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Mobilisation musclée contre le budget 2017-2018

12 septembre 2017, 11:32 catégorie: Actualité2 510 vue(s) A+ / A-

Situation de vives tensions à Port-au-Prince, le mardi 12 septembre.

Crédit photo : Macéant Jean Philippe.

 

Une situation de vives tensions a régné dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, le mardi 12 septembre 2017. Plusieurs milliers de personnes ont foulé le macadam pour protester contre le budget de loi de l’exercice fiscal 2017-2018, voté par les deux branches du Parlement.

Les rues se déchainent contre le vote du budget de loi 2017- 2018. L’administration Moïse/ Lafontant fait son premier test. Port-au-Prince a été en fumée. Ils étaient plusieurs milliers de personnes à manifester leur ras-lebol contre la décision de la Chambre des députés et du Sénat de valider ce document sans aucune modification. Ce qui, selon eux, contribuerait à alléger les conditions socioéconomiques de vie de la population tenant compte de la taxation à outrance sur un ensemble de documents d’identification envisagés par le gouvernement Moïse/ Lafontant. Barricades de pneus enflammés, jets de pierre, ont été les principales scènes d’images que l’on pouvait retenir de cette journée de protestation très agitée.

La mobilisation a démarré très tôt dans la matinée du mardi 12 septembre devant les vestiges de l’église Saint-Bosco (La Saline). Munis de branches d’arbres et de pancartes, les protestataires ont parcouru, entre autres, rues de la capitale, Bel-Air, Sans Fil, Carrefour Péan, Delmas 18 en longeant le Carrefour de l’Aéroport. Courroucés, les manifestants ont lancé des propos hostiles aux parlementaires qui, disent-ils, ne jouent pas leur rôle de législateurs selon les prescrits constitutionnels. Leur seul mobile est d’empocher de l’argent.

C’est pourquoi, poursuivent-ils, ils ont remué ciel et terre en accaparant la somme faramineuse de 7.2 milliards de gourdes et 5 milliards à l’Exécutif de cette loi de finances. Une enveloppe qui, soulignent-ils, dépasse de loin le montant alloué, notamment, aux ministères de la Santé publique et de la population (MSPP), de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), des Affaires sociales et du Travail (MAST).

 Même le président de la République, Jovenel Moïse, n’a pas été exempt des diatribes des protestataires. Chauffés à blanc, ils l’ont accusé de tous les maux. Aux cris « à-bas Jovenel Moïse, a bas la bourgeoisie rétrograde », « le peuple n’obtempéra pas à ces exactions», ont été les principaux slogans hostiles lancés par les contestataires. Chemin faisant, la tension était montée d’un cran. Les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont dû intervenir en vue de rétablir l’ordre dans les rues en faisant usage du gaz lacrymogène au niveau de Delmas 60. Les manifestants s’étaient momentanément dispersés. Ils s’étaient ensuite regroupés. Déterminés, ils s’apprêtaient à poursuivre leur destination finale : Pétion-ville, commune où se concentrent les activités commerciales de la Capitale suite au passage du séisme dévastateur du 12 janvier 2010.

 Le bilan de cette deuxième journée de manifestation s’est soldé par un mort (par balle) à Martissant 17. L’incident s’était produit au moment où des manifestants apercevant un véhicule avec une plaque d’immatriculation officielle tentaient de lancer des jets de pierre. En réaction, le conducteur aurait tiré sur la foule pour se protéger. Plusieurs blessés ont été recensés. Plusieurs voitures ont leurs pare-brise cassés et d’autres incendiés. S’ajoutent à cela des magasins et des boites de nuit sur la route des protestataires. En fureur, ces derniers ont conditionné la cessation de leurs mouvements de protestation à la satisfaction de leurs revendications.

À leur avis, il est inconcevable que les autorités prennent des décisions au détriment de la population. Ils ont ainsi été très virulents contre l’idée des autorités de prélever des taxes leur permettant de s’acquitter de la République du Venezuela concernant le fonds Petrocaribe sans procéder à l’arrestation de ses dilapidateurs et les punir conformément à la loi.

 Il convient de souligner que le budget de loi 2017-2018 a été l’objet de nombreuses dénonciations par des organisations de la société civile. Elles avaient exigé des autorités l’adoption d’un document privilégiant un ensemble de revendications sociales de la population. Elles ont aussi sollicité des parlementaires la suppression de la taxe forfaire à titre de déclaration définitive d’impôt sur le revenu de l’ordre de 10 000 gourdes. Sans omettre la surtaxation des documents d’identification comme le passeport passant de 1 600 à 6 000 gourdes.

 Reynold Aris

raris@leantional.ht

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