S'identifier Contact Avis
 
31° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Projet de modernisation de l’État haïtien, pour quel résultat ?

Projet de modernisation de l’État haïtien, pour quel résultat ?



Cette semaine, à l’initiative de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), un atelier de travail par visioconférence a été organisé durant 3 jours (6,7 et 8 juillet), durant lequel le projet de modernisation de l’administration publique a été lancé. 55 millions de dollars de la Banque interaméricaine de développement (BID) sont déjà disponibles pour ce projet déjà lancé en Haïti à plusieurs reprises.


Le mois de juin a été consacré à l’administration publique en Haïti. Et en ce début de juillet, les dirigeants, dont ceux de l’OMRH ont procédé au lancement du Projet de renforcement de l’administration qui vise à améliorer la prestation de la qualité de service. C’est un projet identique à ceux déjà lancés dans le passé et qui n’a jamais abouti. À chaque fois, les montants disponibles sont toujours dépensés pour des résultats en dessous des attentes. Ces genres de projets donnent l’impression que c’est un moyen utilisé à chaque fois par les hommes et certains envoyés de la communauté internationale afin de mieux détourner les fonds du Trésor public, les dons et prêts des institutions internationales.

À titre de rappel, en 2007, le Premier ministre Jacques Édouard Alexis et le président René Garcia Préval ont lancé un projet pareil avec le support du programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Les experts chargés de piloter le programme ont identifié les grands problèmes du système administratif haïtien et ont promis d’apporter les corrections nécessaires. Les résultats devaient être visibles dès 2012, sur une période de 5 années. Pourtant, 13 ans après, on a encore une administration remplissant faiblement son rôle de service public, une administration incapable de promouvoir une politique de proximité, une fonction publique extrêmement fragilisée et faiblement tournée vers la modernité

En 2007, les promesses dans le cadre du programme-cadre de réforme de l’État, en l’occurrence la modernisation administrative et la décentralisation, ont été le renforcement des capacités nationales dans les domaines de la formulation, de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques publiques ; l’amélioration du rendement et l’efficacité des services publics par la mise en place d’outils de gestion axés sur les résultats ; repenser et optimiser les dépenses de l’État de manière à obtenir de meilleures prestations de services publics à un moindre coût ; améliorer l’accueil des usagers dans les administrations ; réduire les délais de traitement des dossiers soumis aux services publics par la simplification et l’allégement des procédures et formalités administratives ; améliorer la gestion des ressources humaines par la mise en place d’une fonction publique revalorisée, plus attractive et plus compétitive, respectueuse de l’égalité des chances et assurant la promotion du mérite et de l’excellence ; exploiter les possibilités immenses offertes par l’utilisation et la généralisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

En outre, les dirigeants s’étaient engagés à réaliser ses travaux par la réforme de l’Administration centrale de l’État ; la réforme de la fonction publique ; la déconcentration des services publics ; la décentralisation ; la modernisation du cadre physique des services publics ; l’administration électronique. Qui parmi les dirigeants de cette époque peut s’arroger le droit de dire que ces chantiers ont été une réussite ? En 2012, date de l’aboutissement du projet, l’équipe de Michel Martelly avait encore lancé un processus de réforme globale du secteur public. Preuve que celui lancé en 2017 a été un échec. Arrivée au pouvoir en 2017, Jovenel Moise et son équipe ont aussi lancé son programme de modernisation de l’État, avec les mêmes objectifs d’améliorer la qualité du service public, par les mêmes voies et moyens adoptés par les administrations précédentes. Lancée depuis 2018, deux ans après, la situation s’est empirée au sein de l’administration publique haïtienne.

Par ailleurs, il faut souligner que les tentatives de réforme de l’État en Haïti, depuis la décennie 80, sont initiées dans la perspective des programmes d’ajustement structurel encouragés, voire incités principalement par les institutions de Bretton Woods, en l’occurrence le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dans l’optique de la bonne gouvernance ou encore de la gouvernance démocratique appuyée par la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ces initiatives sont toujours pilotées par des experts au niveau de ces institutions internationales. Plusieurs millions de dollars sont toujours débloqués pour accompagner ces tentatives de réformes, dont les résultats pour Haïti laissent toujours à désirer. Pourtant, ces mêmes experts réussissent à rendre effectifs ces projets dans d’autres pays.

Evens REGIS




Articles connexes


Afficher plus [6935]