C’est un vieux crime devenu une source de revenus lucrative pour les groupes armés jouissant de l’impunité absolue dans le pays. Le phénomène est rentable au point que certains jeunes n’envisagent qu’à officialiser leur propre gang armé. Ce qui s’est passé à Carrefour en fin de semaine dernière en est une preuve flagrante. Le kidnapping est l’un des plus grands malheurs du peuple haïtien. C’est un défi national. Pour l’éradiquer, il faut prioriser une mobilisation globale en lieu et place des mouvements sectaires.

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