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Léon Charles prend les rênes de la PNH dans un contexte délicat

Léon Charles prend les rênes de la PNH dans un contexte délicat



Dans un climat d’insécurité exceptionnelle, l’Administration Moise/Jouthe croit opportune de nommer un nouveau directeur général a.i. à la tête de la Police nationale. Le citoyen Léon Charles remplace Rameau Normil à ce poste.


Par un arrêté en date du 13 novembre 2020, Léon Charles est nommé directeur général a.i de la Police nationale d’Haïti (PNH). Ayant déjà occupé ce poste au cours de la transition de 2004-2006, l’ex représentant d’Haïti auprès de l’Organisation des États américains (OEA) est revenu à la tête de l’institution dans un contexte fragile, marqué par l’implosion de l’institution et la recrudescence inimaginable de l’insécurité sur le territoire national.

Militaire et diplomate, Léon Charles a passé environ 16 mois (février 2004 – juillet 2005) comme directeur général de la PNH sous l’Administration d’Alexandre/Latortue. Il avait remis sa démission en juillet 2005 pour être remplacé par Mario Andrésol. Après son départ de la PNH, il a été choisi pour être ministre conseiller à l’Ambassade d’Haïti à Washington. Jusqu’à sa nomination, Léon Charles a représenté le pays auprès de l’OEA.
Une fin de cycle décevante pour Rameau Normil

Le passage de Rameau Normil à la Direction générale de la PNH n’a pas marqué les esprits en termes de satisfaction et il a provoqué son remplacement après 14 mois et quelques jours seulement. L’ancien responsable de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) n’a pas pu s’imposer en tant que directeur général comme il l’a fait à la DCPJ. Il laisse une institution à bord de l’implosion. Les différents syndicats de la PNH et le groupe « Fantômes 509 » sont entre autres des passifs de l’institution policière qui a creusé la distance entre le haut commandement et les agents de la PNH.

Une prise de fonction dans climat d’insécurité alarmant

Le nouveau directeur général a.i de la PNH, Léon Charles, a du pain sur la planche. L’ancien DG entre 2004 et 2005, qui a baissé les bras devant la situation sécuritaire détériorée de l’époque, doit diriger une institution policière divisée, et des agents qui se comportent comme les groupes armés illégaux. Le nouveau commandant en chef devra affronter également la proximité entre des groupes de bandits dirigés par des anciens policiers et des policiers en fonction. Il aura à se prononcer sur les bavures policières qui se multiplient au cours de ces derniers mois.

Outre des problèmes internes, le nouveau commandant de la PNH a pris les rênes de l’institution dans un climat d’insécurité hors norme, alimentée par les groupes armés qui morcellent le territoire national, notamment la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Réputés proches du pouvoir en place, les groupes armés font la loi. Ils ont le contrôle exclusif de certaines parties du territoire national et mettent les forces de l’ordre en défi de faire des interventions.

Assassinats en série, kidnappings à répétition, affrontements des groupes armés et autres faits d’insécurité, tels sont les caractéristiques du quotidien en Haïti au cours de ces derniers jours. Le pays tout entier vit dans une psychose de peur. Les agents de la PNH comme les citoyens sont assujettis aux assauts des individus armés de façon illégale. De nombreux citoyens et policiers sont déjà victimes de cette situation d’insécurité qui règne dans le pays.

Conscient de ce climat d’insécurité alarmant, le chef du Gouvernement, Joseph Jouthe, ordonne au nouveau directeur général de mettre hors d’état de nuire les fauteurs de troubles ainsi que tous ceux qui les alimentent. Joseph Jouthe veut avoir des fêtes de fin d’année en toute sérénité. « La peur doit finalement changer de camp », a martelé le président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN).

Une nomination en dehors de la loi créant la PNH

La loi du 29 novembre 1994 portant sur l’organisation et le fonctionnement de la Police nationale d’Haïti définit les modalités pour être directeur général de cette institution. Si l’article 21 de cette loi donne droit au président de la République de nommer un directeur général, l’article 22 précise comment il doit procéder. « Le directeur général de la Police nationale, secrétaire exécutif du CSPN, est choisi parmi les directeurs centraux ou les commissaires divisionnaires, et nommé, conformément à la Constitution, pour un mandat de trois ans renouvelable », souligne l’article.

Étant un ancien directeur de la PNH, Léon Charles ne faisait plus partie de l’institution, voire d’être un directeur central ou un commissaire divisionnaire. Il a tout simplement le statut d’ancien directeur général de la PNH, ancien policier.

Nouveau directeur, les objectifs restent les mêmes pour la PNH, ceux de réunifier l’institution et de rétablir un climat rassurant de sécurité. Si le commandant en chef est remplacé, les agents restent les mêmes, les groupes armés sont toujours là. Entretemps, les bandits règnent, l’institution policière est à genoux.

Woovins St Phard




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