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Mais qui sont-ils ?

18 juin 2015, 2:56 catégorie: Édito646 vue(s) A+ / A-

Midi. Dans une cafétéria à Delmas 30. Tout juste à côté, un supermarché et d’autres commerces.  Une foule se presse au comptoir, pour acheter plats chauds et boissons. C’est un espace fréquenté par  tout le monde. Accessible. Les gens font la queue avec discipline. Pas de réflexe dû à la crainte de la pénurie. On ne crie pas. On ne se querelle pas. Bref  : on se serait cru autre part. Loin d’Haïti, de son vacarme et de ses éternels conflits.

On comprend qu’il y a ici, parmi les nombreux clients, des employés des entreprises proches, mais pas de cadres supérieurs. On voit aussi des écoliers bien mis. Comme tous les écoliers de chez nous. Les prix sont démocratiques, mais hors de portée de la masse des défavorisés. Une partie de la population va consommer dans de tels endroits et pas seulement à Port-au-Prince. Elle est la clientèle de la plupart des commerces et des institutions financières. Une grande compagnie de téléphonie mobile a démontré, il y a seulement une dizaine d’années, l’existence d’un pouvoir d’achat en Haïti que certains, parfois par réflexe ségrégationniste, préféraient jusque-là ignorer.

Les deux rédacteurs du National prenant leur déjeuner à cette cafétéria très fréquentée se sont posé cette question : Cette foule, présente en ce lieu, de quelle classe sociale vient-elle ? Certainement pas de ce qu’on appelle traditionnellement la bourgeoisie. Du lumpen ? Non. Des classes dites défavorisées ? Non plus. Des classes moyennes ? Des érudits prétendent que ces classes moyennes n’existent plus… Ces gens alors ?  Des fantômes ?

Alors pour vous dire qu’on est vraiment perdu quand on essaie de comprendre ce qui se passe dans notre société. Qui s’en soucie ? Nos chercheurs universitaires ne semblent pas s’y intéresser. Il y a de grands doutes sur nos statistiques. On lance des opinions comme des évidences qui deviennent des mythes alors que la réalité sociale est autre chose avec une dynamique que personne n’étudie, que personne ne veut appréhender.

Nos candidats à la présidence ont-ils une idée de ce qui se passe vraiment dans  notre société ?

Nos électeurs devraient s’en soucier.

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