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L’opposition menace d’installer un président provisoire

L’opposition menace d’installer un président provisoire



Selon les menaces de l’opposition politique, le président devant assurer la transition prononcera son discours à Vertières, le 18 novembre prochain. Dans l'intervalle, ce dernier sera présenté à la nation et installé dans ses fonctions, informent les leaders de l'Alternative consensuelle pour la refondation de l'État. Une commission présentera sous peu le nom de la personnalité choisie parmi les trois noms proposés par la Commission de passation du pouvoir.


Après environ deux ans d'opposition radicale au pouvoir en place, et neuf semaines de fermeture du pays, l'opposition n'arrive pas à éjecter Jovenel Moise du pouvoir. Elle a tout tenté, mais le dauphin de Michel Joseph Martelly tient encore. Fort de ce constat, les chefs de file de ce bloc politique entendent dorénavant utiliser les moyens forts, prévoyant de reproduire le scénario de 2001 en installant un autre président parallèlement à celui en fonction. Selon le porte-parole du secteur démocratique et populaire, André Michel, avant le 18 novembre, le nouveau chef de l'État sera présenté à la nation et installé dans ses fonctions. Le jour du 18 novembre, il laissera en cortège la capitale pour se rendre dans le Nord, en particulier à Vertières pour faire son discours en la circonstance.

« L'assemblée des signataires sera convoquée incessamment pour choisir le nouveau chef de l'État. Une délégation communiquera le nom à la nation debout comme un seul homme pour l'acclamer en vue de lui accorder toute sa légitimité. Le 18 novembre, il tiendra son discours à Vertières, mais il sera présenté à la nation puis installé dans l'une des institutions publiques du pays », a soutenu l'avocat, André Michel, qui invite la commission à créer les conditions nécessaires pour permettre que la transition se fasse en douceur. Car, dit-il, Jovenel Moise est un cadavre politique pour l’instant.

Le nouveau choisi ne sera pas un figurant, a fait savoir André Michel. Il sera en pleine possession de son pouvoir pour ordonner, commander et diriger la nation. Questionné sur le bureau où devra travailler le président de l'opposition, l'avocat était évasif : « il se peut qu'il ne soit pas trop loin du Palais national », a-t-il lâché. Parallèlement, le politique invite la communauté internationale à comprendre que le chef de l'État perd le contrôle politique du pays et que, à travers son obstination, il traine le pays vers le chaos le plus total. Il a ajouté pour dire que, pour l'heure, Haïti fonctionne selon les prescrits constitutionnels, et, de ce fait, l'opposition se doit de profiter de cette dynamique exceptionnelle pour réaliser la vraie transition, arguant que la légitimité d'un président peut être issue soit de la mobilisation populaire soit des élections libres, honnêtes et démocratiques.

Même quand plus d'un ont du mal à suivre sans cassure la méthodologie de l'alternative consensuelle qui travaille pour le remplacement de Jovenel Moise et la résolution définitive de la crise, les signataires, de leur côté, sont convaincus d'avoir fait autorité. « Nous ne savons pas ce que pense d'autres structures. Ce dont nous sommes convaincus, c'est que la personnalité qu'on aura à choisir sera la seule que le peuple aura à ovationner. Nous ne sommes pas des gamins, même quand les trois personnalités choisies n'ont pas été contactées à cet effet, celle qu'on aura choisie ne renoncera pas », a garanti André Michel, invitant la population à rester mobilisée. Plus loin, il donne gage que dès l'installation de la transition, le pays retrouvera son calme et sa paix.

De son côté, le porte-parole de la commission, Hugues Célestin, informant avoir soutenu les trois noms à l'assemblée des signataires de l'alternative consensuelle, précise que les noms des potentiels candidats à la Primature seront soumis cette semaine. Après, ce sera le tour des membres du cabinet ministériel. En dernier lieu, l'ex-député a fait savoir que la commission travaillera sur les noms des membres de l'Autorité nationale de transition (ANT). Insistant sur le fait d'avoir pris en compte tous les critères préétablis, il dit attendre la désignation du nouveau président par l'assemblée avant de rencontrer Jovenel Moise.

Notons au passage que le 6 février 2001, la Convergence démocratique avait installé Gérard Gourgues, comme président provisoire de la République après avoir contesté l'élection de Jean Bertrand Aristide qui allait recevoir l'investiture un jour après. Trois ans plus tard, le leader de Fanmi Lavalas a été remplacé par une transition non issue de cette opposition radicale de 2001. Le pouvoir leur a filé entre les droits malgré leur radicalité. En novembre 2019, 18 ans après, Haïti, est-elle sur le point de revivre le même scénario si Jovenel Moise n'abdique pas?

Daniel Sévère




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