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Marche de solidarité : le cri de coeur des femmes de Liancourt

12 mars 2018, 8:19 catégorie: Société2 820 vue(s) A+ / A-

Vue partielle de la marche de solidarité à Liancourt.

 

Dans la foulée des événements organisés pour marquer la journée internationale des femmes en Haïti, le jeudi 8 mars 2018, les femmes de Liancourt, Païen et Verrettes ont marché dans les rues de Liancourt pour faire comprendre à tous l’idéologie de leur lutte, chanter, danser l’égalité des sexes et crier pour le respect des droits de la femme haïtienne.

Munies de banderoles, drapeaux et pancartes, cinq organisations de femmes des zones rurales, dont MATABV, LUNION, MAFLPV, OPSOL et CAMSOL ont foulé pacifiquement le macadam dans la matinée du 8 mars 2018. Peu nombreuses, mais elles poursuivent un objectif d’une grande importance : le respect des droits des femmes. Sur leurs pancartes, on pouvait lire : « Rapò egal ego ant fanm ak gason, se chimen pwogrè pou tout sosyete. » Ces femmes des zones rurales en ont profité pour dénoncer les actes de violence dont elles sont victimes. Pour la présidente du Mouvement d’aide aux Femmes de Liancourt, de Païen et de Verrettes (MAFLPV), Marie Melisena Robert, cette marche de solidarité qui a débuté devant le tribunal de Liancourt pour aboutir à la dernière limite de cette commune, est une victoire pour la lutte des femmes en Haïti.

« Il n’arrive pas souvent que les femmes des communautés rurales soient interpellées par la lutte pour le respect de leurs droits, car bien souvent, elles ne connaissent pas leurs droits », dit-elle. Si nous foulons le sol aujourd’hui, poursuit Mme Robert, c’est pour donner une voix à ces femmes, et aussi rappeler à celles déjà engagées dans cette lutte que nous n’avons pas encore gagné, car nous sommes encore victimes de violences sexuelles, de violences basées sur le genre et de tant d’autres abus, en dépit de toutes les luttes que nous avons menées. Les inégalités des sexes sont très répandues, le principe d’un quota d’au moins 30% de femmes à tous les postes de décision de la vie nationale n’est toujours pas adopté, il faut donc unir nos forces afin de nous rendre plus fortes pour gagner la bataille », déclare-t-elle.

Après la marche, elles ont continué à exprimer leurs revendications dans leur salle de conférence à Liancourt construite avec l’appui de l’ONG Oxfam America et du Collectif du financement populaire (KOFIP). Elles appellent au respect des droits des femmes à disposer de leur corps, à contrôler leur fécondité, l’égalité politique et à l’égalité professionnelle. Officialisée par les Nations unies en 1977, la Journée internationale des droits des femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Chaque commémoration est l’occasion pour les femmes d’exprimer leur solidarité avec toutes les femmes courageuses qui ont lutté et qui luttent encore pour l’égalité des sexes et de mettre en lumière celles qui passent trop souvent inaperçues.

Aljany N. Zephirin

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