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Ces manoeuvres à laisser aux vestiaires

08 novembre 2017, 11:18 catégorie: Édito13 100 vue(s) A+ / A-

 

 Le dialogue national aura bel et bien lieu. Du moins on l’espère. Le chef de l’Etat y travaille d’arrache pied, à en croire certains de ses conseillers potentiels. La Commission chargée de le pérenniser est à pied d’oeuvre. Bon signe. Bon vent. Mais surtout rumeur persistante allant dans le sens de l’appel lancé il y a peu par la centenaire Odette Roy Fombrun au président de la république. La trêve que réclame le processus s’installe peu à peu. La suite ne se produira que si elle tend à dépasser la rhétorique officielle. Il y a lieu de laisser aux vestiaires les manoeuvres faisant le jeu des machinations politiques .

En effet, un véritable pélérinage en pleine crise politique était à observer. Depuis que l’état de santé de l’ex-sénateur Jean-Charles Moïse a été déclaré préoccupant, un concert de notes de sympathie, y compris celle du chef de l’État, venait réconforter le leader de Pitit Dessalines. Comme si pour un temps le recueillement, à lui seul, pouvait augurer du dialogue. Or, même dans ces heures de grande tristesse bien ou mal comprise par ses détracteurs, Jean-Charles Moïse n’a pas manqué de passer un message politique décisif. On n’ignore pas la surprise que le contraire serait de nature à provoquer dans certains courants de la société. Quoi? Comment pourrions-nous refuser d’ appréhender une aussi grande détermination?

Le but principal ici n’est pas de questionner certaines postures, mais de se demander pourquoi elles sont encore la clef de tant d’attitudes délétères. Dialogue? Trêve? États généraux sectoriels ? Solidarité nationale? Rache manyok ? A bas le président? Vive le président! Jovenel Moïse ou rien! Comment ce qui est faux dans le détail peut-il rester vrai ou être tenu pour vrai en bloc?

En effet, la classe politique a catégoriquement omis au cours de ces trente dernières années de fonctionner comme centre d’impulsion du dialogue afin de pouvoir formuler des propositions allant dans le sens du “politiquement correct”, fut-ce au prix du réalisme le plus indulgent. L’après Martelly ne sert d’exemple d’un espace ouvert à la cohésion sociale que de façon oblique, sans qu’il y ait un rapport suffisant entre le sens et l’essence. C’est un centre d’impulsion émotionnel, abstrait, ambigu, sans cadre théorique réel. Encore faut-il tenir compte des handicaps que cette quête à laquelle se sont lancés implicitement bien des secteurs de la société civile aura à remonter. Les incertitudes exprimées à travers les mouvements de rue en série par la majorité jusqu’ici silencieuse ne sont pas à négliger. D’un côté comme de l’autre, on est trop souvent amené à constater qu’il s’agit d’une nécessité de camoufler parfois sans nuance.

Du train où vont les choses, il est encore difficile de dire si le dialogue réussira ou échouera ; s’il se plongera dans la construction d’une société nouvelle ou au contraire facilitera le triomphe des extrêmes qui se refusent à se toucher. Dans l’intérêt national. Il peut aussi s’installer, si l’on n’y prend garde, dans une certaine pauvreté intellectuelle pour devenir une agitation marginale et se replier dans un narcissisme proprement trompeur, à défaut de devenir le levier d’un nouveau contrat social et un asile chronique pour les déviants de la démocratie. Par là se décidera manifestement la question de savoir si ce dialogue inclusif, du lieu même où il a fait écho, ira ou non à bon port. Au grand dam des plus récalcitrants.

Mais à son stade actuel il est déjà possible de dire, sans risque de se tromper, que le dialogue national, est un voeu pieux, un projet à part entière. Même s’il est difficile pour quiconque de préciser jusqu’ici ce qu’ il en est dans les faits. Suivez mes regards!

Seul Turneb Delpé en sait grand chose dans la tombe de ses désillusions. Car il ne s’ était point embarrassé de le prôner toute sa vie. A ses dépens. Les travaux de la Commisssion de notre Mathias Pierre national sont à suivre et à examiner de près. On connait les lieux communs susceptibles d’être ressassés sur ce point.

Robenson Bernard

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