S'identifier Contact Avis
 
26° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Opposition : division et coup de mou

Opposition : division et coup de mou








L’opposition en Haïti est fragmentée, morcelée, pour mieux dire inexistante. Personne au sein de la population n’a l’intention de suivre ces soi-disant leaders de l’opposition au pouvoir en place qui ne peuvent pas s’unir de façon à proposer une alternative viable au pays. Cette réalité fait l’affaire des hommes et femmes de l’équipe au pouvoir qui, eux aussi, ne jouissent pas trop de l’estime de la population.

Dans l’idée de pousser Jovenel Moïse à la démission, le pays a connu entre 7 et 17 février dernier, un mouvement baptisé « pays lock ». Orchestré par divers partis politiques de l’opposition, ce mouvement a occasionné l’augmentation du coût de la vie et le rejet d’Haïti sur la carte touristique mondiale. Pourtant, c’était loin d’être l’attente de la masse défavorisée qui, actuellement, fait les frais des dérives du pouvoir et de l’opposition. À présent, l’opposition se prépare à relancer le 29 mars prochain, d’autres séries de manifestations visant à capoter le régime en place. Mais cette opposition, a-t-elle la capacité de renverser un pouvoir ?

L’opposition annonce que le pays sera à nouveau en ébullition à partir du 29 mars. Dans quel objectif ? Pour renverser le régime en place et combattre le système, selon les déclarations des leaders de l’opposition. Mais, comment une opposition fragmentée, morcelée, une opposition inexistante rongée par la division interne arrivera-t-elle à combattre ce système et renverser le pouvoir en place ? Face à un chef d’État qui s’accroche à son pouvoir et qui est prêt à tout donner pour le garder, une équipe divinisée n’a aucune chance de remporter une victoire. Que ce soit le secteur démocratique, la plateforme Pitit Dessalin et le parti Fanmi lavalas de l’aile dure ou du moins les autres partis de l’opposition modérée, chaque structure agit à sa guise.

Toutes ces structures politiques ont déjà fait une proposition de sortie de crise les unes plus incohérentes que les autres. Mais ces dirigeants ne manifestent aucun désir de s’unir et de mener la lutte ensemble. Pourtant, ils font croire qu’ils ont des objectifs en commun. Le départ de l’équipe au pouvoir et le changement du système en place. À moins que ce soit un jeu de ruse. Toutefois, il est tout à fait nécessaire de se questionner sur la finalité de la tentative d’unification du secteur de l’opposition. En avril 2018, le secteur démocratique et populaire, la Plateforme Pitit Dessalin et plusieurs autres structures politiques, dont ODEP-Haïti, s’étaient mis d’accord sur la nécessité de converger les actions et de mener la lutte ensemble.

Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Qu’est-ce qui est à la base de cet échec, alors qu’un accord a été déjà signé entre les différentes parties de l’opposition au pouvoir en place pour l’unification du secteur ? Dans le cadre de ce projet, des discussions ont été portées sur les divergences ayant occasionné la division au sein du secteur. Des parties voulaient la cohabitation avec le pouvoir en place. D’autres, au contraire, voulaient le départ sans condition du chef de l’État, et des élections anticipées. Mais, de tous ces soucis, la question du leadership de l’opposition a été le plus grand.

Si une bonne partie de la population voit en Moïse Jean-Charles le principal leader de l’opposition, les hommes du secteur démocratique et populaire ne le voient pas de cette manière. Et de là, les négociations entre les hommes de ce secteur qui voulaient se refaire une santé s’étaient interrompues. Aujourd’hui encore, ils sont à couteaux tirés. Quand Moïse Jean- Charles lance un appel pour une manifestation, les hommes du secteur démocratique font tout pour le boycotter. Et, le leader de Pitit Dessalin n’a jamais raté l’occasion de leur rendre la réciprocité. Ils se divisent sur la réalité du pays après l’ère de Jovenel Moïse. Ils n’arrivent pas à s’entendre sur qui doit diriger au cas d’un éventuel départ du chef de l’État.

Pour l’instant, l’opposition ne fait que concéder défaite après défaite dans le cadre de la lutte pour le renversement du régime actuel. Ils ne peuvent réussir aucune manifestation si ce n’est pas la population qui décide de manifester leur désaccord face aux décisions impopulaires du pouvoir en place. Ils ont déjà essuyé au moins cinq défaites en appelant le peuple à soit manifester, soit à observer un mot d’ordre de grève. Leur tentative de relancer l’opération « pays lock » a échoué à plusieurs reprises. Et quand cela arrive, ils déclarent n’avoir jamais lancé un appel à la mobilisation. Ces hommes de l’opposition au pouvoir en place prennent le malin plaisir à se livrer bataille au lieu de faire front commun pour offrir une alternative plus ou moins viable au pays.

Entretemps, l’administration de Jovenel Moïse, de concert avec des parlementaires sans convictions et profils nécessaires au poste, profite de leur incapacité à soulever la population afin de continuer à enfoncer le pays dans l’abîme, le livrer aux institutions de Breton Woods, et satisfaire leur proche au détriment de la communauté, et ceci, en toute tranquillité.

Evens REGIS



Articles connexes


Afficher plus [5817]