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Une marche pour dire “non à la corruption”

05 décembre 2017, 11:14 catégorie: Actualité2 808 vue(s) A+ / A-

Des personnes gagnant les rue pour dire non à la corruption.

 

À l’initiative du collectif 4 décembre et alliés, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, le mardi 5 décembre 2017, pour exprimer leur désaccord à la corruption qui gangrène le pays. Devant les locaux du ministère de la Justice et du Parlement haïtien, ils ont adressé leur message à deux des trois pouvoirs de l’État.

Sous le rythme du tambour et d’autres instruments musicaux et, entonnant des chants d’engagement hostiles à l’Éxécutif, des centaines de manifestants ont parcouru diverses artères de la capitale, au cours de la journée du mardi 5 décembre, en vue de dire « non » à la corruption. Toutes sortes d’instruments et de matériels ont été utilisés pour faire entendre leurs messages : balais, sifflets, cordes, cloches, etc.

Les slogans fusaient de toute part. ‹‹ stop koripsyon, koripsyon se peche mòtèl, nou di non nou pap remèt lajan, oui à l’éducation, oui à la justice››, pouvait-on lire sur certaines pancartes portées par des représentants et des militants issus de divers secteurs de la société civile. Dans le concert de musiques et de chants qui rythmaient la manifestation, beaucoup de hauts cadres de l’administration Martelly/ Paul, cités dans le rapport du PetroCaribe, étaient dans le viseur des manifestants. Haussant tout au long de la marche leur effigie, les participants ont exigé leur arrestation et la restitution des fonds qui auraient été dilapidés.

Devant les locaux du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, les organisateurs ont délivré le message du jour. Ils voulaient attirer l’attention des responsables de la justice haïtienne sur leur responsabilité et la nécessité de sévir contre toute personne impliquée dans la dilapidation des fonds publics. ‹‹ cette marche vise à exprimer notre refus de cautionner la corruption dans l’État. Nous sommes là pour dire que la corruption doit être combattue et éradiquée››, a soutenu, Jean Robert Arguant, avant de décréter la permanence dans le combat contre la corruption.

De la place de la Constitution au bicentenaire en passant par l’avenue Charles Sumner et l’avenue Martin lutherking, les manifestants n’ont pas perdu de leur viseur, les nominations indécentes et inacceptables du président de la République. Citant en exemple le cas de Wilson Laleau et de Yolette Mengual, les manifestants disent déceler une grande contradiction entre les dires et l’action du chef de la nation. ‹‹le président de la République n’a pas la volonté de combattre la corruption. Nous sommes ici pour lui dire clairement que nous ne voulons plus de discours, mais l’action››, a lancé un manifestant tout en sueur qui fonde son jugement sur le profile des gens composant l’entourage politique du chef de l’État. De son côté, l’ancien candidat à la présidence, Éric Jean-Baptiste, très amer, a appelé à la poursuite du mouvement. Selon l’ancien membre du G8, il est inconcevable que la population paye pour ce qu’il n’a pas consommé.

Tout semblait se dérouler dans une ambiance de calme et mobilisation pacifique quand un vent de tension a soufflé à l’angle de la rue Dufort et l’avenue John Brown. En effet, l’ancien candidat au sénat, Assad Volcy, venait de se faire tabasser par la foule qui le considère comme un traitre. Mais, malgré cet incident, la manifestation a été une réussite pour les initiateurs qui disent souhaiter que cette première tentative constitue le point de départ d’un vaste mouvement national pour faire échec à la corruption.

Daniel Sévère

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