S'identifier Contact Avis
 
30° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

L’opposition fait mieux que Jovenel Moise, mais...

L’opposition fait mieux que Jovenel Moise, mais...



L’opposition politique a finalement pris conscience, après plus de deux ans, que son morcellement ne sert pas sa stratégie contre le pouvoir, sinon qu’à fragiliser davantage la situation socio politique du pays. Après de multiples échecs face à l’obstination d’un président qui ne jure que par le respect de son mandat, les chefs de file de l’opposition plurielle ont tiré la conclusion qu’il faut s’unir. De l’autre côté, la présidence obstinée de la consolidation du pouvoir n’a rien concédé en vue de la résolution de la crise.

Plus de deux ans de résistance face à un soulèvement populaire coriace, Jovenel Moise risque de rentrer dans l’histoire comme le président haïtien le plus impopulaire et le plus insouciant qu’a connu la République. En effet, en l’espace de moins de 36 mois, le locataire du Palais national a connu pas moins de quatre événements baptisés de pays lock ayant à chaque fois paralysé toutes les activités durant une semaine complète. Le dernier en date court sur ses dix semaines.

Sous son régime cumulent des raretés de carburant sans précédent, le taux de chômage, l’inflation, la dépréciation de la gourde, entre autres, ne cessent de faire le quotidien des Haïtiens. L’insécurité, les massacres et les crimes sont autant de points noirs de la gouvernance du dauphin de Michel Joseph Martelly. En dépit de ces faits dénoncés par l’opposition et la société civile, il demeure accroché à son poste réclamant sans cesse le respect de son mandat.

Le chef de l’État est excessivement décrié. Malgré les menaces et, parfois, les exactions policières, la population demeure ferme sur le macadam. À la baguette de la nation, le chef de l’État encaisse, réplique et appelle sans cesse au dialogue. Incessamment, le chef de la diplomatie haïtienne croit dur comme fer qu’il peut sauver un mandat que les mandants semblent avoir longtemps révoqué à travers les manifestations des rues intensives. Durant les jours déjà passés au timon des affaires, il ne fait, au lieu de se sacrifier pour le bien-être populaire, qu’attirer sur lui la fureur d’une opposition indomptable qui risque de faire partir en mille éclats le reste de son mandat.

Contrairement au garant de la bonne marche des institutions, l’opposition politique semble finalement avoir compris le poids de l’obstination. À la suite de maintes déculottées, ils se sont finalement entendus pour faire front commun dans la lutte antigouvernementale. À travers un accord politique trouvé après deux jours de discussions, ce bloc politique semble vouloir cicatriser son mal, celui de la division. Signe de la bonne volonté des opposants de lâcher un peu leurs intérêts mesquins pour faire évoluer dans le bon sens la situation.

En effet, cette crise est tributaire de l’obstination de ces deux extrêmes. Elle est corollaire de la politique de corde raide appliquée par les antagonistes. Décidant de fléchir un peu, l’opposition amortit les dilatoires alors que le numéro un de la nation ne fait jusqu’ici aucune concession.

Un accord important, mais précaire

Cet accord politique venu à un moment spécial dans la vie politique haïtienne reçoit un écho favorable au niveau de tous les secteurs. Il va permettre, selon toute vraisemblance, un dénouement heureux de la situation. Il favorisera une meilleure planification de l’après-Jovenel, cependant, il demeure un compromis circonstanciel et qui risque de voler en mille morceaux, une fois la transition effective. Trop d’enjeux importants entourent l’accord, croit plus d’un. À cela s’ajoute, le retrait de Fanmi lavalas qui n’a pas endossé l’accord. Son recul, quoi que l’on pense, pend sur la tête de l’entente bien accueillie au niveau de la société comme une épée de Damoclès.

L’obstination du chef de l’État rend service à l’opposition

L’opposition a certes, fait mieux par rapport à l’exécutif, cependant, sans l’obstination du chef de l’État, ce compromis ne serait pas réalisé. Même de façon involontaire, le chef de l’État a permis aux hommes politiques de l’opposition de prendre conscience de leur faiblesse et de mutualiser leur force. Il a certes agi pire en ne se montrant pas du tout conciliant, toutefois, il a indiqué à l’opposition son talon d’Achille, mais aussi la voie à suivre pour aboutir au renversement tant souhaité de ce système obsolète.

Daniel Sévère




Articles connexes


Afficher plus [6150]