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Quid des élections prévues pour le mois d’octobre 2019 ?

Quid des élections prévues pour le mois d’octobre 2019 ?








Alors que le pays vit une situation politique compliquée depuis des mois, les mandats de certaines autorités, dont les maires, les députés et un tiers du Sénat, arrivent à terme à la fin de cette année. À environ trois mois de l’échéance constitutionnelle pour réaliser les élections pour le remplacement de ces élus, aucun préparatif n’est encore mis en branle pour la tenue de ces joutes électorales. L’incertitude plane sur les possibilités de réalisation de ces élections.

Au dernier dimanche du mois d’octobre, selon la Constitution haïtienne, devraient avoir lieu les élections législatives pour le renouvellement des députés de la Chambre basse, un tiers du Sénat et les maires des différentes communes du pays. Ces joutes électorales, qui s’inscrivent dans le cadre du renforcement de la démocratie dans le pays, doivent favoriser l’alternance démocratique avec la prise de fonction d’autorités élues et légitimes émanant de la volonté de la population haïtienne à travers les répartitions des entités administratives respectives. À l’approche de la date constitutionnelle pour l’organisation de ces élections, le Conseil électoral provisoire (CEP) peine encore à trouver les provisions légales pour faire fonctionner le système électoral haïtien, dysfonctionnel après la tenue de chaque organisation d’élection sur le territoire national.

Eu égard à la réalité sociopolitique et économique actuelle du pays, la question d’élection pour le mois d’octobre risque d’être reléguée au second plan. Pas de gouvernement légitime depuis des mois, l’État haïtien fonctionne dans la tourmente des grèves et dans l’incapacité de prendre de grandes décisions pouvant aider le pays vers le progrès. Le pouvoir législatif fait peu de cas de la loi électorale nécessaire et indispensable pour l’activation de la machine électorale. En outre, les finances publiques ne sont pas en une situation de bonne grâce à cause des différents mouvements de mobilisation qu’a connus le pays et les grèves des employés des institutions qui sont chargés de collecter les impôts et les taxes pour l’État.

L’incertitude profonde exprimée sur la tenue de ces élections

Tandis que la fermeture de la liste électorale devrait se faire en ce mois de juillet soient 90 jours avant le scrutin, même la loi électorale n’est pas encore disponible pour les conseillers électoraux. En conséquence de ces retards et de la conjoncture, plusieurs acteurs politiques et de la société civile ont exprimé leurs inquiétudes quant à la tenue de ces joutes électorales qui consolideraient le pouvoir législatif et les tenants de la gouvernance locale. Entre autres, certaines organisations comme la Fondasyon Je Klere (JKL), l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la Démocratie (OCID) et l’Organisation citoyen pour un nouvel Haïti (OCNH) ont révélé qu’il est matériellement impossible de réaliser les élections en octobre 2019, comme cela est prévu. Elles estiment que la situation sociopolitique, les problèmes d’insécurité, le budget inexistant, les irrégularités dans le renouvellement des cartes d’identification nationales et l’absence de loi électorale sont des problèmes majeurs pouvant empêcher sérieusement la tenue des élections.

Déjà, depuis le mois de mars, le président du Sénat, Carl Murat Cantave, a avoué que : « parler d’élections en octobre 2019, c’est faire référence à quelque chose de fictif ». Pour soutenir ses allégations, le sénateur de l’Artibonite a relaté la crise sociopolitique et économique, l’insécurité dans les différents quartiers, le budget des élections qui est inscrit au budget de l’exercice 2018-2019, et qui n’est toujours déposé au Parlement, l’absence de cadre légal (loi électorale et organique du Conseil électoral provisoire). Au-delà de toutes ces considérations, le président du Sénat a fait savoir que le pays aurait besoin d’au moins une année pour préparer de bonnes élections.

D’un autre côté, des responsables de parti politique ont partagé leurs avis sur la possibilité de la tenue d’éventuelles élections au cours de cette année. De nombreux acteurs croient que les conditions ne sont pas favorables et qu’il faudrait tout revoir et faire un retour à la Constitution. Sans langue de bois, Clarens Renois, secrétaire général du parti Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (UNIR Haïti) et Camille Chalmers, porte-parole du parti Rasin Kan Pèp la, ont déclaré que tous les indicateurs démontrent que les élections ne sont pas réalisables dans le pays durant cette année.

Même si le président de la République, Jovenel Moise, reste toujours accroché à l’organisation des élections à la date prévue, cependant, le budget est entre les mains de l’Exécutif depuis plusieurs mois et le projet de loi électorale est au Parlement. Ne pouvant pas mettre en marche les processus adéquats pour faire avancer l’appareil électoral, les conseillers électoraux se livrent dans un mutisme obligé. À moins de trois mois de la date prévue pour l’organisation de ces joutes, le CEP ne pipe mot pour confirmer si c’est possible ou pas.

Toutefois, le climat politique ne se montre pas favorable à la tenue de ces joutes électorales. En fait, la scène politique annonce très controversée pour la fin de l’année, puisque l’alternance démocratique est dans l’impasse. Et, si ces élections n’arrivent pas à se réaliser cette année, l’on ne sait pas quand elles vont pouvoir se tenir.

Woovins St Phard



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