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Opération policière à Grand- Ravine : le RNDDH réagit

30 novembre 2017, 10:10 catégorie: Actualité7 006 vue(s) A+ / A-

Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Esperance.

 

Dans un rapport publié le 29 novembre 2017, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a fait le point sur l’intervention policière du 13 novembre 2017 à Grand-Ravine qui a causé la mort de plusieurs personnes dont deux agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO). L’organisme des droits humains a qualifié, dans son rapport, cette intervention “d’exécution sommaire”.

Dans un rapport intitulé « Opération du 13 novembre 2017 : de l’intervention policière à l’exécution sommaire », le Réseau national de défense des droits humains a exposé les resultants de l’enquête qu’il a menée suite à l’opération de Grand-Ravine. Deux cent trente-cinq agents ont pris part à cette opération qui, selon certains responsables de l’institution policière, visait à « pacifier ce quartier populaire devenu otage de différents groupes armés qui y font la terreur ».

En vue d’avoir une idée beaucoup plus claire sur ce qui s’était passé le 13 novembre 2017 à Grand-Ravine et d’approfondir son enquête, le RNDDH s’est entretenu avec des personnes venues d’horizons divers telles que : des responsables de la police, le directeur du Collège évangélique Maranatha, l’ingénieur Armand Louis, qui a été arrêté et écroué au cours de cette opération, les parents des deux policiers tués, de plusieurs victimes de l’opération et des riverains.

Selon le RNDDH, cette opération aura laissé derrière elle un lourd et douloureux bilan. Au moins onze personnes ont été tuées et cinq autres blessées dont un enseignant du Collège évangélique Maranatha. Des véhicules auraient été incendiés selon les informations recueillies dans le cadre de cette enquête.

Parallèlement, trente-deux personnes ont été interpellées et amenées au commissariat de Port-au-Prince. Le RNDHH dit avoir rencontré vingt-huit d’entre elles dont : Armand Louis, Jean Claude Toussaint, Herold Dominique, Rolando Edmaris, Jean Philippe Paraison, Dieubenit Casimir, Soifils Samuel, James Desaron, Sonson Fortune, Wilner Jules, Miguelson Lenisse, Adler Lugues, Renelson Lenisse, Wilner Registre, Damas guerrier, Olmar Barthelemy , Jimmy Colas , Alexandre Romain, Dieunex Desinord, Raphael Emmanuel Josue Olivier, Sylvestre Toussaint Idelin Jean, Edouard Darius, Fenel Baptiste, Jean Claude Thomas, Edner Joseph et Jean Rony Georges. Le dossier de vingt des trente-deux individus qui ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire a été acheminé au Parquet près du tribunal de Première instance de Port-au- Prince pour les suites nécessaires, selon le rapport du RNDDH rendu public.

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) salue, la détermination de la police de combattre le banditisme et la criminalité sous toutes ses formes, mais, dit regretter que cette opération ait été réalisée au lendemain de celle de « Jalousie », quartier périphérique du centre de Pétion-ville, sans toutefois mentionner la cause. Ensuite, RNDHH attire l’attention sur le fait que le Collège Maranatha est utilisé depuis longtemps, comme un lieu de refuge par la communauté, ce qui n’exclut aucunement les bandits armés.

En conclusion, le RNDHH soutient que l’opération du 13 novembre 2017 constitue en fait une énorme bavure policière. Par conséquent, l’organisme de défense des droits humains réclame une enquête sérieuse et objective en vue d’identifier les responsables des exactions commises et de les sanctionner. L’organisation insiste également sur la nécessité de trouver d’où proviennent les armes sophistiquées qui sont en possession des bandits, dans le cadre d’une meilleure approche de la question de l’insécurité généralisée dans le pays et dans les zones dites de non-droit en particulier, en vue d’identifier les causes principales et d’agir sur elles pour une solution durable.

Jodel Alcidor

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