Accueil » Culture » Pizzichetti et Haïti

Pizzichetti et Haïti

11 septembre 2017, 9:19 catégorie: Culture4 128 vue(s) A+ / A-

Artiste peintre, écrivaine et médiatrice culturelle,

Agnès Pizzichetti.

 

Artiste peintre, écrivaine et médiatrice culturelle, Agnès Pizzechetti s’inscrit dans la catégorie de quelques Européens qui tentent de créer des passerelles plus respectueuses et humanistes à partir de la culture, comme fer de lance.

En dehors de Gwenaëlle Baamara, professeure évoluant en France, qui aura beaucoup supporté la culture haïtienne, notamment des opérateurs culturels de Portau- Prince et l’École nationale des Arts (Enarts) en 2013, à la collecte des ouvrages au profit des artistes et étudiants qui fréquentent les lieux, ou de l’entrepreneur culturel Philippe Cook de l’Association des Couleurs, grand promoteur de la culture haïtienne entre 2009 et 2013, à travers les initiatives du mouvement Loray et le programme « Haïti aux 4 saisons », l’artiste et auteure Agnès Pizzichetti s’investit dans cette même démarche visant à renforcer les échanges culturels entre la France, Haïti et ira jusqu’en Afrique. Sans réinventer le commerce triangulaire, elle se sert de la culture comme pierre angulaire, elle tente de retisser les liens autour de la création.

Pizzichetti puise souvent dans la culture haïtienne ses codes esthétiques

 « En attendant de piler la terre mythique d’Haïti, elle se nourrit régulièrement de littérature et de la peinture qui portent les empreintes des principales figures contemporaines haïtiennes », nous a-t-elle fait savoir, lors de sa participation dans l’une des expositions en hommage à Haïti, réalisées sous la houlette du couple Paul et Magguy Vermande, dans le cadre des événements menés par l’organisation « Lyon Haïti Partenariat ».

De Lyonel Trouillot à Stevenson Magloire et Pasko, en passant par Louis Philippe Dalembert, Guy Régis Junior, André Pierre, Eddy Jean Rémy, Gary Victor, Emmelie Prophète Milcé, Max Beauvoir, Levoy Exil, Jean Price Mars et tant d’autres, elle arrive à développer une intelligence toute particulière pour pouvoir décrypter autant l’histoire, la culture, les arts et la sociologie haïtienne dans son essence, sans laisser dans l’oubli, le marronnage qui sert certainement de toile de fond ou de ciment dans cette culture.

Agnès en cinq A : Afrique, Ayiti, Amazone, ancêtres et amour !

Sa passion pour Haïti la conduira entre 2013 et 2014 à supporter le Lycée Marie-Jeanne en faisant don de plusieurs lots d’ouvrages sur les arts afin de supporter la culture et la pratique des arts chez les jeunes filles haïtiennes. Présidente de l’association francohaïtienne FEDAM (Femmes, éducation, développement des arts et médiation), créée en France en 2012, elle a également contribué à la réalisation et la réussite entre 2014 et 2015 du projet Haïti- France-Benin au cours duquel des rencontres et des recherches ont été initiées autour des thèmes suivants : « le Vaudou, les Amazones et la diplomatie ».

Ma rencontre avec les Antilles est à l’origine, à la naissance d’une nouvelle identité culturelle : « mon travail s’est métissé d’inspirations nouvelles, prolongées, augmentées. Plusieurs commandes de supports visuels de communication des événements municipaux me sont faites dont la mairie d’Ajoupa Bouillon qui m’achète une fresque sur bois : « Nèg Mawon ». Je crée des fresques pour les fonds de scène et les décors de concerts, animations artistiques, etc. », indique l’artiste Pizzichetti, auteure de « Au bois de rose ».

De la création et du développement de solutions durables artistiques et culturelles

 Depuis mon retour en métropole, mon art évolue vers des sujets récurrents directement puisés dans l’histoire et dans l’imaginaire créole que j’exploite tant de manière graphique que littéraire. « Je travaille aussi à la création et au développement de solutions durables artistiques et culturelles nouvelles par la création et l’animation d’ateliers de médiation et d’inter-culturalité ».

Peintre et écrivaine, après une formation supérieure en Lettres classiques (université Lyon 2) et en Arts appliqués à Lyon puis une formation privée d’enseignante des techniques artistiques du dessin « elle s’installe en Martinique où pendant plus de 10 ans, elle a pratiqué la peinture et le pastel tout en enseignant dans différentes structures : création d’une école de dessin au Vauclin grâce au soutien de la mairie, et dans des centres culturels du nord de l’île. »

Hommage aux résistantes caribéennes contre l’esclavage

Cumulant la responsabilité de programmes pédagogiques (OBACS) et d’ateliers d’arts plastiques dans les centres culturels du nord de l’île, « j’expose régulièrement durant toute cette période. Depuis mon retour en métropole, j’ai arrêté l’enseignement pour me consacrer exclusivement à ma création, aussi bien en tant qu’artiste peintre et en tant qu’auteure… », déclare cette militante culturelle très attachée à l’Afrique, aux Antilles, et en particulier à Haïti.

 Du nombre de ses performances artistiques figurent les plus importantes comme : Convergence des mornes – Ajoupa bouillon Martinique 2001 ; Festival de l’Ananas – Ajoupa Bouillon 2002 ; Fête patronale – Saint Pierre – Martinique 2003 ; Salon Fémina – Marseille – 2011 ; Journée mondiale de l’Afrique – Hôtel de ville Lyon – 2012 ; Commémoration du tremblement de terre Haïti – Centre culturel Jangot – 2012 ; Commémoration du tremblement de terre Haïti Fondation – Hewlett Packard 2013 ; « Résistantes ». Hommage aux résistantes caribéennes contre l’esclavage – Centre culturel Afrique Caraïbe, en mai 2014.

À travers des projets d’écriture, des missions culturelles mixtes et des expositions artistiques, Agnès Pizzichetti travaille sur des sujets qui font la promotion du respect et de la diversité culturelle entre des cultures différentes, dans une exploration et un dialogue en permanence, avec l’histoire comme point d’intersection dans sa création multiforme.

Dominique Domerçant

 

Comments

comments

scroll to top