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Le vote de la controverse

Le vote de la controverse








La Chambre des députés a finalement tranché sur la demande de la mise en accusation du chef de l’État haïtien après deux tentatives infructueuses. Le 21 août 2019, les législateurs ont classé le dossier en ouvrant du coup la voie à des controverses énormes autour de cette affaire. Dans l’opinion publique, les points de vue sont partagés.

Depuis plusieurs semaines, cette demande formulée par les députés de l’opposition défrayait la chronique. À deux reprises, cette fameuse séance a été mise en continuation par le président de la Chambre des députés. Le 21 août 2019, les parlementaires de la Chambre basse ont finalement dit leur mot en désapprouvant cette requête du bloc minoritaire au profit du locataire du Palais national.

La décision est prise. Cependant, les opinions sont partagées sur l’issue de la séance. Du côté de la Présidence, ce n’est que la conclusion d’une simple formalité. Jude Charles Faustin, contrairement à ce que pense l’opinion publique, affirme que la Présidence n’a, à aucun moment, été inquiété. À son avis, il s’agissait d’une démarche chicanière des députés de l’opposition qui pour justifier une année législative galvaudée. D’après l’ancien député, le dossier est dorénavant clos tout en saluant l’effort des législateurs, en particulier ceux de la majorité.

D’un autre côté, le conseiller invite les députés à se fixer, pour l’heure, sur la séance prévue pour le 23 août afin de voter la Déclaration de politique générale du Premier ministre nommé, Fritz William Michel. Aussi dans cette veine, il lance un appel solennel à toutes les forces vives de la nation pour qu’elles se réunissent autour d’une même table en vue de vider les contentieux et repartir sur de nouvelles bases. C’était aussi l’occasion pour lui de rappeler aux députés leur maigre bilan qu’ils peuvent améliorer s’ils se mettent au travail malgré la pression du temps.

S’il est vrai qu’il a tressé des lauriers au Bureau qui a fait, à son avis, œuvre qui vaille. L’opposition, quant à elle, s’inscrit dans un autre registre en clouant au pilori le Bureau de la Chambre des députés. Membre du bloc minoritaire, le député de Cabaret, Joseph Manès Louis, qualifie de séance de honteuse. Il parle de vote de la corruption et de mascarade parlementaire.

« Je condamne l’attitude affichée par le vice-président de l’Assemblée nationale, il n’a fait preuve d’aucun respect à l’égard des députés. Nous sommes déboussolés et, malgré cela, nous n’allons pas décourager dans cette bataille que nous déclenchons contre Jovenel Moïse, symbole de la corruption, et le système dans son ensemble. C’est malheureux d’avoir aux timons des affaires ces sous hommes qui ont vendu leur conscience », fustige le parlementaire qui reproche au Bureau et à son président d’avoir violé les règlements intérieurs de la Chambre basse.

Opposant farouche au pouvoir en place, Antonio Cheramy enfonce le clou. Contrairement au député Manès, le sénateur, reproche au Bureau de violer volontairement de la Constitution. Selon le membre du secteur démocratique et populaire, le président Bodeau a décidé de donner la préséance aux règlements internes par rapport à la Constitution. « C’est un vaste désordre que le Bureau vient d’organiser et, à mon avis, les membres du Bureau ne sont pas à la hauteur. Suite à cette catastrophe, ils ont sali leurs réputations », reproche le sénateur de l’Ouest, arguant que le dossier n’est pas encore clos, tout appelant dans la foulée la population à en prendre acte.

Le directeur exécutif du Réseau national des droits de l’homme (RNDDH), Pierre Espérance, n’a ni encensé le Bureau ni salué le courage des députés accusateurs. Selon ses dires, tout était prévisible. La séance n’a été autre qu’une mise en scène conçue et par la majorité et par la minorité. Il s’agissait, à son avis, d’une stratégie pour freiner l’élan de la mobilisation. Selon le militant des droits de l’homme, l’issue de la séance prouve à quel point les députés sont attachés à leur poste qu’ainsi qu’aux privilèges qui en découlent.

Daniel Sévère



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