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Incertitude électorale en République dominicaine

Incertitude électorale en République dominicaine



Des élections municipales se dérouleront ce dimanche 16 février 2020 en République dominicaine. Pour les présidentielles et les législatives, on devrait attendre mai prochain. La plupart des observateurs accordent beaucoup plus d’importance aux joutes présidentielles. Néanmoins les municipales au pays de Pablo Duarte sont très importantes. D’autant plus que cette année, elles vont servir d’indicateurs pour évaluer la force électorale des principaux protagonistes sur le terrain.


Lors des dernières municipales en 2016, le « Parti de la libération dominicaine » (PLD) et ses alliés ont remporté la très grande majorité des municipalités. On peut se demander si le parti de Danilo Medina (68 ans) pourra renouveler dimanche cet exploit, d’autant plus qu’une crise profonde a traversé cette formation politique au cours de ces derniers mois. Qu’on se rappelle comment le départ de Leonel Fernandez (66 ans) du comité politique du PLD avait entraîné au sein de ce parti une crise. On pense même que celle-ci pourrait compromettre la position dominante de ce parti sur l’échiquier politique de la République dominicaine.

Après avoir claqué la porte du PLD, Fernandez a formé son propre parti politique « La Fuerza del Pueblo » (La force du peuple). Celui qui a dirigé la République dominicaine à deux reprises (1996-2000 et 2004-2012) espère avec son mouvement flambant neuf ravir la prééminence du PLD daniliste sur la scène politique dominicaine.

Cette ambition de l’ex-chef d’État pourrait-elle se concrétiser ? On peut en douter. Tout au plus pourrait-il gagner 20 à 25 % des municipalités dominicaines, ce qui correspondrait à quelques 30 à 38 mairies sur les 158 existants au pays de Juan Bosch. Ce qui est déjà beaucoup pour une formation politique qui n’a pas encore un an d’existence.

Il importe de noter que contrairement aux présidentielles, chaque parti ou groupement politique qui fait partie d’un bloc politique, est libre de présenter des candidats aux municipales, indépendamment de la plateforme électorale à laquelle il appartient. Ainsi le « Parti réformiste social-chrétien » (PRSC) des néo-balagueristes qui appartient au bloc politico-électoral soutenant « La Fuerza del Pueblo », présentera des candidats à ces élections.

Dans le cadre du bloc politique qu’ils forment, ces deux partis politiques vont, sans aucun doute, soutenir mutuellement leurs candidats respectifs. Par exemple, le maire de la ville de Hato-Mayor est un membre éminent du PRSC, mais il peut sans aucun doute espérer l’appui de l’antenne locale de « La Fuerza del Pueblo » et des autres composantes de ce bloc. En raison de ces synergies électoralistes, le PRSC tout comme « La Fuerza del Pueblo » espère pouvoir gagner dimanche une trentaine de mairies.

Quant au PLD en tant que parti dominant actuellement la scène politique dominicaine, il pourra remporter tout au plus 50 % des municipalités, soit à peu près 80 mairies, en raison de la défection de Leonel Fernandez. Le reste revenant au bloc soutenant le « Parti révolutionnaire moderne » (PRM) de Luis Abinader (52 ans), favori des sondages pour les prochaines élections présidentielles dominicaines attendues dans trois mois.

Mais ces analyses ne sont que de simples conjectures en raison de la nouvelle donne générée par le lâchage de Leonel Fernandez et son nouveau défi avec la création de son parti. Après tout, sa formation n’est que la dernière en date issue de la mouvance de gauche de Juan Bosch. Quatre des principaux partis de la République dominicaine proviennent de la matrice développée par l’ex-président dominicain Juan Bosch.

Mais où est donc passée la droite officielle dominicaine ? Depuis quelques années, elle s’est réduite au « Parti réformiste social-chrétien » (PRSC) de Auique Antun. Ce parti n’arrive pas à dépasser le score de 10 % des voix aux différentes élections de ces dernières années. Il se contente de servir d’appoint politique et électoral au PLD et maintenant à « La Fuerza del Pueblo » de Leonel Fernandez.

Toujours est-il que ces élections municipales vont servir de test pour l’ancien président de la République dominicaine et pour « La Fuerza del Pueblo ». L’orientation de l’espace politique futur dominicain va dépendre du score de ce parti aux urnes de ce dimanche. À deux jours des élections municipales dominicaines, l’incertitude est de mise. Tous les regards vont, à n’en pas douter, converger vers ce nouveau-né et son leader.


Azad Belfort




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