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Pays de merde : Jovenel Moïse donne raison à Donald Trump

01 février 2018, 10:51 catégorie: Actualité38 199 vue(s) A+ / A-

Le président de la République, Jovenel Moïse.

 

Le chef de l’État haïtien a enfin donné son opinion sur la déclaration de Donald Trump qualifiant des pays de l’Afrique, le Salvador et Haïti de pays de merde. Dans une interview accordée à un journaliste étranger de Bloomberg, le président haïtien a fait savoir que Donald Trump a raison sur un point.

C’était une déclaration choquante qui a mis le monde entier en ébullition durant les dernières semaines. Plusieurs chefs d’État de l’Union africaine avaient condamné cette déclaration, mais en Haïti la réaction du président de la République se faisait encore attendre. Dans cette interview exclusive accordée à Bloomberg, le président a donné raison sur un point au président américain. Il est vrai que le chef de l’État se dit surpris de cette déclaration qu’il qualifie de « bizarre », mais il accorde pourtant raison au président américain.

Actuellement, en Haïti, l’argent des contribuables américains est en train d’être gaspillé, a déclaré Jovenel Moïse au micro de Bloomberg. Chaque année, affirme le président, nous recevons de 1,2 à 1,4 milliard de dollars d’aide, ou plus. Cependant, ce qui constitue une aide publique au développement est consommé dans un état de désordre. C’est en fonction de ces considérations que le président haïtien dit donner raison à son homologue de la Maison blanche. Le président haïtien a, par ailleurs, mentionné que la migration profite à tous les pays et que les Haïtiens ont apporté une contribution substantielle à l’économie et à la culture américaine.

Selon les déclarations rapportées par Bloomberg, le président n’a pas adressé ses mots de critique à Donald Trump, mais plutôt à la façon dont l’aide étrangère a été administrée en Haïti, un pays avec tant d’organismes de bienfaisance que les universitaires et la presse locale appellent souvent la « République des ONG ». Le président promet de changer ce paradigme afin de trouver les résultats recherchés depuis plus de 30 ans. Le chef de l’État pense qu’Haïti doit obtenir des prêts pour les besoins d’investissements, de créer de la richesse, d’investir davantage, de fournir de l’électricité 24 heures sur 24.

Cette interview a été aussi l’occasion pour l’ancien PDG d’Agritrans de faire un zoom sur le plan du gouvernement. Il a fait savoir que le gouvernement va travailler de façon à stimuler les agences de développement à l’adoption d’un plan de développement qui donne la priorité à la construction d’un réseau électrique national, d’écoles et de cliniques médicales, au reboisement et à la construction de routes dans les différentes régions du pays. Le plan du président pour les 4 ans à venir prévoit un investissement de 1,8 milliard de dollars. Sans négliger l’importance du soutien des partenaires de la communauté internationale, le président invite les Haïtiens à prendre en main le destin de leur pays et à enclencher, eux-mêmes, le processus de développement.

La déclaration de Donald Trump avait provoqué le choc chez les Haïtiens en général. En Haïti comme à l’étranger, des manifestations et sit-in ont lieu pour exiger au président américain le retrait de ses propos et l’excuse publique aux Haïtiens. Ce qui n’a pas été fait, alors que le président américain avait présenté ses excuses aux pays africains. Parmi les réactions à chaud des officiels Haïtiens, on comptait celles du ministère des Affaires étrangères (MAE) et, aussi, la sortie ratée de Jack Guy Lafontant qui a mis en doute ce que les sénateurs démocrates affirmaient avoir entendu de la bouche de leur président. Aujourd’hui, cette sortie du chef de l’État haïtien risque de soulever encore ce débat qui, à première vue semble être clos au sein de la société haïtienne.

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