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Les perspectives économiques sont inquiétantes

28 décembre 2016, 11:33 catégorie: Economie8 516 vue(s) A+ / A-

Une croissance de 3 % du secteur
agricole en 2016. / Photo (illustration) : www.fao.org

 

Pour faire une analyse réelle de l’économie, de la plateforme monétaire et financière et des perspectives pour 2017, Kesner Pharel, PDG du Group Croissance a tenu, au local dudit Group, une conférence de presse le mercredi 28 décembre 2016.

Au cours de cette conférence tenue au local du Group Croissance, Kesner Pharel a analysé des informations financières relatives à l’économie haïtienne. Dès son premier regard, il a fait savoir que l’économie n’évolue pas durant cette décennie. De ce fait, après avoir atteint un taux de 4.2 % pour l’exercice fiscal 2012-2013, la croissance est en chute continue durant ces dernières années, a déclaré Kesner Pharel. II a poursuivi : « 3.6 % pour 2013-2014, 1.7 % 2014-2015 et 1.4 % 2015-2016. Ce qui signifie qu’on ne crée pas assez de richesses dans l’économie et qu’il y a moins de jobs. Dans le cas d’Haïti, la pauvreté s’amplifie. « L’offre diminue, la demande augmente », a-t-il dit.

 En présentant les données, il a, de nouveau, rappelé que l’agriculture est meilleure cette année, soit 3.0 % de croissance, industries manufacturières (1.5 %), électricité et eau (2.9 %), bâtiments et travaux publics (0.2 %). Commerce, restaurants et hôtels (0.7 %), donc le plus faible : « c’est le secteur le plus important de l’économie haïtienne durant ces dernières années, il représente 30 %, alors que ce même secteur augmente de 5.7 % en République dominicaine. Les autres services marchands (2.6 %,), une performance plus ou moins bonne, affirmant aussi que le taux de croissance des services non marchands augmente également ».

Ainsi, en dépit du fait que le gouvernement n’a pas atteint le niveau de recettes prévues, la masse salariale augmente de 12 %, pendant que les dépenses d’investissements diminuent dans les finances publiques. Ce qui conduit à un déficit budgétaire, a-t-il poursuivi. Le gouvernement avait débuté l’exercice fiscal à 6.2 % du taux d’inflation, pour en finir à 12.5 %. Ce qui veut dire que le pouvoir d’achat des ménages a considérablement baissé. Sur la question du taux de change, l’analyste économique a informé qu’en septembre 2015 on avait besoin de près de 51.80 gourdes pour un dollar US, pourtant en septembre 2016, il s’échangeait à 65.20 gourdes, soit une dépréciation de 25 %. Pour corroborer, avec cette conséquence négative, il a évoqué par simple fait qu’on a importé pour plus de quatre milliards USD, et qu’on a exporté pour -1 milliard. Un manque à gagner. De cette situation, les prévisions d’inflation sont très négatives et continueront d’augmenter tant en rythme mensuel qu’annuel, a-t-il révélé.

 Mis au point sur le système bancaire haïtien

 Kesner Pharel a fait des remarques chiffrées des dépôts et prêts sur le système bancaire haïtien. « En septembre 2015, les dépôts étaient estimés à 179.5 milliards de gourdes, pour septembre 2016, ils étaient estimés à 229.9 milliards de gourdes (US+ gourdes), soit une augmentation de 23 % de ces deux périodes ». « Trois banques : Unibank, Sogebank, BNC contrôle 80 % des dépôts du système bancaire », a-t-il chiffré.

Ce qui doit, selon lui, attirer l’attention tant du côté de l’exécutif que du parlement. Les dépôts en devise sont passés de 106 milliards de gourdes à 138 milliards, soit une augmentation de 30 %. Constat. Les épargnants font le choix du dollar US par rapport à la gourde, a dit M. Pharel, en révélant que 78 % des dépôts en devise se concentrent encore dans les trois banques précitées. Pour expliquer, il a affirmé que sur 100 gourdes dans le système bancaire haïtien, 64 en US, et 36 en gourdes.

 Pour ce qui concerne les prêts dans le système bancaire haïtien, de septembre 2015 à septembre 2016, le chef du Group Croissance déclare avoir constaté une augmentation de l’ordre de 18 %. Que ce soit dans les entrées et sorties, ces mêmes banques monopolisent les prêts à hauteur de 73 %, précisant qu’Haïti est l’un des pays où le ratio des prêts est plus faible (— 40 %), alors qu’ils devaient dépasser le niveau de 50 %.

 Haïti vs République dominicaine

 La République dominicaine a le meilleur taux de croissance économique de la région de l’Amérique latine et de la Caraïbe, 6.4 %. Elle atteint le niveau de 64 milliards US du PIB. Alors qu’Haïti a un PIB de 8.9 milliards de dollars américains, et un taux de croissance de 1.4 %, le plus faible durant ces dernières années. Haïti a un taux d’inflation de 13 % en rythme annuel, en novembre 2016, la République voisine pour sa part, avait 1.8 %. Cette dernière a un taux de chômage de 7.4 %. Le taux de change pour Haïti autour est de 67 gourdes, soit une dépréciation de 26 %, pendant que la République dominicaine a besoin entre 46 et 47 pesos pour un dollar US. Toute cette performance enregistrée à Saint-Domingue vient du secteur touristique grâce à la stabilité politique et économique. « Le secteur touristique du pays voisin aura atteint cette année la barre de six millions de touristes, pour un niveau de devise de 6.5 milliards de dollars américains », a-t-il informé.

Il a également rappelé que dans le rapport doing business que la banque Mondiale vient de publier, la République dominicaine est classée 103e. Haïti, de son côté est classée 181e.

Pour 2017, les perspectives sont mauvaises. « Si 1.4 % est mauvais, la projection de 1 % de croissance prévu pour Haïti par la CEPAL, calculé après Matthew, serait le pire. Et, il n’y a aucune possibilité d’atteindre le taux de croissance de 2.2 % avec le budget 16-17 », a martelé le professeur. Il fait appel à un budget rectificatif pour ajuster le tir, en analysant la situation macroéconomique du pays, et en prenant en compte les politiques publiques. « Le prochain gouvernement aura à faire face à des défis existants », a-t-il conclu.

Therno N. A. Sénélus

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