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Le prince Harry se jette dans la bataille contre le racisme

Le prince Harry se jette dans la bataille contre le racisme



Le meurtre de l’Américain noir George Floyd perpétré par un policier blanc, le 25 mai dernier à Minneapolis, a déclenché de par le monde des protestations contre le racisme et la violence policière. Par sa brutalité, cet acte a eu pour effet de focaliser les projecteurs sur le mouvement « Black Lives Matter » et suscité moult débats et polémiques sur le racisme systémique dans certains pays occidentaux, notamment en Angleterre. Maintenant, le Prince Harry (35 ans) et sa femme se jettent dans la bataille.


Depuis la mort de George Floyd, le mouvement « Black Live Matter » venu des États-Unis, n’a pas tardé à gagner l’Europe. En particulier les anciennes puissances coloniales, comme la France, la Belgique et la Grande-Bretagne. À Bristol, ville située au sud-ouest de l’Angleterre, des manifestants ont fait basculer dans le bassin du port la statue du marchand d’esclaves, Edward Colston (1636-1721). À Londres, le maire Sadiq Khan a fait enlever le monument d’un marchand d’esclaves écossais, qui se trouvait au milieu des Docklands, quartier de l’est de Londres. À Oxford (Sud de l’Angleterre), la statue de l’entrepreneur et politicien pro-esclavagiste Cecil Rhodes (1853-1902) devant l’un des bâtiments de l’université va disparaître. Les monuments à l’effigie de Winston Churchill (1874-1965) à Londres ont également été attaqués.

Maintenant le prince Harry (35 ans) s’exprime dans le débat actuel sur le racisme. Il a appelé les États du Commonwealth à faire face à leur passé colonial. « Si vous regardez à travers le Commonwealth, il n’y a pas moyen d’aller de l’avant si nous ne reconnaissons pas le passé », a-t-il déclaré dans une vidéo.

Le prince et sa femme Meghan ont participé la semaine dernière à une vidéoconférence organisée par le réseau du « Queen’s Commonwealth Trust » (QCT), une organisation caritative constituée le 16 novembre 2016. Cette institution accorde des subventions aux organismes qui aident les jeunes, les personnes handicapées, les entreprises caritatives et le grand public du Commonwealth. Cette structure, dont le prince Harry est le président, a réuni de jeunes leaders engagés dans la lutte contre le racisme. La réunion virtuelle a eu lieu en réponse aux protestations mondiales du mouvement « Black Lives Matter » après la mort de George Floyd. Le but de ce groupe est principalement dirigé contre le racisme structurel. « Grâce à Black Lives Matter, une voix s’est levée pour se faireentendre dans le monde entier et permet aux gens de voir les failles du système après des décennies et des siècles », a noté avec satisfaction le prince Harry.

Lors de la vidéoconférence, le jeune prince a affirmé que le racisme ne devrait pas avoir de place dans la société. Il déplore le fait que « cela arrive bien trop souvent ». Selon lui, beaucoup de gens ont fait un travail incroyable pour faire face au passé colonial et pour essayer de corriger les erreurs, « mais il y a encore beaucoup à faire ».

En clamant leur solidarité avec le mouvement « Black LivesMatter », le prince Harry et la duchesse Meghan se sont prononcés en faveur d’un changement systémique. Ils savent que ce travail de mémoire ne sera pas facile et qu’il se révélera, en certains endroits, désagréable. « Mais c’est la seule façon de s’en sortir », a déclaré la duchesse Meghan lors de la conférence. « Ce processus est douloureux et l’a été pendant longtemps ».

Collaboration entre Blancs et Noirs

Les militants(e)s qui y ont pris part ont souligné l’importance, pour la lutte contre le racisme, de la collaboration entre Blancs et Noirs. Ils ont souhaité que l’activisme des Blancs ne doive pas se limiter à des messages sur les réseaux sociaux. Ceux-ci devraient engager des dialogues en dehors de leur zone de confort et admettre leurs erreurs sans entrer dans une réaction défensive lorsqu’on aborde le sujet avec eux. Les Blancs doivent accepter qu’il sera déplaisant de faire face au passé.

Le Commonwealth est une confédération d’États volontaire composée de la Grande-Bretagne et de nombreuses anciennes colonies de l’Empire britannique. La grand-mère de Harry, la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne, est à la tête de cette structure informelle. Les 54 États membres, avec leurs 2,4 milliards d’habitants, représentent un quart de la population mondiale. Pour la Reine, la cohésion du Commonwealth est l’une de ses principales préoccupations. Son petit-fils, Harry, est en train de changer de cap : la Grande-Bretagne devrait examiner plus en profondeur sa propre histoire coloniale.

À noter que quelques pas vers la reconnaissance du passé ont été faits. La Banque centrale d’Angleterre s’est excusée pour les liens de certains gouvernements dans la pratique de l’esclavage. Auparavant, cette institution avait mené des enquêtes pour savoir si d’anciens gouverneurs et directeurs étaient impliqués dans la traite des esclaves. Les photographies de ceux qui y étaient mêlés ne seront plus exposées.

La Banque centrale a décrit la traite des êtres humains comme « une partie inacceptable de l’histoire anglaise ». « La banque a commencé un examen minutieux de sa collection de photos d’anciens gouverneurs et directeurs pour s’assurer qu’aucune photo ayant une telle implication dans la traite des esclaves ne soit montrée dans la banque », a-t-elle fait savoir. Une base de données de « University College London » répertorie les personnes qui ont reçu une compensation pour la perte de leur « propriété » lorsque la possession d’esclaves a été interdite en Grande-Bretagne en 1833. Parmi eux se trouvent des gouverneurs et des directeurs de la Banque d’Angleterre.

Quelque 46 000 personnes ont reçu un total de 20 millions de livres sterling après avoir libéré des esclaves dans les colonies britanniques des Caraïbes, de Maurice et d’Afrique australe. Cette somme équivalait à 40 % de toutes les dépenses annuelles du gouvernement à l’époque. Les dettes que le gouvernement a contractées en contrepartie n’ont été remboursées en totalité qu’en 2015. Le processus de réparation semble être en marche de manière irréversible. Un processus qui va certainement prendre beaucoup de temps, et il en sera de même pour la pacification des mémoires que souhaitent aussi beaucoup de gens.

Huguette Hérard

N.D.L.R.
(1) Le « Queen’s Commonwealth Trust » est destiné à offrir aux jeunes des pays du Commonwealth une plate-forme d’échange. Harry en est le président et Meghan, vice-présidente.




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