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Jovenel Moïse veut régulariser le transport en commun

14 mars 2017, 12:02 catégorie: Actualité6 232 vue(s) A+ / A-

Le président Jovenel Moïse, le 13 mars 2017 au Palais national.

/ Photo : Ruben Chéry

 

Le président de la République, Jovenel Moïse, veut moderniser la circulation routière. Du moins, revenir avec les bonnes pratiques d’antan. À cet effet, il a confié aux membres de son cabinet la mission de se charger de la régularisation du transport en commun et du renforcement des mesures sécuritaires sur les voies publiques.

 

Près de vingt-quatre heures après l’accident survenu à hauteur de Mapou Chevalier, non loin de la 4e section communale Poteau ayant causé la mort de 38 personnes, le chef de l’État annonce les couleurs. Il a promis, lors d’un point de presse tenu au Palais national, le lundi 13 mars 2017, de remédier aux mauvaises pratiques dans le cadre de la circulation au cours de son quinquennat. Il a indiqué avoir confié aux membres de son cabinet la mission de mettre sur pied un bureau. Celui-ci aura la mission de se charger de la régularisation du transport en commun et du renforcement des mesures sécuritaires sur les voies publiques. Haïti n’est pas un pays hors norme.

Le chef de l’État s’est plaint de l’absence des services d’inspection de véhicules. À titre d’exemple, il a fait savoir que les voitures publiques seront inspectées mensuellement et celles qui sont de plaques privées semestriellement. Très critique, Jovenel Moïse a déclaré que les routes ne disposent pas de panneaux de signalisation, les policiers préposés au service de la circulation ne jouent pas convenablement leur rôle. Autres problèmes soulignés sont la manière dont l’octroi des permis de conduire est réalisé, le dysfonctionnement du service ambulancier. À cela s’ajoute la nonidentification des hôpitaux du pays.

L’ordre et la discipline sont inévitables au développement du pays. À en croire le président, l’absence de ces deux notions-clés constitue les facteurs explicatifs de ce deuil macabre. Ainsi Jovenel Moïse s’engage à freiner le rythme de ces accidents à répétition peinant sans cesse les familles haïtiennes ces derniers jours. Les routes, illustre-t-il, devraient nous servir dans le cadre de nos besoins, mais elles sont parfois devenues l’une des causes de notre mort. Elles représentent un véritable danger nécessitant une intervention par l’adoption de mesures d’urgence comme prévention. Autrefois, on remarquait des réflecteurs sur les principaux axes routiers du pays. Ils servaient à indiquer aux conducteurs la dimension des voies, une fois les feux des voitures allumés. Aujourd’hui, ils n’existent plus. Et les routes s’apparentent à des tombeaux.

Consterné, le chef de l’État dit ne pas trouver les mots pour exprimer ses angoisses devant l’ampleur de cet accident. Ne pouvant contenir ses émotions, il a tenu à préciser qu’il est indéniable que personne ne peut échapper à la mort, mais il a déploré les conditions dans lesquelles ces 38 compatriotes ont trouvé la mort alors qu’ils étaient en train de se relaxer dans des bandes de rara. Ces pères et mères de familles, souligne M. Moïse, n’ont même pas eu le temps d’avoir une dernière conversation avec leurs proches.

C’est dans cette optique qu’une délégation présidentielle s’est rendue dans la ville des Gonaïves. Sa mission consiste à rencontrer le maire de ladite commune et les familles des défunts. Ce, en vue de planifier les funérailles des disparus. M. Moïse dit attendre le rapport des délégués qui aura à l’informer, à leur retour, de la date qui est retenue pour lesdites cérémonies. Il a par ailleurs indiqué avoir sollicité des autorités l’accompagnement pour les 11 autres blessés et hospitalisés suite à cet accident. Ce qui leur permettra de se rétablir pour recommencer à vaquer à leurs activités socioéconomiques.

 L’accident s’est produit à l’entrée nord de la ville des Gonaïves, à hauteur de Mapou Chevalier, non loin de la 4e section communale, Poteau, très tôt dans la matinée du dimanche 12 mars. Les témoignages ont indiqué qu’un autobus appartenant à la compagnie capoise « Blue sky » avec à son bord plusieurs dizaines de passagers, aurait d’abord heurté deux individus. L’un d’entre eux est mort sur le champ. Au regard des dégâts, le conducteur a tenté de prendre la fuite pour échapper à la colère de la population. Comble de malheur, à pleine vitesse, il s’est précipité sur trois bandes de rara, heurtant 49 autres personnes, dont 34 ont rendu l’âme sur le coup, 4 autres à l’hôpital, et blessant au passage 11 autres.

Reynold Aris

 raris@leantional.ht

 

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