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Le gouvernement tente de se rattraper dans le dossier de grâce présidentielle

Le gouvernement tente de se rattraper dans le dossier de grâce présidentielle



Lors d’un conseil de gouvernement qui s’est tenu le 1er juillet, le Premier ministre Joseph Jouthe a demandé au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) de surseoir à la libération des 415 détenus, dont des criminels, qui a fait scandale au sein de la société haïtienne. Parallèlement dans la même journée, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Lucmane Delille a sanctionné certains commissaires du gouvernement pour libération irrégulière des condamnés.


Le Gouvernement haïtien veut se rattraper dans le dossier ayant rapport avec la libération des 415 détenus, dont une dizaine de criminels par grâce présidentielle. Ainsi, lors d’un conseil de gouvernement en date du 1er juillet, le Premier ministre, Joseph Jouthe, a demandé au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) de surseoir momentanément à la libération des gens concernés par la grâce présidentielle. C’est le secrétaire d’État à la Communication Eddy Jackson Alexis qui a relayé l’information le jour même sur compte Twitter.

À en croire le secrétaire d’État, qui a indiqué qu’un document officiel viendra soutenir cette décision prise lors du quatrième conseil de gouvernement, le Premier ministre veut « protéger la société et sauvegarder l’ordre républicain ». Parallèlement à cette décision, des sanctions ont été prises à l’encontre de certains parquetiers qui seraient impliqués dans la libération de ces détenus.

En effet, c’est le cas du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets qui a été mis en disponibilité. « La présente est pour vous informer qu’il a été décidé de vous mettre en disponibilité sans solde, pour votre implication dans la libération irrégulière du condamné Richard Harrison Domond dit Jean Mary. Cette mesure est effective de la date de la présente », peut-on lire dans une correspondance du titulaire du MJSP, Lucmane Delille, adressée au magistrat Maxime Augustin.

Avec le même motif que le précédent, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique a aussi mis en disponibilité sans solde le commissaire du gouvernement prêt le tribunal de première instance de Jérémie en l’occurrence le magistrat Bergemane Sylvain. À en croire le ministre Delille dans sa lettre, c’est pour l’implication irrégulière du magistrat dans la « libération des condamnes, Marie Claudette Presumé, Ailhomme Milfranc, Rémy Sejour et Marie Helene Dimanche ».

Par ailleurs, le protecteur du citoyen Renan Hédouville, qui a nié toute implication de l’Office de la protection du citoyen (OPC) dans le choix de libération des 415 détenus par grâce présidentielle contrairement aux allégations du MJSP, dit accueillir favorablement la décision du chef de gouvernement de surseoir momentanément à la libération des prisonniers graciés. Pour M. Hedouville, c’est une décision de sagesse.

Si d’une part, le protecteur a plaidé pour le désengorgement des centres carcéraux dans le respect des principes établis, d’autre part, il a indiqué qu’il revient au parquet de faire le nécessaire en procédant à l’arrestation conformément à la loi si certains de ces prisonniers ont été déjà relâchés.

Wisly Bernard Jean-Baptiste




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