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One Billion Rising : une troisième édition en Haïti

08 février 2018, 8:06 catégorie: Culture16 428 vue(s) A+ / A-

Monique Manigat, initiatrice du mouvement One Billion Rising en Haïti

Un milliard de femmes sont violées ou battues au cours de leur vie à travers le monde selon l’ONU (1 femme sur 3). Les Haïtiens (nes) refusent d’attendre passivement quand plus d’un milliard de femmes sont violentées dans le monde. Le dimanche 18 février 2018, à l’appel de Eve Ensler, l’auteure des Monologues du Vagin, ils se lèveront à Port-au-Prince, sur la place Boyer, à Pétion-Ville, pour danser, chanter et se lever contre les violences faites aux femmes à travers la troisième édition du mouvement One Billion Rising en Haïti.

Cette campagne de sensibilisation initiée en Haïti en 2016 par Monique Manigat vise à briser le silence des victimes, à mobiliser la population dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle s’inscrit dans la continuité des activités citoyennes contre les violences faites aux femmes et se déroulera le 18 février prochain sur la place Boyer, à compter de 2h PM. Entre conférences-débats, danses, chants et spectacles, plusieurs acteurs de prise en charge sociale, médicale et judiciaire des victimes de violences interviendront à l’occasion pour échanger sur les moyens de lutte contre les violences subies par les femmes. Une clinique mobile est également prévue pour servir la population.

Plusieurs artistes ont rejoint le comité organisateur de la troisième édition du mouvement One Billion Rising en Haïti afin de participer à la sensibilisation et à l’élimination de la violence faite aux femmes. Le 18 février prochain, Gaelle Bien-aimé sera l’animatrice de l’événement. Ashley Laraque, Mikaben, Lionel Benjamin, Jean Jean Roosevelt, Fitzgerald Alexandre, le tambourineur Welele, le groupe Ekilib et la chorale de la Fokal viendront pour mettre plus de chaleur au cours de cette journée. Comme cela se fait dans les autres pays lors de cette campagne internationale, ils vont chanter, danser ensemble sur une musique et une chorégraphie préparée pour cela, tout en s’amusant. Pour Monique Manigat, ce sera aussi l’occasion de se mobiliser pour le support des victimes et leur accès aux ressources disponibles.

Car, dit-elle, Haïti n’échappe pas à cette réalité que les femmes et les filles connaissent à travers le monde. Le taux de violences faites aux femmes y est extrêmement élevé. « Selon les statistiques, 70 % des femmes haïtiennes ont vécu des situations de violence sous différentes formes : violence sexuelle, psychologique, sociale, politique, etc. 27 % d’Haïtiennes ont déclaré avoir subi des violences physiques à un moment quelconque de leur vie », affirme-t-elle. « Si on n’ouvre pas des espaces où l’on peut parler des violences faites aux femmes, on ne pourra pas l’éliminer », ajoute-t-elle.

Supportée seulement par la Fokal et la Marie de Pétion-Ville, l’initiatrice de l’événement, Monique Manigat, déclare avoir abordé trois ministères et des organisations féministes du pays afin de supporter l’événement, mais personne n’a réagi. L’année dernière, dit-elle, aucune organisation féministe ou de défenseurs de droits humains n’est venue assister à l’événement voire à le supporter alors que nous nous battons pour la même cause. Cette année, dit-elle, même si ces organisations ne nous supportent pas, j’espère, au moins, que leurs représentants feront le déplacement.

Aljany N. Zephirin

 

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