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Nènèl Cassy se positionne sur la conjoncture sociopolitique

27 juillet 2017, 9:19 catégorie: Tribune Parlementaire11 010 vue(s) A+ / A-

Le sénateur des Nippes, Nènèl Cassy.

 

Environ six mois après la prise de fonction du président de la République Jovenel Moïse, rien ne semble augurer de belles perspectives pour le sénateur Nènèl Cassy. De l’opposition certes, l’élu des Nippes intervenant à l’émission Tribune Parlementaire de la Radio Pacific, montre son désaccord avec le pouvoir exécutif sur plusieurs points.

Jusqu’à date il est difficile de saisir la position de bon nombre de parlementaires sur des questions d’intérêt général, tant leur mutisme, réfléchi ou non, empêche aux citoyens avisés de comprendre et d’anticiper les positions de ces législateurs. Par ailleurs, d’autres ne ménagent guère leur verbe sur les questions d’actualité. Le sénateur Nènèl Cassy des Nippes n’hésite pas à partager sa compréhension de la conjoncture socio politique.

 Sur le budget 2017-2018

 En dressant un parallèle, entre les prévisions de croissance du budget 2016-2017 évalué initialement à 2.1 %, tandis qu’il a été revu à la baisse à 1.1 % au budget rectificatif, faute particulièrement d’un facteur souvent négligé par l’État, une croissance démographique de 3 % durant cette année, Nènèl Cassy exprime son scepticisme pour celui de 2017-2018 déjà déposé à la chambre des députés. De ce fait, pour le représentant des Nippes, bien qu’une projection de croissance de 3 % y soit inscrite, il s’attend à la fin de l’exercice une croissance sensiblement nulle. Plus loin, il critique vertement l’orientation de l’augmentation des taxes prévue par le gouvernement, qui selon lui touche particulièrement la masse défavorisée, et néglige les autres secteurs. Aussi, déploret-il qu’aucune mesure claire ne soit envisagée pour contenir la contrebande au sein du budget. Le président de la commission de l’Économie et des Finances plaide pour un budget étalé sur trois années, conformément à une loi récemment votée par le Sénat sur la l’élaboration du budget, préconisant des budgets étalés sur trois années. Ce qui permettrait d’ouvrir de grands chantiers et recommande à l’Exécutif de partager des documents présentant les projets prévus à la place d’idées de projet au sein des prochaines lois de finances.

 Sur la Commission spéciale des fonds PétroCaribe

Faisant foi au travail de la commission, emmené par le sénateur Evalière Beauplan, l’élu des Nippes croit opportun de réaliser cette enquête, car le pays ne peut plus continuer à gaspiller des fonds. Ainsi, apporte-t-il son soutien à cette commission et rappelle que le travail de celle-ci sera impartial, scientifiquement rigoureux, et comportera des conclusions claires. Toutefois, le rapport de la commission ne constitue non une finalité, mais une piste au pouvoir judiciaire, pour que celui-ci puisse conclure l’enquête, selon Nènèl Cassy. Car, c’est à ce dernier qu’incombe la responsabilité finale de juger.

 Sur l’ajustement du salaire minimum

 Sans langue de bois, le sénateur critique le silence des gouvernements antérieurs ayant conduit au pourrissement de la situation pendant que le taux d’inflation et le coût de la vie ne cessent d’augmenter. Il appuie l’ajustement salarial à 800 gourdes, à défaut de cette disposition il plaide pour un ajustement graduel, en deux périodes, à cette somme. Tout en critiquant l’attitude du chef de l’État, il recommande au gouvernement de dissoudre le Conseil supérieur des salaires (CSS), car selon lui, cette institution se trouve acquise à la cause du secteur patronal. Par ailleurs, le président de la commission de l’Économie et des Finances réfute la thèse évoquant une éventuelle fuite des emplois en cas d’augmentation du salaire des ouvriers, toutefois il plaide pour le renforcement des infrastructures, comme l’électricité entre autres, pour les patrons.

Sur la réalisation des élections indirectes

Pour Nènèl Cassy, le Conseil électoral provisoire (CEP) n’est pas à son coup d’essai, car selon lui ce dernier se compte fort souvent comme institution évoluant en dehors du pays. Tout en reconnaissant la nécessité de renforcer les collectivités par l’installation des assemblées municipales, les conseils départementaux et le conseil interdépartemental, Nènèl Cassy, plaide pour l’élaboration des lois régissant le fonctionnement de ces institutions, afin d’anticiper à tout possible conflit au plus haut niveau de l’État.

 Sur la force de défense en préparation

 L’aventure est démagogique, d’après le sénateur Nènèl Cassy qui rappelle qu’il existe des structures de base universelles, en matière de création de forces armées. De ce fait, ne répondant pas à ces normes, il ne saurait accepter d’accorder l’appellation d’armée à ce corps. Il croit également qu’un ensemble d’équipements inhérents à toutes forces militaires fait défaut à ce corps en gestation d’une part, et d’autre part que cette institution devrait avant tout faire débat au sein de toute la société.

 Le sénateur a, par ailleurs, déploré l’arrêté présidentiel enlevant les privilèges accordés au président Jocelerme Privert.

Stanley Augustin

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