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Passer de la CNSA à l’ONASSAN ?

09 novembre 2017, 8:59 catégorie: Economie6 440 vue(s) A+ / A-

De gauche à droite: le chef de cabinet du Premier ministre,  Jack Guy Lafontant,

le ministre des Affaires sociales, le ministre de l’Agriculture et

le ministre de l’Environnement  lors de la présentation de l’audit organisationnel du secteur

de la Sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) le mercredi 8 novembre 2017.

Photo: JJ Augustin

 

Depuis quelque temps, sont houleux, les échanges sur la refonte de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), organisme autonome du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR). Passer de la CNSA à l’Office national de la souveraineté, sécurité alimentaire et nutritionnelle (ONASSAN), les avis sont partagés. Des recommandations sont déjà faites en ce qui a trait à la mise en place de cette structure. Néanmoins, tenant du système étatique haïtien, l’opérationnalisation de l’ONASSAN demeure un défi à relever.

Dans le cadre des réformes entamées dans les entités de l’administration publique, un audit organisationnel du secteur de la Sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) a été réalisé dont sa restitution a été présentée mercredi 8 novembre à Pétion-Ville. Pour répondre aux exigences de l’heure, les autorités de l’État envisagent de remodeler la CNSA pour se transformer en ONASSAN, avec, bien sûr, plus de responsabilités. Les instigateurs de réformes ont avancé beaucoup d’éléments constituant un vide dans SAN en Haïti. Entre autres exemples, texte de loi de création de la CNSA, obsolète, datée de 1996, l’absence des documents de politiques publiques, sans compter les différentes études déjà effectuées dans la SAN en Haïti. L’audit de la SAN devrait permettre, selon les responsables, la mise en discussion d’un ensemble d’éléments concernant la souveraineté, sécurité, alimentation et nutrition dans le pays.

Pour des éléments patents consistant à replâtrer la SAN, 50 % des ménages ruraux sont exposés à l’insécurité alimentaire contre 20 % en milieu urbain (CNSA 2017). Et, 70 % de la population haïtienne est classée en situation d’insécurité alimentaire, selon la dernière classification d’IPC chronique en 2015. Tous ces éléments sont des faits proéminents évoqués par les responsables, sans oublier le deuxième Objectif de développement durable (ODD2) [éradiquer la faim] des dix-sept ODD. La mise en place des structures centrales et décentralisées serait une obligation pour dirigeants de l’État dans le remodelage envisagé.

Parmi les recommandations de cet audit organisationnel, pour faire de la SAN une politique publique complète, il faut un texte présentant la politique de souveraineté, sécurité alimentaire et nutritionnelle en Haïti (PNSANH) et sa stratégie de mise en oeuvre ; un plan national stratégique de la SAN ; une cartographie générale de tous les acteurs publics, privés, nationaux et internationaux, centraux déconcentrés et décentralisés ; une cartographie détaillée des différents partenaires techniques et financiers (PTF) avec un mécanisme de pilotage, coordination et/ou animation-table de concertation… ; un panorama des sources de financement et des modalités de l’exécution de la dépense… ; une panoplie d’outils et méthodes d’audit et de contrôle pour le suivi-évaluation de la mise en oeuvre des programmes et projet SAN…

Assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’un pays et de sa population est un objectif de tous les jours et s’inscrit dans la durée, à moyen et long terme, au moyen de politiques publiques aux effets parfois lents comme les schémas d’aménagement du territoire. Quel schéma institutionnel optimal, pour une gouvernance de la SAN efficace, voire efficiente, redevable et durable ?

Paradoxalement à la réalité de l’heure, les autorités ne cessent de répéter qu’Haïti sera un pays émergent à l’horizon 2030. Une déclaration qui soulève la grogne des citoyens. Pour eux, il n’y a aucune façon de faire d’Haïti un pays émergent d’ici 2030, avis partagé de certains experts.

Therno N. A. Sénélus

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