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Nord-Ouest : brutale remontée du choléra au cours du mois de novembre

04 décembre 2017, 11:17 catégorie: Actualité2 573 vue(s) A+ / A-

Environ une dizaine de décès et plus de cent soixante-dix autres personnes ont été transportées d’urgence dans des centres de traitement de choléra, du 1e novembre au 1e décembre 2017, dans plusieurs communes dans le département du Nord-Ouest, à la suite d’une nouvelle remontée de l’épidémie du choléra dans la région. Une situation causée par les périodes d’intempéries qui continuent à ce jour à maintenir l’humidité dans diverses zones rurales, surtout. Ces décès sont enregistrés pour la plupart dans les localités : « Labrin » « nan Vincent », « nan Datty » et « nan Meza » se trouvant respectivement dans la commune de Saint-Louis-du-Nord et dans la première section communale de Chansolme.

À Mare Rouge, deuxième section communale de Môle Saint-Nicolas, l’épidémie de choléra a frappé fort. Au moins trois (3) personnes sont décédées et une dizaine d’autres ont été hospitalisées, au cours du mois de novembre 2017. À Port-de-Paix c’était également le même cas de figure. Jusqu’au matin du dimanche 3 décembre, le quotidien « le National » a constaté huit (8) cas de choléra dont deux (2) fillettes de quatre à six ans, à l’hôpital Immaculée Conception de Port-de-Paix, sept (7) cas au CTE de la Croix Saint-Joseph, 3e section communale de Port-de-Paix, neuf (9) cas au centre médical Beraca, à Lapointe des palmistes, sans oublier les CTE de Mare rouge au Môle Saint-Nicolas, de Chansolme et de Saint-Louis du Nord ayant reçu de nouveaux cas de Choléra dans la soirée du samedi 2 décembre 2017.

Les cas de choléra sont tellement fréquents dans ces derniers jours dans le département du Nord- Ouest, même les détenus à la prison civile de Port-de-Paix n’ont pas été épargnés. Dans l’intervalle de deux semaines, environ une quinzaine de prisonniers ont été hospitalisés au CTDA de l’hôpital Immaculée Con­ception de Port-de-Paix. Sous les diligences des agents de l’EMIRA, une activité de désinfection était ré­alisée dans les cellules de la prison civile Port-de-Paix pour réduire les risques, selon une enquête menée par le quotidien « le National.

Pour le mois de décembre qui vient à peine de commencer, on s’attend à une nouvelle hausse du nombre des personnes touchées par l’épidémie. Entre-temps, les différents centres de traitement de choléra continu­ent à recevoir pas mal de patients atteints virus. Ce qui a occasionné plusieurs rencontres communau­taires dans les localités de » nan Meza « et » nan Vensan, deux zones de la première section communale de Chansolme au cours de la se­maine écoulée, entre la DSNO et l’ACF, en vue de sensibiliser les ha­bitants sur les mesures de préven­tion contre l’épidémie de choléra qui fait rage, selon les informations recueillies des sources combinées.

L’ACF, de concert avec l’organisation « Médecin du monde », a entamé une opération de distribution de produits chlorés permettant un traitement partiel des eaux dans les zones frappées par l’épidémie. Cependant, ces interventions ponc­tuelles ne pourront pas apporter des solutions face au rythme de propa­gation de l’épidémie dans la région, vu l’état d’humidité régnant jusqu’à présent dans plusieurs contrées du département du Nord-Ouest, au­quel s’ajoutent les mauvaises pra­tiques d’hygiène de la population et l’incapacité des autorités sanitaires régionales à agir en conséquence par manque de compétence et de moyens logistiques.

Il faudrait aussi souligner les grandes difficultés auxquelles est confrontée la population des zones reculées pour transporter d’urgence les patients atteints de choléra dans un CTC. Bon nombre de patients meurent en cours de chemin, avant d’arriver à un centre hospitalier pouvant les prendre en charge. La DSNO est totalement absente sur­tout dans les endroits reculés où le choléra fait rage actuellement. Mal­gré tout, le directeur régional du ministère de la Santé publique et de la population essaie de gérer les informations avec discrétion. Re­joint au téléphone par le quotidien le National, Dr Tony Monestime s’est contenté de dire : « M ap kon­takte ministè a, m ap fè yo rele w ». Une déclaration faite le lundi 27 novembre à 10 h du matin. Le coor­dinateur départemental du service chargé de la question du choléra, le Dr Nissage Augustin, pour sa part, n’a pas voulu non plus s’adresser à la presse pour ne pas mettre en péril son poste. « Je dois recevoir de l’autorisation pour faire des décla­rations », a-t-il confié à un jour­naliste correspondant de la Voix de l’Amérique. Alors que chaque jour le nombre des victimes augmente, font remarquer certains citoyens.

Marc Edy Ossam

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