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Petite-Anse, une section communale oubliée

16 mai 2017, 11:14 catégorie: Actualité5 050 vue(s) A+ / A-

Petite-Anse, à l’entrée est de la Ville du Cap -Haïtien, dans la zone l’Aéroport international, est la plus négligée parmi les trois sections de la commune du Cap -Haïtien.

Les riverains se plaignent de la distribution irrégulière du courant électrique et de l’eau potable. L’insalubrité et l’insécurité y sont constantes au point que la population est exposée à toutes sortes de maladies comme la malaria, la typhoïde et le choléra. « Nous n’avons ni eau, ni électricité. Personne ne se soucie de nous et ce sont les bandits qui font la loi, ici », dit Joâme, un citoyen qui s’estime concerné.

La zone, extrêmement vulnérable aux perturbations météorologiques, est la première, dans la commune, à être inondée faute de drainage et de canalisation. Cette section communale est livrée à elle même, selon Samuel Pierre, leader d’une organisation de base dans la zone, également coordonnateur du Conseil d’administration de la section communale de Petite-Anse: «une intervention des autorités centrales s’avère importante à la veille de la saison cyclonique, sans quoi la section disparaîtra», prévient-il.

À côté des difficultés d’ordre structurel, Petite -Anse fait face à un grave problème environnemental qui complique la vie des citoyens. Construites pour la plupart dans des endroits non inappropriés, les maisons ne pourront pas supporter une secousse, en cas d’un séisme, même de faible magnitude. À proximité des zones, comme Conassa, Fourgeole, Fort Saint- Michel, Madeline, Bas Avion, des taudis sont construits en majorité avec de matériaux de récupération ; ce qui place les habitants dans une situation d’extrême vulnérabilité.

Les autorités ignorent l’existence de ces hommes et femmes, vieillards et enfants qui vivent Dans des baraques construites dans des marécages. La situation est catastrophique en matière d’assainissement et d’hygiène publique, et les gens font leurs besoins à même le sol. Qui pis est, les espaces de la rivière comblée par des détritus sont mis en vente, sous le regard complaisant des autorités municipales. En plusieurs endroits, on peut remarquer des enseignes indiquant « Terrains à vendre ».

Paradoxalement, les ordures collectées au centre-ville sont déchargées à Petite-Anse, parce que, jusqu’à date, le Cap- Haïtien ne dispose pas d’un site régulier de décharge.

 Plusieurs études prouvent qu’en cas d’un séisme de magnitude 7, les vagues pourraient atteindre la zone après vingt minutes. Les menaces sismiques qui planent sur la Commune du Cap- Haïtien, la section Petite-Anse en particulier, les risques évidents des inondations majeures avec des coulées de boues, sont entre autres des facteurs qui devraient inciter les décideurs à définir et à mettre en oeuvre un véritable plan d’évacuation et de protection de la population en cas d’impact d’une menace majeure.

Samuel Pierre souhaite enfin une intervention urgente au niveau de la rivière de Haut -du-Cap, source principale des inondations en cascade dans la zone, à la veille de la saison cyclonique.

Hervé Delima

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