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La nation haïtienne a dit adieu à Jean-Claude Fignolé

23 juillet 2017, 8:28 catégorie: Culture6 145 vue(s) A+ / A-

Les dépouilles de Jean-Claude Fignolé

à la sortie de l’église Saint-Pierre à Pétion-ville.

 

Les funérailles officielles du professeur, écrivain, journaliste et homme politique Jean-Claude Fignolé, ont été chantées le samedi 22 juillet à 9 h 30 du matin, à l’église Saint-Pierre de Pétion-ville. Plusieurs membres du gouvernement, sénateurs, députés, représentants de l’Association des maires de la Grand’Anse (AMAGA), dirigeants de partis politiques, intellectuels et écrivains, cadres d’ONG, professeurs, étudiants, élèves du collège Jean-Price Mars ont marqué de leur présence la cérémonie.

Chacun avait une raison d’être là pour s’incliner devant la dépouille de celui qui, par ses écrits et son engagement citoyen, aura été une conscience dressée contre la bêtise et la médiocrité.

Dès l’incipit de son homélie, monseigneur Pierre André Dumas, célébrant principal de la messe, l’a rappelé : « Jean-Claude Fignolé a marqué son temps ».

Critique littéraire intransigeant, romancier talentueux maîtrisant presqu’à la perfection l’art du monologue intérieur (Une heure d’éternité), homme de goût, de culture et d’élégance, maire de la commune d’Abricot, son fief natal, de 2006 à 2012, Jean-Claude Fignolé s’est attelé pendant sa brève, mais riche existence d’homme à accompagner son peuple sur la voie de la lumière et de la beauté en faisant de l’exigence de la qualité sa seule boussole. Mais aussi, souligne monseigneur Dumas, en essayant d’établir à travers son oeuvre une passerelle entre le fini et l’infini, entre le temporel et l’intemporel, entre l’espace-temps et l’éternité de Dieu.

 Car Jean-Claude Fignolé avait un côté tragique. Comme le roi Christophe d’Aimé Césaire, pour ce peuple qui a « connu la déportation, la traite, l’esclavage, le collectif ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte », Jean-Claude a voulu quelque chose de grand. On se rappellera son combat après le tremblement de terre de 2010, cherchant avec les moyens du bord à reconstruire l’espoir en essayant d’insuffler à son peuple « la force de regarder demain ».

 Agathe Pierre, administratrice d’AMAGA, femme du maire de Moron, dit garder de Jean-Claude l’image d’un homme simple et dévoué à la cause de sa Grand’ Anse natale et de sa patrie.

 Pour Yves Pierre Joseph, collaborateur d’AMAGA et employé de Food for the poor, « Jean-Claude Fignolé est le type même du citoyen dont Haïti a besoin pour sortir de sa misérable condition d’État failli ».

Quant à Charlène, étudiante en lettres, à l’École normale Supérieur, elle a voulu simplement saluer le départ de « l’un des plus grands écrivains d’Haïti et de l’Amérique latine ».

 Et monseigneur Dumas de conclure : « Jean-Claude Fignolé est venu, a vécu et a accompli sa mission ».

L’auteur de « Les possédés de la pleine lune » est mort le 11 juillet 2017, il avait soixante-seize ans.

Voltaire Jean

Le Centre Pen Haïti s’incline devant
le passage de l’écrivain et philosophe
haïtien Jean-Claude Fignolé.
Haïtien, il l’était dans son amour et
sa fidélité à cette terre.
À sa famille éplorée, ses amis de
près et de loin, ceux qui ont combattu
avec lui, à la grande famille
des lettres haïtiennes, le Centre Pen
Haïti présente ses plus vives sympathies.
Nos mapous tombent. Mais, les
pousses sont vivaces.
Le 22 juillet 2017
Centre Pen Haïti

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