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Sa Majesté Daagbo Hounon Houna II, Chef suprême du vaudou, en visite en Haïti

20 avril 2017, 9:57 catégorie: Culture3 824 vue(s) A+ / A-

Dans le cadre de la visite en Haïti du chef du suprême du vaudou au Bénin, Sa Majesté Daagbo Hounon Houna II ; et à l’occasion de la 22e édition de la fête nationale du vaudou au Bénin et « Des rencontres d’ici et d’ailleurs », l’Institut français en Haïti (IFH) a organisé une conférence débat autour du thème : «Vaudou, religion et civilisation » dans la soirée du mercredi 19 avril 2017. En présence d’une brochette de personnalités et des adeptes du vaudou, les intervenants qui ont pris la parole ont convenu que le vaudou représente notre identité et que nous devons le sauver.

La salle de conférence de l’Institut français en Haïti était pleine à craquer. En présence des oeuvres de l’artiste Guyodo exposées sur les murs, des intellectuels de tous horizons, des étudiants, des ambassadeurs étrangers accrédités en Haïti dont Elizabeth Beton Délègue de la France et Henry Vichaux de la Suisse, cette causerie a permis au public haïtien de lier connaissance avec Sa Majesté suprême Daagbo Hounon Houna II. Un panel composé de chercheurs parmi lesquels l’ingénieure Ginette Pérodin Mathurin, Yvon Paul, William Savary a abordé différents aspects du vaudou sous la direction de la chanteuse Carole Demesmin qui a joué le rôle de modératrice.

Avant même le début de la conférence, un documentaire réalisé par Anselme Awanou qui retrace l’itinéraire de Sa Majesté Daagbo Hounon Houna II, présent dans la salle avec son épouse, a été projeté. À travers des images d’archives, et avec la participation de Emile Désiré Ologoudou et Koovi Hounedako, ce documentaire a évoqué la consécration de Daagbo Hounon Houna II qui a succédé à son père grâce à ses aptitudes et ses aspirations. Pour le dignitaire, le vaudou c’est la religion première, celle qui est intimement liée à la nature. À l’issue de la projection, Carole Demesmin a pris la parole. Elle a souhaité, une nouvelle fois, la bienvenue au chef suprême du vaudou et en a profité pour saluer tous ceux- là qui ont milité pour faire promouvoir le vaudou en Haïti. « C’est un honneur pour moi de vous accueillir, ici, Sa Majesté Daagbo Hounon Houna II et c’est aussi pour moi un honneur de saluer tous les confrères qui ont milité pour le vaudou. Beaucoup ont perdu leur vie dans cette lutte. Nous devons continuer à promouvoir les valeurs ancestrales et de retrouver notre paix dans le respect de la spiritualité ».

 « En ma qualité de Chef suprême vaudou, a dit Sa Majesté Daagbo Hounou Houna II, je ne suis pas sur la terre haïtienne par hasard, je suis en famille. Je suis chez moi. Ayibobo ». Pour le Chef suprême, « le vaudou est la paix, le bonheur, le bien-être social ». Il a fait, lors de son exposé, un vibrant plaidoyer en faveur du vaudou célébré tous les 10 janvier dans son Bénin natal. « Le vaudou permet d’accepter les autres dans leur différence. Le vaudou c’est la tolérance. C’est ce qui a permis à nos aïeux d’accepter tous ceux qui avaient quitté l’Europe pour sillonner les terres africaines. Et nos aïeux leur avaient attribué des terres pour ériger des églises. L’une des principales qualités du vaudou c’est qu’une église ne doit pas fermer une autre. Le vaudou c’est la cohabitation pacifique. Le Bénin à cette préséance que le vaudou existe. Il est nécessaire de ne pas laisser tomber le vaudou pour chercher autre chose. Toute religion est un opium pour dormir le peuple. Chez nous, les responsables politiques ont compris que c’est une grave erreur et qu’il faut revenir à la source. Haïti a une grande chance. Si les Haïtiens apprennent à cultiver la tolérance et vivre dans la concorde, l’harmonie, la fraternité et le vivre ensemble, Haïti serait l’une des plus grandes puissances mondiales ».

 Au cours de cette conférence, William Savary a traité la thématique : « Vaudou et Civilisation » tandis qu’ Yvon Paul est revenu sur les lieux des manifestations du vaudou qui se déroulent le plus souvent dans les « lakou », les oratoires et les « humforts ». L’exposé de l’ingénieure Ginette Pérodin Mathurin a été très suivi et applaudi. Madame Mathurin a retracé l’historicité du vaudou depuis la période coloniale jusqu’à l’ère contemporaine. Pour la chercheuse, « la culture haïtienne est une culture de lutte. L’Haïtien doit s’imprégner du vaudou. Nous sommes à un carrefour de notre histoire où nous sommes à la recherche de nous-mêmes. Le vaudou doit être le ciment qui doit nous permettre d’évoluer dans le concert des nations » a-t-elle conclu.

Schultz Laurent Junior

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