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OHDH visite à la prison civile de Cabaret

04 décembre 2017, 11:07 catégorie: Société4 074 vue(s) A+ / A-

Vue de la prison civile des femmes de Cabaret.

 

À l’occasion de la journée mondiale du sida, le 1e décembre 2017, l’Observatoire haïtien des droits humains (OHDH), organisation haïtienne d’observation de promotion et de défense des droits humains, de concert avec la mission de l’Église baptiste de Blanquette, a visité la prison civile de Cabaret en vue de s’enquérir des conditions de détention et de l’état de fonctionnement de cette institution carcérale. Une occasion de s’entretenir avec les détenues, et de les offrir une journée de consultation et de distribution de médicaments gratuits. Ce qui leur facilitera l’accès aux soins de santé, à une justice plus humaine, et de contribuer à la protection de leurs droits durant leur incarcération dans ladite prison.

En cette circonstance, Me Joinet Merzius, coordonnateur de l’OHDH a expliqué : « Nous sommes là aujourd’hui pour constater la situation à laquelle se trouvent les détenues. Nous voulons leur apporter une assistance significative, nous profitons de l’occasion pour leur donner accès à des consultations gratuites et procéder à une distribution de médicaments. » Selon Me Joinet, la prison civile de Cabaret, est une prison qui répond plus ou moins aux normes internationales, malgré tout, on fait face au même phénomène, la détention préventive prolongée. Compte tenu des faits relatés, OHDH s’engage à assurer le suivi des dossiers afin que les détenues soient jugées. Bon nombre de cas enregistrés concernent des infractions mineures, comme des activités commerciales non payées, implications dans des actes malhonnêtes, etc. Soulignant qu’en droit pénal, la responsabilité pénale est personnelle, le responsable de l’OHDH croit que si la justice se penchait sérieusement sur le cas de ces accusées beaucoup d’entre elles seraient déjà libérées. « Donc, il y a une injustice sociale à dénoncer par rapport à la situation de ces gens » , a-t-il expliqué, annonçant que l’organisation va dynamiser son programme d’assistance juridique en mettant sur pied une équipe spécialement chargée de la prison des femmes. La majorité de ces femmes en détention préventive prolongée ne peuvent pas payer un avocat, ce qui entrave davantage leur situation.

Selon le Pasteur Evens Cherenfant de l’Église baptiste de Blanquette Ti Tanyen zone Oranger. Une filière de la Convention baptiste d’Haïti, » c’est une initiative qui permet d’offrir un service médical aux détenues. En temps qu’Église, nous avons notre participation à donner dans ce contexte en vue de voir comment on peut soulager les problèmes des gens. Notre Seigneur Jésus l’exige dans Mathieu chapitre 25. Nous voulons rendre l’église beaucoup plus dynamique, il ne suffit pas de prêcher l’évangile, nous devons nous impliquer dans la lutte contre la misère et aider la population à sortir des situations difficiles. De concert avec OHDH et des professionnels de la santé venus de l’étranger, des chirurgiens, des gynécologues et des infirmières, nous avons organisé une clinique médicale, et procédé à une distribution de médicaments. S’il y en a qui ont besoin de suivi pour le traitement, l’Église s’en chargera. La préparation de nourriture pour 350 personnes, de l’eau potable, soit un camion de 1600 gallons et autres distributions. C’est une activité qui aidera les prisonniers et l’État parce que c’est un moyen de les aider à vivre mieux » a déclaré le pasteur.

D’après le Dr Oliver Raden, médecin en chef de la délégation, « la majorité des gens consultés souffrent de problèmes d’hypertension artérielle, de douleur abdominale, de maux de tête, de fièvre et de diabète.

À noter que cette prison a 265 détenues dont 37 femmes et 2 mineures sont condamnées, 12 en dépôt, on n’a pas encore pris leurs doléances. La majorité d’entre elles sont accusées de meurtre, d’associations de malfaiteurs, de viols, de vols, certaines ont été piégées; c’est le cas d’une jeune fille de 18 ans que quelqu’un a demandé d’apporter pour lui une nourriture au pénitencier national et qu’il a mis des stupéfiants là-dedans. On les apprend à faire des sandales, des valises de macramés. Contrairement aux autres prisons, on dirait que ces femmes vivent dans le paradis.

Annelie Noel

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