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Une politique axée sur la restructuration du système

19 mars 2017, 10:01 catégorie: Actualité2 173 vue(s) A+ / A-

Le système éducatif est en piteux état. Les résultats des examens officiels, notamment le baccalauréat (traditionnel ou permanent) sont très critiques. Le pourcentage d’élèves ayant réussi n’excède pas la barre de 50 %. Les établissements scolaires foisonnent partout à travers le pays. Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) semble se révéler impuissant face à certains de ces établissements ne remplissant pas certaines fois les conditions requises par le standard international. Face à cette situation, le Premier ministre Jack Guy Lafontant, bénéficiant du vote du Sénat de la République, s’engage à mettre en place une politique axée sur la modernisation de cet appareil.

L’amélioration du système éducatif constitue la trame de l’énoncé de politique générale du Premier ministre (nommé), Jack Guy Lafontant. Elle revient à restructurer l’école, définir les priorités et engager systématiquement l’État au niveau du préscolaire, du fondamental et du secondaire. À la première étape, la politique éducative du gouvernement Jack Guy Lafontant consistera à fournir un meilleur encadrement aux enfants à l’école fondamentale. Celle-ci, affirme le Premier ministre, sera présente dans toutes les sections communales du pays. Un contrôle sera exercé sur le processus de socialisation. Les établissements seront dotés de ressources humaines qualifiées et compétentes. « Mon gouvernement s’engage à augmenter de façon significative le nombre d’établissements du préscolaire et du fondamental. Ce, en vue d’encourager la mixité sociale à l’école, définir un programme éducatif adapté avec les réalités (sociales, économiques et politiques) du pays ».

Autre élément important pour le Premier ministre est la question de la scolarisation universelle. L’accès à l’école doit être garanti à tous les enfants du pays de la première à la neuvième année fondamentale. Un des faits marquants, alors que la taille de la population est estimée à environ 12 millions, Jack Guy Lafontant a fait savoir que la population scolaire est évaluée à environ 7 653 622 élèves pour un total de 36 467 établissements recensés. Ce qui fait qu’un établissement peut accueillir en moyenne près de 2 098 écoliers. « L’État veut être désormais la principale offre à la demande de la population dans le domaine de l’éducation ».

En dépit de ce chiffre faramineux, le prétendant à la primature constate que l’accès des enfants à l’école représente un lourd fardeau pour les parents. À titre d’exemple, il a cité une étude réalisée par le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) et du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) durant l’exercice académique 2013-2014. Celle-ci montre que l’État a pris en charge environ 1 301 872 enfants sur 6 006 034, soit 21.67 %. Un des facteurs à la base de ce problème est le foisonnement des « écoles » dans le pays. Et l’enseignement n’est pas confié à des personnels qualifiés et dans des lieux adéquats. Il en veut pour preuve les résultats des examens officiels et la difficulté des élèves à poursuivre leurs études postsecondaires.

 Pour remédier à ce problème, le Premier ministre dit s’engager, entre autres, à équiper, à réformer, à revaloriser et à adapter l’offre scolaire à la demande par la mise en confiance de tous les acteurs évoluant dans le secteur. Une démarche qui passera par un ensemble d’actions de restructuration à caractère national et durable en vue d’uniformiser et de standardiser les programmes d’enseignement. À ce titre, il a annoncé l’introduction de deux nouvelles disciplines dans le curriculum du fondamental et du secondaire : le sport et l’écologie.

L’implémentation du nouveau secondaire

 C’est dans cette optique que l’État procèdera à la création de dix lycées de référence dans les dix départements du pays. Ces institutions, précise Jack Guy Lafontant, auront la mission d’encourager l’excellence académique. Ce, en vue de rehausser le système d’enseignement secondaire et professionnel. Leur capacité d’accueil s’étendra de 3 à 4 000 élèves dans des enseignements généraux, technologiques et professionnels. Ils seront dotés d’un plateau technique minimum alimenté par des petits systèmes d’énergie solaire en vue de favoriser la mise en place des programmes de formation continue, technique et professionnelle destinés à l’intention des jeunes des différentes communes du pays.

La langue ne doit pas être négligée dans cette dynamique. Le Premier ministre a été formel là-dessus. Il entend développer un réel partenariat avec l’Akademi Kreyòl Ayisyen (AKA) et la Faculté de linguistique appliquée (FLA) sur la problématique de la langue d’enseignement dans le pays. Mis à part le créole et le français, il a annoncé toute une série d’actions visant à permettre aux jeunes enfants de s’exprimer en anglais et en espagnol. Il s’agit d’une démarche visant à rendre la jeunesse plus compétitive et performante sur le plan régional et international. À son avis, cette politique éducative axée sur l’excellence consistera en l’octroi de récompenses et de distinctions aux enseignants et aux élèves les plus méritants. Les enseignants vont intégrer le système sur concours.

Par ailleurs, Jack Guy Lafontant a annoncé la mise en place d’une commission technique de haut niveau. Dotée d’un mandat de six (6) mois, cette structure aura la mission de préparer un plan global de modernisation du secteur de la formation professionnelle. Elle s’occupera de la création d’un Centre d’apprentissage des métiers (CAM) dans les différents départements du pays, en reconnaissant le statut du maitre-apprenti. Elle se chargera également de la création d’un point d’informations sur les métiers dans chaque lycée de la République et facilitera l’orientation des jeunes vers ces filières à partir de l’âge de 14 ans.

 La Validation des acquis de l’expérience professionnelle (VAEP) est un autre élément crucial pour le Premier ministre. À son avis, elle constitue une opportunité offerte aux actifs non diplômés sur le marché du travail de progresser dans leur carrière professionnelle. La formation par le travail est une réalité du monde d’aujourd’hui. Fort de cette considération, il exhorte le Parlement à voter le projet de loi portant validation des acquis de l’expérience professionnelle à l’étude par la Commission éducation de la Chambre des députés.

À en croire Jack Guy Lafontant, le pays ne peut se développer sans un enseignement supérieur de qualité. Il croit que l’université doit être réorganisée et redéfinie. Il appelle les députés et sénateurs à voter les trois projets de loi relatifs à l’enseignement supérieur déposés au Parlement en brandissant les articles 211 et 212 de la Constitution. Projet de loi portant organisation, fonctionnement et modernisation de l’enseignement supérieur; celui de la loi organisant l’Agence nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (ANESRS) et celui établissant le service social obligatoire pour les étudiants des universités bénéficiant du financement public. Aussi a-t-il souligné la nécessité de faire un état des lieux de la situation de l’enseignement supérieur en vue de poser le problème de la capacité d’accueil de l’Université et celui relatif aux conditions de travail du personnel des universités.

 Reynold Aris

 raris@lenational.ht

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