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Port-de-Paix : l’aide de la discorde

11 octobre 2018, 9:53 catégorie: Actualité5 908 vue(s) A+ / A-

Rencontre du comité directoire de la Fédération nationale des CASEC (FENACA) avec ses différents membres au niveau du département du Nord-Ouest.

 

Lors d’une visite au niveau du département du Nord- Ouest, le comité directoire de la Fédération nationale des CASEC (FENACA) s’est entretenu avec ses différents membres au niveau du département. C’était l’occasion pour les membres du comité de lancer un plaidoyer pour la gestion de l’aide post-séisme.

Cette rencontre est inscrite dans le cadre des actions de solidarité entre la FENACA et ses membres en difficultés, selon les déclarations de Paul André, le chef de la délégation. « Nous avons constaté que les CASEC font partie de la liste des victimes. Plusieurs d’entre eux ont leurs maisons détruites », a fait savoir le président de la FENACA.

En vue de répondre aux besoins des victimes du tremblement de terre dans le Nord-Ouest, la Fédération nationale des CASEC estime que les membres des collectivités territoriales devraient avoir à leur disponibilité des matériels de construction, des kits alimentaires et hygiéniques et de l’eau potable. En ce sens, le président de FENACA lance un appel à l’aide, non seulement à l’État central, mais aussi aux ONG, aux hommes politiques, au secteur privé des affaires, etc.

M. André rejette l’idée que l’aide soit passée par les membres de la Protection civile. Il plaide pour que ce soit les CASEC qui gèrent l’aide en raison du fait qu’ils sont plus proches de la population. Parallèlement, au terme de cette rencontre, M. André promet de frapper au plus haut niveau pour obtenir la gestion de l’aide.

Le Casec a indiqué qu’il n’a pour l’instant aucune solution aux problèmes, il promet de contacter, rapport en main, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) qui était lui-même en visite dans le Nord- Ouest dans les jours passés afin d’obtenir les moyens nécessaires pour mener des interventions. Le président de la FENACA confie être très préoccupé par les fardeaux des CASEC du Nord- Ouest, dépourvu de moyens et qui pourtant doivent porter main forte aux paysans victimes du séisme du 6 octobre dernier.

Par ailleurs, le président de l’Association des CASEC pour un nouveau Nord-Ouest (ACNNO) en a profité pour dénoncer la façon dont l’aide commence à être distribuée. « Quand la population est frappée d’une catastrophe naturelle quelconque, l’aide reste concentrée au centre-ville, les paysans dans les sections communales ne bénéficient de rien », a-t-il souligné.

Pour sa part, le coordonnateur des CASEC de la troisième section Damé de la commune du Môle Saint-Nicolas, Cinéus Lucner, déplore le fait qu’environ cinq jours après l’événement, il n’a reçu ni aide ni visite des hautes autorités. Cette situation est valable aussi pour Bion, Chansolme, etc.

« Depuis après l’événement, les gens ne cessent de faire des va-et-vient chez nous. Malheureusement, nous n’avons rien pour les aider », a déclaré Mme Jonassaint Joseph Lumose, l’un des membres de CASEC de cette section. Toutefois, l’élue locale veut continuer à espérer. « Nous attendons avec impatience les interventions du Gouvernement haïtien, des ONG et autres. Car les paysans, dont les maisons sont endommagées, ont nulle part pour se reposer », a-t-elle fait savoir.

Notons que les activités, au sein des institutions publiques, fonctionnent au ralenti à Port-de- Paix. Le complexe administratif logeant la majorité des services publics est gravement fissuré. Certains responsables des directions départementales essaient même de trouver d’autres endroits pour reloger leurs services, en attendant les travaux de réparation dans les locaux de ce bâtiment. Les activités scolaires sont jusqu’à présent dans l’impasse, à cause de, non seulement l’endommagement de certains bâtiments, mais aussi de la psychose de peur qui a envahi la communauté.

Marc Edy Ossam

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