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#OkapBouke : des jeunes du Cap-Haïtien s’engagent pour sauver la ville

13 septembre 2018, 10:14 catégorie: Société9 000 vue(s) A+ / A-

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. Une ville christophienne propre, agréable à vivre ». Voilà ce que le poète pourrait écrire. Un rêve !

Lamentable. Le brin d’espoir s’est envolé. L’étincelle s’éteint. La ville patauge entre insalubrité et odeur nauséabonde. Entre l’ensoleillement et la pluie, elle opterait pour aucun. On ne peut pas rester les bras croisés. Il est temps de passer à l’action.

« Okap Bouke ». Une expression qui dit beaucoup. Elle apporte soupirs et larmes. Désespoir et fatalité. Les jeunes disent « non ». Ce, à travers un mouvement citoyen.

Les jeunes Capois Frantz Duverneau, Jérôme Rosny Telfort et Peter Lee Jean lancent en août dernier le mouvement « Okap Bouke ». À travers ce mouvement, ils dénoncent la situation déplorable de la ville, et posent les jalons d’une action collective.

La force du hashtag

Des photos, des affiches, de courtes vidéos sont postées sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #OkapBouke. Un mot dièse très prometteur pour la ville du Cap-Haïtien. Selon le sociologue Olivier Glassey, le hashtag « permet de se réunir autour d’un même combat […] ».

Mais, la mobilisation 2.0 ne suffit pas. Bien souvent, elle ne débouche pas sur des actions concrètes, remarque la journaliste Julie Rambal (Le Temps, 2017). Toutefois, elle peut servir de mégaphone communautaire, rassemblant les individus ayant des intérêts convergents.

Des jeunes artistes embrassent le mouvement

Dope Music Group produit déjà une chanson avec des artistes de la ville : Pi Piti, FreshLo, HassanTKGZ, C-Rum, BLS, Guarionex et Guishly ZoePope. Et, la vidéoclip, c’est pour très bientôt.

Cette musique expose la beauté et la richesse de la ville. Mais, surtout, elle dénonce ! « Okap se yon plat men, Jodi a ki tounen yon plat pye ». Une punchline du jeune rappeur C-Rum, exprimant douleurs et frustrations. Un résumé parfait de la chanson, portant le titre du mouvement. Un mélange d’art et d’engagement.

Joint par téléphone, le jeune rappeur Fleuridor Peterly a.k.a C-Rum nous avoue qu’ils veulent montrer que les jeunes peuvent apporter quelque chose de positif. « C’est le temps des jeunes. Et, il faut que la ville sorte de sa situation déplorable » martèle-t-il.

Le mouvement a débuté, il y a quelques semaines, via le Web 2.0. Des photos et des courtes vidéos de lieux insalubres sont postées, avec le hashtag #OkapBouke. C’est en effet la phase de la sensibilisation, explique M. Fleuridor, étudiant en sociologie au campus Henry Christophe de Limonade. Au sujet de la prochaine phase, C-Rum ne cache rien : « Nous passerons à l’action, car nous avons aussi notre partition à jouer ».

Le printemps arabe a commencé à travers le web 2.0. par un groupe de jeunes. Quel avenir pour un pareil mouvement en Haïti ? Peut-il aboutir à un véritable changement ? Chacun a sa partition à jouer. Il faut sauver la ville du Cap-Haïtien. Okap Bouke !

Micky-Love Myrtho Mocombe

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