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Plaidoyer pour une diaspora haïtienne plus affirmative dans la gestion de l’urgence haïtienne !

09 août 2018, 9:35 catégorie: Tribune9 158 vue(s) A+ / A-

Cet article est le premier d’une série que je souhaite publier sur la diaspora haïtienne. Il est tiré de mon livre titré : “Plaidoyer pour une Diaspora haïtienne plus affirmative dans la gestion de l’urgence haïtienne.” Ici, j’expose une partie de l’introduction du document qui offre, en premier lieu, une vue générale et académique de la situation socio-économique de la République d’Haïti et en second lieu, une succincte évaluation de la potentialité socioéconomique et politique de la diaspora haïtienne.

À l’heure où les turbulences politiques se multiplient à l’Est, où la compétition entre les grandes puissances les isole dangereusement, où la directrice de la Banque mondiale, Mme Christine Lagarde parle à la fois de « l’épée (de Damoclès) du protectionnisme 5» et de l’expansion du globalisme, les pays pauvres qui vivent de la générosité des pays riches souffrent d’un profond malaise économique, puisque leur existence dépend de l’équilibre politique mondial. Dans ce marasme, Haïti est l’un des pays les plus affectés et s’enfonce davantage dans le sous-développement et la pauvreté extrême. L’aide externe ne fait que la soutenir jusqu’à ce qu’elle passe de vie au trépas.

La situation socioéconomique d’Haïti

« Selon l’UNICEF, Haïti est le pays le plus pauvre de l’Hémisphère occidentale et pour le Wall Street Journal, « le pays le plus pauvre de la planète» ayant 80 % de la population qui vit sous le seuil de la pauvreté, 54% dans un état de pauvreté extrême (moins d’un dollar par jour). Taux de chômage : 65 % 6. »

« Près de 96 % 7 de la population est confrontée à deux aléas majeurs, indépendamment de son appartenance sociale et sa position géographique. Avec une population de plus de 10 millions d’habitants, Haïti a la plus forte densité de population dans la région (soit 353 personnes au km2) et reste le pays de l’hémisphère occidentale avec un indice de développement humain le plus bas (IDH= 0,471 : soit 149e sur 179 pays. Près de 78 % de la population vit au-dessous du seuil de la pauvreté absolue et 58 % dans une pauvreté extrême 8. La disparité économique est élevée : 63 % de la richesse du pays est entre les mains des plus riches qui représentent 20% de la population, tandis que les plus pauvres, 40% de la population, ont accès à seulement 9 % de la richesse 9. » « Près de 40 % de la population souffre de l’insécurité alimentaire, dont 1,5 million en état sévère 10.

« En 2008, les catastrophes naturelles en saison cyclonique ont causé des dommages évalués à près d’un milliard de dollars US, ce qui équivalait à 15 % du PIB. Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,2 a fauché 228, 000 personnes, en a blessé 400,000, en a déplacé 1,5 million et a balayé l’infrastructure de la capitale politique et économique du pays, son économie et son tissu social. Le séisme a aussi causé des dommages d’une valeur estimée à 7,804 milliards de dollars US, occasionnant une contraction du PIB de 5,5 %11. »

« Il y a plus de six ans, le choléra a fait son apparition dans une région rurale épargnée par le séisme et s’est répandu rapidement dans tout le pays, dépassant les 455,293 cas hospitalisés et 9,155 décès entre octobre 2010 et mai 2012 12.»

« Ces cinq dernières années, le pays a aussi essuyé de nombreuses tempêtes, dont l’ouragan Sandy, et subi le fardeau écrasant de la sécheresse et du déficit pluviométrique dans des régions agricoles clés du à la persistance du phénomène El Nino. En outre, les conséquences du changement climatique sont déjà présentes. Une étude récente de la Banque mondiale prévoit que « L’impact du changement climatique en Haïti devrait se traduire, à terme, par une réduction de plus de 50% des précipitations et une augmentation des températures moyennes de près de 40 C à l’horizon 2080-209913. »

Pendant les trois dernières décades, presque tous les cinq ans, Haïti est frappée de catastrophes naturelles : cyclones, épidémies, tremblement de terre. Aujourd’hui, certaines régions du pays, comme la Grand’Anse, sont menacées de famine : là-bas, « des Haïtiens vivent dans des caves comme au temps préhistorique, mangeant des plantes empoisonneuses ». Selon AHP 7.5 millions d’Haïtiens vivent sans électricité14.

Ces statistiques accablantes ne sont pas nouvelles, puisqu’une littérature abondante de la crise haïtienne existe depuis des décades. Et bien qu’elles soient contestables à certains égards, ces données attirent notre attention sur un pays au bord du gouffre et secoué de temps en temps par des turbulences socioéconomiques et politiques, mais maintenus malgré tout par une main invisible.

Que s’est-il passé au pays qui fut jadis la plus riche colonie du monde ? La pluie a-t-elle cessé d’être généreuse ? Le soleil a-t-il fermé les yeux sur nos rizières et sur nos coteaux ? Les rivières se sont-elles taries ? La terre est-elle devenue stérile ? Où sont passés les petits-fils des preux qui ont créé la première République noire ? Qu’avons-nous fait pour en arriver là ? On s’accuse, on se condamne ; on se lamente ; et comme du calalou, notre beau pays peu à peu se glisse entre nos doigts et se noie lentement sous nos yeux. Quelles sont les causes de cette tragédie ?

Ces questions ne datent pas d’hier non plus : Claude Moise et Emile Ollivier (1992) nous rappellent que depuis « Au XIXe siècle, hommes politiques et écrivains s’interrogeaient sur les causes de nos malheurs …avec autant d’incertitude qu’en 1992 nous tâtonnons à la recherche d’une voie de sortie du « cercle de malédiction15 ». Et, aujourd’hui encore, toujours dans la forêt et surpris par la mondialisation, nous cherchons à l’aveuglette une percée socio-économique.

L’objet de cet article n’est pas de discuter des causes du chavirage de la barque haïtienne, mais une sorte de plaidoyer pour une diaspora haïtienne plus solidaire dans nos pays d’adoption et plus participative dans la gestion de l’urgence haïtienne; car aujourd’hui, les membres de la diaspora haïtienne sont éparpillés dans le monde par de millions petits morceaux, et sa force se dissipe en indifférence, quand Haïti est plus que jamais en danger d’annihilation. Les cris de nos frères et soeurs résonnent sans distorsion dans nos oreilles pendant qu’une cynique insouciance garde certains de nos leaders dans l’orgueil de ne pas demander du secours de la diaspora haïtienne, de ne pas se soucier à trouver des moyens pour aider ceux qui vivent à l’étranger, à la structurer afin de la transformer en une vraie force socioéconomique.

En ce qui a trait aux causes de la misère haïtienne, nous référons nos lecteurs aux livres d’André-Marcel d’Ans, Haïti, Paysage et Société, de Carlo Désinor, Haïti, La Tragédie des libertés, et de Claude Moise et Emile Ollivier, Repenser Haïti, Grandeur et Misères d’un Mouvement démocratique, pour s’informer sur les causes classiques de la situation actuelle d’Haïti. Car ce serait trop simpliste, en essayant de répondre à la question, de ne pas tenir compte des déterminants situationnels et historiques de cet État, et de taxer nos leaders d’hier et d’aujourd’hui d’incompétents : nous en avons connus qui sont surqualifiés, diligents et bien éveillés. Démissionnaires ? Peut-être ! Puisque certains parmi eux semblent nous dire : « Nous n’y pouvons rien. Ne nous tracassons pas ! Les autres nous aideront ! Ce pa mwen k pou chanje peyi a : Haïti est le produit d’un passé de ruines, de violences, de catastrophes naturelles, de révolutions, et de complots ». À ces derniers nous objecterions que, si nous n’avons pas le contrôle du passé, nous avons par contre, aujourd’hui celui du présent, et, en quelque sorte, celui du futur. Nous avons le pouvoir de nous transformer pour nous rendre aptes à assumer notre responsabilité de peuple libre et pour prendre en main notre destinée. Nous avons les ressources nécessaires pour gérer les aléas, la diligence pour nous préparer à les affronter, l’intelligence pour mettre en place des structures adéquates afin de diminuer leur impact négatif dans nos vies ; nous avons l’humilité et l’amour qui nous poussent à chercher le bien-être de nos compatriotes.

Nombreux sont ceux d’entre nous qui déclarent avec une certaine arrogance que le salut d’Haïti est entre les mains de la diaspora haïtienne : « elle est pleine de ressources et se montre étrangère au mal-être de l’intérieur », avancent-ils. Vraiment ? Sur quelles bases tient une telle assertion? Comment peut-on prouver une pareille déclamation ? C’est illusoire de vouloir faire de la diaspora haïtienne une force salvatrice pour Haïti sans tenter auparavant de coller ses miettes éparses, sans s’efforcer à consolider ses forces résiduelles. Comme l’une de ses raisons d’espérer, Bob Nérée(2009) a remarqué l’intérêt des Haïtiens à l’étranger 16 dans l’avenir d’Haïti. Mais d’autres, pessimistes et frustrés, objectent que la diaspora haïtienne n’a rien à voir avec Haïti : ils ont leurs propres difficultés à surmonter et le climat d’injustice, d’hostilité et de la corruption endémique d’Haïti décourage quelques-uns des plus patriotiques parmi eux.17 (Interviewé). Il est évident donc que nous cultivons une attitude mitigée vis-à-vis de la diaspora haïtienne : tout le monde n’a pas le même degré de confidence en cette diaspora ; et il y en a même qui demeurent sceptiques quant à sa potentialité. Cependant, qu’on l’accepte ou pas, la crise haïtienne interpelle le concours urgent de tous les Haïtiens : mulâtres ou nègres, lettrés ou illettrés, pauvres ou riches, ou diasporas. Aujourd’hui, nous sommes estimés à environ plus de 5 millions d’Haïtiens vivant à l’étranger et 11 millions en Haïti: nous sommes donc tous responsables de la chute et du relèvement du pays quelles que soient les raisons de sa faillite. Il n’appartient pas aux étrangers de nous prendre en charge, de donner à manger à nos enfants, et de les éduquer ; de prendre soin de nos malades et de nos pauvres, et de reconstruire notre pays, mais à nous, Haïtiens, petits-enfants d’anciens esclaves, légitimes héritiers de cette partie du globe terrestre de 27,750 km2, héritage de nos ancêtres.

La diaspora haïtienne d’aujourd’hui

Qu’est-ce qu’une diaspora ? 1) Selon la principale définition que nous propose Le Petit Larousse, une diaspora est : « l’ensemble des membres d’un peuple dispersés à travers le monde, mais restant en relation.» C’est-à-dire particulièrement pour la diaspora haïtienne elle n’existe pas seulement aux États-Unis, au Canada, en République dominicaine, ou en France, mais à travers le monde. Aussi, étant un ensemble, elle ne saurait être représentée officiellement par une communauté régionale, un groupe, une organisation, ou pire encore, un individu, sans une certaine délégation de pouvoir. Dans son ensemble, elle est une force par la corporation et par la solidarité internationale ; en dehors de son « ensemble », elle se dégrade en groupes isolés et vulnérables: outils de dissension et de déstabilisation ; 2) En Haïti, le sobriquet diaspora est un surnom donné par dérogation aux Haïtiens vivant à l’étranger. La Diaspora est formée de communautés. À certains égards, les mots, communauté, communion, et communication, sont relatifs, puisqu’ils proviennent du mot latin communis qui signifie : commun. Les communautés de la diaspora haïtienne ont : « leurs leaders politiques, militants, associations, commerces, églises, chauffeurs de taxis, émissions radiophoniques, magazines, leur annuaire communautaire, leurs restaurants, leurs maisons de transferts, leurs disquaires, leurs activités culturelles, littéraires, politiques… 18.» Donc, ces communautés devraient s’unir pour communier, communiquer, et mettre en commun leurs forces, afin de se transformer en un véritable outil de développement pour s’entraider et contribuer effectivement au relèvement socioéconomique d’Haïti. Ici nous n’avons pas l’intention de retracer une histoire de la migration haïtienne à travers le monde. Nous dirons plutôt, qu’il est probable que les prémices de la diaspora haïtienne fussent semées en terre étrangère bien avant que Jean Baptiste Pointe du Sable mît les pieds sur Peoria, en 1770 19, que le grand philanthrope catholique, Pierre Toussaint, commençât son oeuvre à New York en 1787, qu’Anténor Firmin prît le chemin de l’exil pour St-Thomas en 1902, et Nord Alexis, pour la Jamaïque en 1908. Ce que nous visons, par contre, c’est d’inventorier les principales composantes de la diaspora haïtienne contemporaine, évaluer ses forces et ses faiblesses dans sa relation avec Haïti, et suggérer des orientations à prioriser, pour la rendre vraiment une force socio-économique et politique.

La Diaspora haïtienne contemporaine

Un pas en arrière nous permettrait de jeter un coup d’oeil rétrospectif sur les deux dernières générations d’Haïtiens qui ont laissé Haïti pour aller vivre à l’étranger. Similairement, pendant les derniers trois quarts de siècle, la société haïtienne a connu deux grandes turbulences sociopolitiques ; la première fut alimentée par la période duvaliérienne de 1957 à 1986 où des Haïtiens, chassés par le climat de dégoût, de persécution politique, de la peur et de la pauvreté, ont abandonné l’ile en masse. Cette période fut si proéminente dans le flux migratoire haïtien qu’on plaisante encore aujourd’hui que c’est le Dr François Duvalier qui a inventé la diaspora haïtienne, et qu’il aurait même prédit un certain retour « des retournés qui devraient sauver Haïti. » La deuxième turbulence, post-duvaliérienne à nos jours, où les crises politiques et économiques, la mauvaise gestion des ressources humaines du pays, et l’insécurité les ont forcés à fuir. Ainsi arrivent-ils aux pays d’accueil par des voies diverses : avions, bateaux et bois fouillés, pour se regrouper, en familles, parfois, en associations professionnelles, organisations à but lucratif ou non lucratif, congrégations religieuses, et groupes culturels.

La Diaspora haïtienne : une force sociopolitique

Dans nos tentatives d’explorer la démographie des communautés haïtiennes dans le monde, nous sommes en droit de nous accorder une marge de cinquante pour cent (50 %) de plus sur les statistiques officielles afin de nous rapprocher de la réalité. Car, dans un temps où il devient presque impossible de savoir exactement le nombre d’Haïtiens vivant en dehors du pays du fait qu’il est difficile de contrôler l’immigration haïtienne et que certains Haïtiens changent de noms ou ne s’identifient pas.

Ainsi, il est dit que, d’après la cartographie des Haïtiens vivant à l’étranger du Professeur George Anglade, il y aurait environ « 4 millions éparpillés à travers 25 pays dans le monde 20 ».

En 2010, un rapport du bureau de statistique et de recensement aux États- Unis a estimé à 1 million les Haïtiens qui y vivent. Cependant, d’après une étude de la National Organization For the Advancement of Haitians (NOAH), depuis 2000, 2, 023,000 Haïtiens vivent aux États-Unis. De ces 2.023,000, 400,000 seraient en Floride, 500,000 à New York. 21

Près de 200,000 d’Haïtiens vivent au Canada, et 500,000-800,000 en République dominicaine. « Selon l’Institut National de la Statistique et des Études (INSEE), en 2008, il y avait en France métropolitaine 62,698 personnes nées en Haïti, ainsi que 21,423 enfants de moins de 18 ans nés en France et d’origine haïtienne ». D’après « les données du service de l’immigration de la préfecture de Cayenne, en 2006, les Haïtiens furent au nombre 16,106 à Cayenne française, et de 10,498 en Guadeloupe ». « En Guyane française, en 1999, l’INSEE comptait 14,143 personnes de nationalité haïtienne et 16,977 personnes d’origine haïtienne. Par recoupement, la communauté était évaluée autour de 25,000 personnes en l’an 2000 ; 1,704 à Martinique ». 22

Aux Bahamas, le Census Bureau a compté, 21,426 en 2000. Tandis qu’une autre source 23 a estimé à environ 75,000, le nombre d’Haïtiens au Bahamas, soit 25% de la population. Sans mentionner Cuba, dont le nombre d’Haïtiens serait virtuellement comparable à celui de la République dominicaine, car les deux pays sont voisins d’Haïti ; et la Belgique, la Jamaïque, les Iles Turques et Caïcos, le Mexique, Virgin Island, St-Martin, et le Brésil.

La Diaspora haïtienne est une force socio-économique non négligeable

Un simple aperçu du pouvoir sociopolitique et économique de la Diaspora haïtienne suffirait pour confirmer cette vérité. Selon la Banque mondiale, le montant total des transferts d’argent effectués vers Haïti par voies formelles totalisait $ 1.6 milliards en 2012—ce qui représentait 21% du produit national brut de la République d’Haïti.

Donc, sans exagération, avec les envois d’argent en Haïti, les transactions commerciales et d’autres apports financiers tangibles et intangibles non comptabilisés des 100,000-200,000 immigrants qualifiés pour le TPS,24 plus l’inflation, nous pouvons estimer, aujourd’hui, à $2-3 milliards le montant annuel de transferts monétaires de la diaspora haïtienne vers Haïti ; ce qui représenterait environ 31.2% du produit national brut ; et à 4-5 millions, le nombre d’Haïtiens vivant à l’étranger.

Mutation socio-économique

D’après la National Immigration Forum, plus longtemps les immigrants résident aux États-Unis, plus susceptibles sont-ils de devenir des citoyens américains des intégrés. En 1990 plus de trois-quarts (76.4 percent) des immigrants qui avaient résidé aux États-Unis pendant quarante ans s’étaient naturalisés25.

Si résider pendant quarante ans aux États-Unis était un baromètre pour mesurer le taux de naturalisation des immigrants, la majorité des immigrants Haïtiens contemporains de la première génération serait aujourd’hui des naturalisés, puisqu’ils ont vécu en terre étrangère pendant plus que quarante ans. Et, considérant la naturalisation comme l’une des indices d’une complète intégration de l’immigrant dans la société du pays d’adoption, ces immigrants auraient été moins touchés des problèmes de leur pays natal que ceux qui ont vécu moins de quarante ans, puisqu’ils manifesteraient très peu d’enthousiasme dans les affaires de leur pays d’origine.

Pourtant, pour vraisemblable que soit cette déduction, nos observations nous ont indiqué des éléments de contradiction notoires dans cette recherche. Notre survey effectué sur 50 Haïtiens et Haïtiennes vivant à l’étranger a révélé que beaucoup d’immigrants de la première génération, s’intéressent à la chose de leur pays et ne sont pas naturalisés. Parmi eux, au niveau des anciens, par exemple, on retrouve des retraités et des semi-retraités. Certains décideront de retourner dans leur pays natal, soit pour y vivre tout simplement, soit pour investir ; d’autres préfèrent rester dans leur pays d’adoption, s’improvisant ambassadeurs sans portefeuille, créant des organisations à but non lucratif pour servir leur communauté en terre étrangère, et du même coup, aider Haïti.

Cette massive érosion de la classe moyenne haïtienne en ressources humaines n’a pas manqué de contribuer significativement au progrès socio-économique, politique et culturel de plusieurs pays du continent en devenant une force productive importante dans leur société. Ici, par souci de ne pas oublier aucun des grands talents qui font la fierté de la Diaspora haïtienne, nous nous gardons de citer des noms, parce que la liste serait bien trop longue. Contentons-nous simplement de dire que : les Haïtiens vivant à l’étranger se trouvent dans toutes les sphères professionnelles des pays d’accueil dans le monde— santé, éducation, littérature, arts, économie, politique en tant que scientistes, professeurs d’université, hommes et femmes de lettres, artistes de renommée internationale, médecins, professionnels de haut calibre, politiciens, millionnaires, et des gens d’affaires à succès. La Diaspora haïtienne pouvait se vanter d’un patrimoine culturel et économique, qui n’a rien à envier à d’autres diasporas.

À continuer…

Pierre-Yves Roy, PhD.

Secrétariat Général de la Diaspora Haitien

yvesketlie@yahoo.com

5 (http://www.levif.be/actualite/ international/protectionnisme-et-elections-incertaines-en-europe-menacent-la-croissance-selon-le-fmi/article-normal-645127.html)

6 Wall Street Journal (Pays le plus pauvre de la planete) ; Plan d’action de transition (TAP), ONU 2013)

6 PNUD, Rapport national OMD 2013.

7 Rapport du PAM, 9 février 2016 La déforestation a atteint à peu près 98% du territoire et une érosion importante des sols s’en est suivie. Une étude américaine révèle que ces informations concernent uniquement les forêts primaires. Il est plutôt estimé la couverture végétale du pays a environ 20-29%.

Le Nouvelliste 14 Aout, page 15 : De Kiskeya : mais où sont passé nos arbres, une déconstruction subtile.)

http://www.banquemondiale.org/fr/ country/haiti/overview/Presentation d’Haiti, Banque Mondiale.

9 MSPP/DELR, Rapport du réseau national de surveillance du choléra, Mai 2016

10 Climat Change Knowledge Portal groupe Banque Mondiale.

11 Weiner K. Fleurimond (2003). La communauté haïtienne en France. 12 www.grahn-monde.org 13 « Le Ministère est né du souci des autorités de l’État

14 Mwen se vwa nou nan gouvernement an », « Je suis votre porte-parole au gouvernement. 15 Selon l’Agence Haïtienne de Presse (AHP), à « Santo-Domingo, 18 avril 2017- Devant des centaines de compatriotes migrants et

16 (Claude Moise et Emile Ollivier, Repenser Haiti…Grandeur et Misères d’un mouvement démocratique).

17 Bobo Nérée, La Peau des Autres

16 De son côté, le sénateur du centre, Wilfrid Gelin, un ancien membre de la diaspora des États-Unis, a plaidé pour le vote des Haïtiens à l’Etranger.

17 D. Duval. Haiti Libre, 22/04/2015

18 Wiener K. FLEURIMOND (2003). La communauté haïtienne de France, L’Harmattan, Paris

18 http://blackhistorynow.com/ jean-baptiste-pointe-du-sable)

19 McDougall Littell (2001) Houghton Mifflin Co.

20 La Bible:

21 George Bullard (2001) Russell Burrill (2002) Ministry Magazine.org,

22 Mac Pier (2016). Disruptive Gospel

23 Charles-Poisset Romain (1986). Le Protestantisme haïtien dans la Société Haïtienne (p. 226)

21 (Peace/building in Haiti Including Haitians from Abroad, Crisis Group Latin America/Caribeean Report No 24, 14 December 2007, p.3)

23 (Migration in the Caribbean : Haiti, the Dominican Republic and Beyond », Minority Rights Group International, July 2003)

( ) Paul C. Magloire (2017).

24 Ministère des haïtiens vivant à l’Étranger, 2015

26 Russell Burrill, www.. ministrymagzine.org/authors/russell burrillvia Ministry Magazine.org

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